Histoire et monuments des émaux byzantins
concours de circonstances heureuses m’a fait possesseur d'une collection d’émaux byzantins qui. de l’avis des connaisseurs français, allemands, anglais et lusses les plus autorisés, peut être considérée comme la plus importante de tonte l’Europe, aussi bien au point de vue de la quantité que de la perfection des objets qui la composent.
Cédant aux prières instantes de beaucoup de savants européens et de quelques-uns de mes amis intimes, j'ai décidé de publier ces remarquables émaux, afin que, grâce à cette publication, on pût en avoir une idée précise et complète, lors même qu’on n’aurait jamais l’occasion de voir les originaux.
Aussi ai-je résolu de ne rien épargner pour faire connaître mes émaux d’une manière digne d’eux. Mais comme la dépense devait être très-considérable, j’ai dû répartir ce travail sur un certain nombre d’années.
Je considère qu'il est de mon devoir de conter brièvement comment j’ai acquis peu à peu cette collection et, ensuite, comment je l’ai publiée.
Dès mon jeune âge, je me suis toujours senti une passion pour les objets d’art. De nombreux voyages en Russie et en Europe ont développé et fortifié cette passion, si bien que me trouvant, en 1864, en Espagne, je commençai déjà à former une collection artistique.
Peu à peu, au cours de quelques années, je parvins à réunir une série, importante comme quantité et comme qualité, d’émaux rhénans, de majoliques, d’anciennes terres-cuites, de grès de Flandre, d’ivoires, de marbres et de bois sculptés, d’ouvrages d’or et d’argent. J’achetai notamment, en 1881, à Ivertsch, toute la collection Novikow. L’administration du Musée Stieglitz à S'-Pétersbourg désira acquérir et acquit effectivement toute ma collection en 1886, moyennant 135,000 roubles.
PRÉFACE
Bien qu'il m’en coûtât beaucoup de me séparer de ma collection, je consentis cependant à la vendre, surtout parce que les produits de l’émaillerie commencèrent à me paraître à cette époque plus intéressants et plus précieux que les autres, et puis les émaux rhénans, que j’avais étudiés dans toutes les collections publiques et privées de l’Europe, ne suffisaient plus à mes goûts. Je me sentais entraîné invinciblement vers la recherche et l’étude d'émaux byzantins qui sont si supérieurs à tous les autres.
En 1881 j’entrepris un voyage au Caucase dans le but de voir de mes propres }*eux et d’étudier les nombreux émaux byzantins et leurs proches parents, les émaux de Géorgie, disséminés dans les monastères, dans les églises orthodoxes et dans les collections particulières. Mes voeux furent bientôt entièrement comblés. L’étude de ces monuments une fois faite, je compris qu’il était absolument nécessaire (et c’était devenu chez moi un véritable entraînement) d’acquérir tout ce qu’il pouvait y avoir encore de mieux en fait de vieux émaux byzantins.
Un heureux hasard ne tarda pas à me servir à souhait. En Juin 1881 j'achetai, à Koutaïs, au prince Sein. Iv. Abadschidjé, les deux premiers émaux : les images de S‘ Pierre apôtre et de Sf Nicolas. En Août de la même année j’acquis quelques menus objets d’émaillerie, à Tiflis, par l’intermédiaire de feu A. P. Berger, archéologue. En Novembre j’y ajoutai l’image de S* Luc, apôtre et en Décembre celle du S‘ Sauveur.
En 1882 vint s’}r joindre une image de S1 Théodore, en 1888 une autre de S* Jean le Théologue.
Ma dernière acquisition date de Mai 1885 : c’est une image de la Crucifixion.11
Mais je ne m’en tins pas à mes achats dans le Caucase. J’espérais trouver, dans l’intérieur même de la Russie, des émaux byzantins ou, tout au moins, des émaux russes qui en dérivent directement.
Au cours de l’été de 1882 j’entrepris à mes frais des fouilles à Kiew, près de l’église Dessiatinnaïa, sur un terrain du prince P. A. Troubetzkoï, avec l'aide de notre savant archéologue W. B. Antonowitsch. Ces fouilles amenèrent quelques heureux résultats, mais nous n’eûmes pas la chance
i) Les deux derniers émaux, le S» Théodore et la Crucifixion m’ont été enlevés subrepticement et ont passé en d’autres mains. Vivant, à cause de mon état de santé, à l’étranger, je n'ai pu malheureusement m’y opposeï*. Ils appartiennent actuellement à M. P. Botkine, membre de l'Académie Impériale des Beaux-Arts de St-Pétersbourg.
de retirer du vieux sol de Kiew aucun objet émaillé. En revanche, je fus assez heureux pour acheter, par l’intermédiaire de J. B. Tarnowsky une boucle d’oreille provenant du trésor de Tschaïkowsky à Kiew. De plus, dans la ville de Loubny, gouvernement de Poltawa, j’acquis du juge de paix G. S. Kiriakow, par l’entremise d’un marchand juif N. A. Stoliarow, deux boucles d’oreilles et un collier ornés d’émaux et provenant de fouilles faites à Kiew par feu Annenkow.
Au commencement de 1886, ma collection, telle qu’elle est aujourd’hui, était déjà entièrement formée. En attendant je me trouvais en 1884, pour soigner une grave maladie, en Allemagne, où quelques savants, connaissant ma collection, m’engagèrent à l’exposer publiquement. Cette exposition eut lieu et différents archéologues en firent des comptes-rendus très-sérieux et extrêmement sympathiques dans nombre de journaux allemands.
Ayant résolu, peu de temps après, de publier ma collection, j’hésitai longtemps sur le choix du savant d’Europe, aussi expert en art byzantin qu’en émaillerie, à qui serait confié le soin de rédiger le texte. Je consultai plusieurs érudits allemands avec lesquels j'étais en relations fréquentes pendant mon séjour forcé et assez prolongé en Allemagne. Ils me signalèrent un prêtre catholique d’Aix-la-Chapelle, Jean Schulz, connu en Allemagne par ses études sur l’émaillerie. Je suivis leur conseil, quoique au fond je fusse convaincu qu’il appartenait plutôt à un savant russe d’écrire sur les émaux byzantins.
Sur ma demande, Jean Schulz se mit à étudier ma collection, et le résultat de cette étude fut un petit volume intitulé : „Diebyzantinischen Zellen-Emails der Sammlung Swenigorodskoi, Aaelien, 1884.“
Mais ce ne fut qu’un travail préliminaire. Afin qu’il pût arriver à connaître plus complètement les émaux byzantins, disséminés dans les différentes collections d’Europe, je proposai à Jean Schulz d’entreprendre à mes frais un voyage en Allemagne, en Belgique, en Italie et en France. En ce qui concerne la. Russie, comme il ne savait point le russe et qu’un voyage dans ce pays était trop embarrassant pour lui, je chargeai une personne compétente de traduire, d’après mes indications, pour Schulz, tous les mémoires et tous les traités plus ou moins importants sur les émaux byzantins et russes, qui avaient paru chez nous jusqu’à ce moment.
PREFACE
Toutefois il me suffit de lire les premiers chapitres du travail de Schulz pour me convaincre que, si, au bout de ses longues années d’étude, il était parvenu à bien connaître les émaux d'Europe (rhénans et limousins), il n'avait que des notions très-sommaires sur les émaux byzantins proprement dits. Cette constatation n'était pas faite pour me contenter et je laissai de côté le texte de Schulz.1'
En 1886, suivant le conseil de AV. AV. Stassow, je m’adressai au professeur N. P. Ivondakow, en le priant de se charger de cette tâche qui consistait à écrire, pour mon édition, l'histoire et l’exposé des procédés techniques de l'émaillerie byzantine, avec ma collection pour base. La grande notoriété du professeur Ivondakow, un des premiers byzantinisants de notre temps, guidait par dessus tout mon choix. J’espérai dès lors à bon droit que l’auteur, déjà célèbre en Europe par ses travaux remarquables sur la peinture et sur l’architecture byzantines, ferait une œuvre non moins substantielle et caractéristique sur les émaux byzantins.
Le professeur Ivondakow accepta, à ma grande satisfaction, mon offre et, s’étant mis à étudier l'émaillerie à tous les points de vue, il ht, sur ma demande, deux voj'ages spéciaux : l'un en Europe, l'autre au Caucase, afin de voir de ses propres yeux et d’examiner tous les trésors d’émaillerie byzantine qui n’avaient pas encore disparu.
Les savants d’Europe apprécieront certainement le nouveau travail du professeur Ivondakow comme il le mérite. Quant à moi, il me semble que quiconque est au courant de ce qui a été écrit jusqu’à présent sur l’art byzantin reconnaîtra forcément que. dans aucun livre publié en Europe, les monuments de l'émaillerie byzantine, conservés à ce jour, n'ont été passés en revue et étudiés comme ici, dans toute leur étendue, et que nulle part ils n’ont été produits en aussi grande quantité que dans le présent ouvrage.
Un livre semblable faisait défaut à la science européenne.
Le texte russe a été traduit, sur ma demande : en français (sauf quelques rares additions) par Mr Fl. Trawinski, de Paris, lauréat de l’Académie Française, en allemand par AIr Ed. Kretschmann, de S-Pétersbourg.
1 Après la mort de Jean Schulz, en 1SS9, je considérai qu’il était de mon devoir de rendre hommage à sa mémoire, en faisant imprimer son étude sur ma collection, en un petit volume qui parut, en 1890, à Francfort-sur-Mein, sous le titre : Der Byzantinische Zellenschmelz, von Johannes Schulz. Pfarrer, mit 22 Tafeln, hei August Osterrietli.
PRÉFACE
La publication fut commencée en Août 1884.
Les planches chromolithographiées, représentant les émaux qui m’appartiennent, ont été faites d’après les originaux. Quant à ceux qui ne font pas partie de ma collection et se trouvent en Russie ou en d’autres pays, mais dont la reproduction en couleur nous était indispensable, ils ont été copiés sur nature aussi fidèlement que possible.
C’est ainsi que les émaux de la collection J. P. Balaschow de S'-Pétersbourg (La Vierge et S‘ Démétrius) ont été copiés, pour la page du grand titre, par J. P. Eopet; les émaux barbares du Musée de Wilna (planche 24) par W. W. Griaznow, professeur de dessin au gymnase de cette ville; le „ diadème de Kiew“ de l’Ermitage Impérial (planche 28) par M'Ue 0. D. Maschoukow, artiste-peintre. Los émaux mongols (planche 26) ont été dessinés en couleurs d’après les originaux par G. N. Potanine, lors de son voyage au Tliibet et en Mongolie. Enfin seulement quatre planches en couleurs ont été exécutées d’après les dessins publiés auparavant dans d’autres éditions, et cela uniquement parce qu’il m’a été impossible d’avoir des dessins coloriés d’après les originaux. Tels notamment : une partie de la frise du Palais de Darius (planche 22), les émaux gallo-romains (planche 25), les émaux de l’Asie Centrale (planche 26) et l’image enchâssée du trésor de S' Marc à Venise (planche 27).
Toutes ces planches ont été exécutées en chromolithographie par la maison Auguste Osterrieth de Erancfort-sur-Mein. J’ajoute que, sur mon désir formel, tout ce qui, dans ces planches, devait être reproduit en or a été imprimé en or de ducat. Les légendes sous les illustrations sont en caractères de l’évangile d’Ostromir, qui remonte à l’époque à laquelle appartiennent la plupart des émaux les plus remarquables de ma collection. Les légendes françaises et allemandes des deux éditions correspondantes sont en caractères du Moyen-Age, qui correspondent le mieux à la période où mes émaux ont été exécutés.
Les dessins en noir dans le texte reproduisent de nombreux émaux orientaux, byzantins, russes, géorgiens et occidentaux. Un très-petit nombre seulement de ces dessins ont été reproduits d’après des publications antérieures. La plupart sont faits sur des photographies tirées exprès pour notre livre d’après les originaux, car les copies antérieures étaient insuffisantes ou bien il n’en existait point. A la première catégorie appartiennent les
vin
PRÉFACE
reproductions des „barmes de Rïazan“ conservées au Palais d’armes de Moscou, la staurothèque de Hambourg et quelques reliures de S1 Marc de Venise; à la seconde toute une série d’émaux byzantins et byzantino-géorgiens qui n’ont jamais été publiés jusqu’à présent.
J’ajouterai que, les nouvelles photographies de Limbourg et de Venise ayant été très-difficiles à obtenir, le chanoine Dr Fr. Schneider, archéologue très-distingué a bien voulu, sur ma demande, se rendre dans ces deux villes, pour s’occuper de cette affaire et assister en personne à l’opération délicate qui consistait à photographier les émaux anciens et extrêmement fins dont je désirais avoir la reproduction. Toutes ces photographies ont été ensuite reproduites par la gravure sur bois : ce travail a été exécuté par un de nos meilleurs graveurs russes, B. B. Matthé et quelques-uns de ses plus habiles confrères, Tworojnikow, Schmidt et Kononow. Les gravures suivantes méritent, tant par leur finesse que par leurs caractère artistique, une attention toute particulière : l’image de Khakhouli (dessin 24'), la reliure de la Bibliothèque du Palais des Doges à Venise (dessin 54), la couverture d’un évangéliaire du trésor de S‘ Marc de Venise (dessin 55), et la staurothèque de Limbourg.
Le texte russe des sommaires des chapitres, encadrés dans une bordure byzantine en couleur (copiée sur des originaux byzantins) est en caractères de l’Evangile d’Ostromir, imprimés en or de ducat dans les ateliers de l’Expédition Impériale pour la confection des papiers de l’Etat, à S-Pétersbourg.
Au moment où tous les travaux préparataires de ma publication étaient déjà en train, j’eus l’occasion de voir à S-Pétersbourg de nombreuses compositions ornementales de l’architecte J. P. Ropet. Frappé du talent de leur auteur et de son aptitude extraordinaire à créer des œuvres artistiques, dans le style byzantin, russe et oriental, je lui proposai de se charger de tous les travaux d’art originaux de mon ouvrage. C’est lui qui a fait les compositions de: 1° la feuille de dédicace à Sa Majesté l’Empereur; 2° les deux feuilles de titre; 3° les culs-de-lampe de chaque fin de chapitre; 4° les dessins de la reliure, y compris la tranche ornementale et le dessin du papier garnissant le revers des plats de la reliure (le principal ornement du plat supérieur consiste en un nimbe de ma collection d’émaux, entouré d'une riche ornementation; sur le plat inférieur est imprimé le blason de la famille de Zwénigorodskoï au milieu d’ornements byzantins); 5° les dessins des deux étoffes de soie multicolores, brochées d’or et d’argent qui ont été employées pour la reliure ; 6° le dessin du ruban de soie
mêlée d’or et d'argent, pour servir de signet, avec cette inscription en bas : AEATQNANATTTYIIOIMirHPYNANIO<t>OIKAEONTAI >> ; 7° les dessins de l’enveloppe du livre. Tous ces dessins ont été composés par J. P. Ropet d'après les données les plus admirables de l’art byzantin, envisagé tant au point de vue de l'architecture que des miniatures, des mosaïques et des émaux.
Les illustrations des trois premiers numéros ont été exécutées en chromolithographie dans l’établissement d’Auguste Osterrieth à Francfort-sur-Mein. La reliure est l’œuvre de la maison Hübel & Donck à Leipzig. Les ouvrages en soie viennent de la fabrique A. G-. & W. G. Sapojnikow h Moscou.
Le texte russe a été imprimé à la typographie de M. M. Stassulevitsch à, S'-Pétersbourg, avec des caractères fondus ad hoc. Les texte français et allemand sortent des presses d’Auguste Osterrieth à Francfort-sur-Mein.
Le papier des trois éditions a été spécialement commandé par moi à la „Neue Papiermanufaktur in Strassburg1 11.
L'ouvrage n’a été tiré qu’à C00 exemplaires, dont 200 en langue russe, 200 en français et 200 en allemand. Pas un seul exemplaire ne sera mis en vente.
Je me suis décidé à annexer mon portrait à quelques exemplaires que je destine à des amis ou à des personnes pour lesquelles j’ai une estime particulière. Je n’aurais pas songé à en faire mention à cette place si ce portrait n’avait pas une haute valeur artistique : il a été fait sur nature à Paris, par Fr. Gaillard, graveur dont le grand talent est universellement reconnu. Malheureusement cet artiste est mort sans avoir terminé cette gravure qui est sa dernière œuvre. Je n’ai pas jugé qu’il fût possible de confier 1 achèvement de ce travail à un autre graveur, et, suivant le conseil de quelques artistes français et allemands, j’ai fait tirer la planche telle qu’elle est, dans les ateliers de la maison Goupil (actuellement maison Boussod, Valadon & Cie, à Paris.
Il me reste a exprimer ma profonde gratitude aux personnes trèshonorables qui n ont cessé de m'aider à mener à bien la présente tâche. Ce sont, parmi les Russes : J. P. Balaschow, M. P. Botkine, le Comte G. S. Stroganow et quelques autres. Parmi les étrangers : le Dr Fr. Bock, le professeur Dr X. Kraus, le chanoine Dr Fr. Schneider, le Dr A. Streter, Emile Molinier et quelques autres encore. Feu Charles de Linas, l’historien bien connu de lémaillerie, s’était si vivement intéressé à ma publication
1) Euripide, Erechthee : „je voudrais dérouler ces feuilles qui nous parlent et qui font la
gloire des sages."
PREFACE
qu’il m’avait proposé lui-même d’en rédiger le texte français. Malheureusement Ch. de Linas mourut avant que le texte russe, c’est-à-dire le texte fondamental, ne fût terminé.
Mr Wladimir Stassow a été, pour ainsi dire, l’âme de cette publication. Sans lui je n’aurais probablement pas mené à bonne fin cette entreprise. Une grave maladie me force de vivre hors des frontières de ma chère patrie. Je ne pouvais donc pas diriger personnellement l’édition russe. Mr W. W. Stassow se chargea dès lors de cette tâche. C’est lui qui en a surveillé énergiquement l’exécution jusque dans ses moindres détails, imprimant à tout la marche nécessaire. C’est sur sa recommandation, en outre, que j’ai choisi l’auteur du texte; c’est lui qui m’a signalé les artistes qui ont travaillé à cette publication. Ce n’est pas tout : en dépit de la maladie qui l’a surpris dans ces temps derniers, il s’est chargé de corriger les épreuves du texte et de revoir celles des travaux d’art. De plus, toujours animé d’une ardeur juvénile, il se réjouissait du fond de son cœur de tout incident heureux qui pouvait survenir au cours de notre travail et souffrait, autant que moi-même, de toute entrave. Bref, tout l’honneur de la présente publication revient entièrement à W. AV. Stassow. Je considère qu’il est de mon devoir de lui exprimer à cette place mes sentiments de profonde et sincère gratitude.
Ma tâche est terminée. J’ai rempli un vœu que j’avais formé, j’ai réalisé un rêve que je caressais depuis longtemps : contribuer à donner au public un livre sur l’émaillerie byzantine, cette branche d’un des arts les plus anciens du monde, où il y a tant de beauté, tant de maîtrise, qui porte en lui tant d’enseignements esthétiques et scientifiques. J’ai toujours pensé que le soin d’étudier et de publier les produits de l’art byzantin était une des tâches qui incombent à un Russe, de préférence aux hommes d’autres nationalités : c’est que les Russes vivent, dès leur plus tendre jeunesse, au milieu des traditions et de l’héritage de Byzance ; c’est que les destinées historiques de notre pays nous mettent à même de discerner tout ce qu’il y a de hautement artistique et de réellement créateur dans le byzantinisme, et de laisser de côté tout ce qu'il a d’insuffisant, de grossier, de momifié, tout ce qui n’a aucun cachet d’art; un Russe enfin, de par sa naissance même, né peut pas ne pas sentir vivement les liens séculaires et solides qui relient notre art national à l’Orient et à Bvzance.
S b fi p lire ï.
jjlnirodiuiion tx ronfidfraiioîis générales.
|B' iifjgypte. l'Epfyrit cr la ©bénirie- Ses ÈÜrr es. [Bl'émail chez 1rs [©jcridnitaux à l époque romaine. [Bjes émaux gaulois, rhénans etanglo-faxons: finaux trouvés tu Üjuede ft ni [Rluffie. [51 email dans les antiquités honoroifcs.-ljiles émaux du®aucafe- @tigme perfane ctafiatique des émaux européens du (3î]oytn-|Âjge. premiers émaux byzantins: prédomt naiiee des émaux tranflurides. jglrofédés techniques en ufage à ®yzance.