‹ Histoire et mémoiresChapitre 22 sur 266 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Entraîné par la rapidité des faits, nous venons d'en montrer l'ensemble; maintenant que le récit de la première partie de cette guerre est terminé, revenons à l'Empereur, que nous avons laissé à léna le i5 octobre. Ce jour-là son premier soin avait été de dicter le bulletin de sa vict<rire. Davout y fut comblé des plus grands éloges , mais l'exactitude des faits y fut altérée ; il n'y fût question que d'une bataille, et il y en avait eu deux. L'Empereur y sembla avoir eu le plus à vaincre, tandis que c'était tout le contraire. Il

,est vrai qu'alors sur ce dernier fait il y eut erreur peut-être, tant la victoire de Davout paraissait encore extraordinaire.

Il fit ensuite appeler les trois cents officiers saxons que nous avions pris la veille, et les harangua, a Quand « lui, ne s'était armé, leur dit-il, que pour affranchir t Dresde du joug de Berlin, par quelle faiblesse leur « Souverain s'était-il laissé entraîner à s'armer contre « la France? N'était-ce pas à elle que, depuis deux « siècles, la Saxe, menacée par l'Autriche et par la « Prusse, devait son indépendance? Les Saxons ne « voyaient-ils pas aujourd'hui que,. dans laConfédé- « ration du Rhin, une même protection s'offrait à « leur Prince? Qu'ils jurent donc de ne plus servir « contre la France, et que, libres avec leurs soldats, « ils retournent porter chez eux ces paroles d'al- « liance ! » Tel fut à peu près son langage ; leurs acclamations y répondirent, et tous prêtèrent le serment demandé, qu'ils signèrent ensuite.

L'Empereur alors se rendit à Weymar, où tout en lui fut digne de sa victoire. Ses ordres pour en profiter furent expédiés de cette ville. Ce fut là qu'il apprit , de Ney et de Murât , la capitulation d'Erfurt et de quinze mille hommes, premier résultat du découragement qui suivit les deux batailles. Dans son trajet d'Iéna à Weymar il avait reçu la réponse de Frédéric à ses offres de paix faites la veille du combat, et la demande d'un armistice. Il répondit : qu'il avait écrit pour prévenir la bataille ; qu'elle avait été livrée, qu'il n'avait plus qu'à songer à en recueillir les fruits. Et aussitôt, jugeant par la lettre du Roi de

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