Histoire et réfutation du socialisme
Grâce à la Révolution, le mal social est aflreux, déchirant, incontestable, — et n'est contesté par aucune personne de bonne foi.
Il y a deux classes d'hommes que ce mal préoccupe, moins parce qu'ils en souffrent directement que pour d'autres motifs particuliers.
Les uns se préoccupent des soufirances publiquei pour s'en plaindre plus fort que ceux qu'eUes atteignent,
pour les rendre plus vives et plus aiguës, en en augmentant l'amertume : ce sont les incapables et les jaloux, les ambitieux, les utopistes, — catégorie peu intéresiante , qtA manque de patience ou de talent, exploiteurs éhontés de la misère et de la douleur.
Les autres, — et nous avons Thonneur d'appartenir à cette dernière classe, — veulent apporter à ces souffrances tout le soulagement possible ; ils veulent sauver la société en la préservant, avec une égale sollicitude, des doctrines abominables qui la menacent de ruine , et de l'égoîsme athée qui la déshonore et rend certaines plaintes légitimes; ils cherchent pacifiquement, évangéliquement, les moyens praticables, honnêtes, de combattre le mal, parfois sans espoir et sans mesure, qui courbe dans la douleur et la honte quelques citoyens laborieux et pacifiques.
Le mal, moins ai&ettK que les hommes de violence et d'iniquité ne le proclament, est pourtant réel; mais de tous les maux le pire est de voir deux partis* passionnés, qui divisent les honunes ; Tun qui dit, avec les Jacobins :
Le mal existe^ il faut tout détruire;
L'autre qui dit, avec les Malthusiens :
Le mal n'existe pas, il rCy a rien à faire.
La vérité est au milieu de ces deux systèmes.
Le mal existe; il ne faut pas détruire, mais améliorer.
Le mal existe ; les honnêtes gens, les chrétiens, doivent en chercher le remède.
11 faut surtout prouver combien sont feux , dangereux
et m^tmirs to» tes tjtièi&es proposés ji s'appuient pas sur la doctriiw tndidlique.
C'est ce que j'ai tenté.
Ai-je réussi 7
On en jugera.
Le monde est divisé en deux camps :
L'un veut démolir la société parce qu'il y a des vices qui la déshonorent;
L'autre veut la conserver en détruisant ces vices, autant que cela est possible, par la prédication évangélique.
Les premiers ont pris le titre de iocialùies; les seconds sont les conservateurty les catholiques.
Ceux-ci soutiennent que le christianisme comporte toutes les améliorations sociales possibles , tous les progrès , et que la société ne peut être sauvée de l'anarchie d'une part , de l'égoisme de l'autre , enfin de tout ce qui la divise et la ruine, qu'en traduisant en faits, autant que le permet la fragilité humaine , les grands principes de notre religion divine.
Je suis un des humbles soldats de ce dernier camp.
Et je dis :
Entre Dieu et l'athéisme, «3tre le bien et le mal, entre la liberté et la servitude, eolre le lociaUsnie et le csiliio-
licisme, entre l'esprit qui donne la vie et la matière qui donne la mort, il faut choisir.
La société est malade,: les socialistes veulent la tuer, les égoïstes veulent la garder telle qu'elle est. — Les uns et les autres sont également dans le faux.
Les honunes religieux veulent la guérir par la Foi, par la Vertu, par la Charité, par TÂmour.
Tous les socialistes, — quoique quelques-uns sVn défendent, — concluent forcément au communisme j Les chrétiens concluent à la liberté.
Le communisme logique avec lui-même, c'est le corn* munisme radical, celui qui, s'inspirant de la négation de Dieu, abolit la Propriété et la Famille.
Or, tous les socialistes modernes sont communistes, par cela seul qu'ils attentent à la propriété.
Religion^ Famille^ Propriété^ ces trois choses sont inséparables.
Hors le Christianisme, c'est-à-dire hors le catholicisme, il n'y a ni foi', ni espérance, ni charité, ni intelligence, ni amour, ni fraternité, ni dévouement, ni venu, ni progrès ; tout est erreur et mensonge ; tout est ténèbres, - tout est boue.
Hors le Christianisme , il n'y a ni tolérance , ni justice , ni liberté.
Hors le Christianisme, il n'y a rien, rien que des ruines, le néant, la matière, — la mort.
Le Christ nous a rachetés trop cher pour que nous soyons les esclaves de la matière vile.
Hors la religion du Christ , point du salut ; elle seule peut détruire le mal.
Quand les hommes auront traduit l'Evangile en faits, quand ils s'aimeront comme des frères, quand enfin l'esprit du Christianisme aura pénétré danslla vie sociale et politique des peuples, le progrès sera arrivé au point de sa force , tous les problèmes seront résolus, tout le monde sera d'accord ; — il n'y aura plus rien à faire, car l'esprit aura vaincu la matière y le mal sera terrassé. Cela arrivera-t-il jamais?...
En tout cas, dans le Christianisme seul l'hommô trouve le bonheur , car il n'est pas de misère pour celui qui a la foi. — Les soufirances de cette vie misérable ne peuvent Tatteindre ; — son espoir suprême est au delà !
Quelle doctrine que celle qui nous console de tout et nous fait si supérieurs , par notre résignation et notre courage, à la douleur! Quelle doctrine que celle qui nous rend si heureux, même dans le malheur, quand tous ceux qui n'ont pas la foi ne peuvent le supporter !
Quoi qu'en disent les sectaires de l'athéisme , toutes les généreuses pensées, toutes les pensées de liberté , d'émancipation, de progrès, de charité, d'amour, viennent de la religion ; c'est elle qui a inspiré tout ce qui a été fait de noble et degrand dans l'humanité.
Momi sommes du parti religieux.
Nous sommes du parti conservateur, le seul qui soit règlement progressiste.
Nos adversaires sont la négation absolue, — la négation, cette mauvaise foi du jugement, — ce mensonge de la raison , — ce traître de la conscience. Au lieu d'améliorer lentement et sûrement, dans la mesure du possible et du juste, ils veulent tout tuer, tout démolir, tout abattre ; — ils ne se plaisent qu'aux ruines ; comme les vampires , ils se nourrissent de débris , — de sang. Ce sont les héros de la mort , les fanatiques de la destruction. Us n'ont ni fraternité , ni amour, ni douceur, ni religion, aucun de ces doux sentiments de l'âme qui rapprochent les hommes , aucune de ces bonnes paroles qui les charment , aucun de ces mots consolants qui les fortifient.
Pour eux, rien n'est sacré : ni Dieu, ni la religion, ni l'humanité, ni la vertu.
Dieu n'est qu'un mot, — ou bien c'est le diable; la Religion, c'est la spéculation de quelques intrigants sans bonne foi ; la vertu est une chose toute de convention, qui n'est bonne que pour les sots ; la Famille est une odieuse tyrannie ; la Propriété, le vol légal , l'oppression
de quelques-uns sûr le plus grand nombre , la tyrannie du paresseux sur le travailleur, etc., etc.
Enfin, ils renversent toutes les idées reçues de justice ; ils dégradent et désespèrent Thumanité; ils démolissent de leurs mains audacieuses toutes les croyances qui faisaient la joie et la consolation de Thomme , son orgueil, son espoir, — toute sa vie morale.
tf La force de leurs arguments, disent leurs disciples, est précisément en ce quHls n'en opposent aucun. n
C'est le beau idéal de l'aplomb et du ridicule.
Ils ne savent que détruire; — ils ne savent que nier.
Ils opposent la force de la fourberie et de la déloyauté, à la force de la logique. Il su£Eit qu'un fait soit généralement reconnu, accepté par tous, pour qu'ils s'acharnent à nier son existence.
11 n'est plus possible de discuter avec des gens qui argumentent de la sorte. Comment raisonner avec celui qui nie la lumière quand il a les deux yeux ouverts , alors que le soleil inonde la terre de ses rayons? Il y a mauvaise foi, parti pris ; on s'épargne la fatigue de convertir un homme qui ne veut pas vous écouter, un homme qui a le délire de la négation , — qui n'écoute aucune démonstration et oppose une volonté déloyale aux vérités les plus incontestables et au cri de sa conscience.
Si donc nous prenons la plume, c'est moins pour convaincre nos adversaires que pour mettre les masses en défiance contre eux.
11 y a des vérités tellement élémentaires , tellement
évidentes, qu'il serait puéril de les défendre si elles n'avaient été attaquées de la façon la plus brutale par des sectaires passionnés, et pour la plupart de mauvaise foi , lesquels ont entraîné derrière eux, ou plutôt poussé devant eux, quelques centaines de disciples inintelligents et trompés qui ont troublé Tordre public et cherché à renverser la société.
Il faut empêcher la multitude égarée, souffrante et dupée de se laisser prendre à cette glu hideuse , — au nom de son ignorance perfidement caressée et de ses douleurs lâchement exploitées.
Ainsi, je le répète, on a osé écrire, proclamer, prêcher, que Dieu n'existait pas ; que la Famille était un préjugé; la Religion, un\charlaianisme ; la Propriété, une fraude^ une usurpation, un vol.
Ces doctrines, qui inspirent le dégoût et le mépris, sont toutes filles de Torgueil et de Tignorance, — crasse et hideuse ignorance; orgueil de l'eunuque qui, ne pouvant s'élever en créant, veut s'élever en anéantissant; — basse ambition de l'impuissance vile et de la jalousie hautaine.
Ces utopies , honte de l'esprit humain , n'ont pas le sens conunun et ne soutiennent pas l'examen.
Que mes concitoyens le sachent bien , ce que ces doctrines menacent , c'est le culte de leur père , c'est leur âme immortelle , c'est leur liberté en ce monde , leur foyer, leurs afieclions les plus chères ; c'est le fruit de leurs travaux. Il faut empêcher la société d'être précipi-
tée dans Tablme, car telle est Taudace impie de nos adversaires qu'ils portent leurs mains vénéneuses sur tout ce qui nous est précieux, sur tout ce qui nous attache à la vie.
Pour moi , humble i^ôtre de cette sainte cause , je la défendrai, maintenant comme toujours, avec le culte sincère de la religion , de Tordre social, de la liberté et de la justice, avec Tardent désir des réformes légitimes, inséparable du respect de Tordre, — avec Taraour du peuple et de la patrie.
Plus on aima son pays , plus on compatit aux souffrances de ses semblables, et plus il faut les éloigner des routes de la violence, car la démagogie est Tadversaire le plus acharné et le plus dangereux de la civilisation.
Au lieu de prêcher Tamour, la vertu, la charité, les démagogues ont prêché la haine , la colère , Tanarchie, le renversement de la religion, de la famille et de la propriété.
11 est honteux pour la conscience humaine que de pareils blasphèmes aient pu se produire à Tombre des efforts de la liberté; il est honteux qu'on soit obligé de défendre des principes si éternels, si sacrés, si élémentaires.
Jusqu'alors nous avions cru qu'il était inutile d'avoir à constater ces hautes vérités morales , vieilles comme le monde, et indiscutables comme les vérités mathématiques ; mais, quand le mensonge et Tathéisme engendrent une fausse science prétendue sociale, quand ils procèdent par des formules, quand, aux heures sinistres, ils
86 tndiiisent en guerres emies, il importe de leur foire faœ.
Face done à Tennemi coumnin ! komme civitieé ; — honnête homme , chrétien , courage , et face à la mort !
Je Yei dit ailleurs :
« La société a bien plus encore besoin d'une réforme morale que d'une réforme matérielle 'r la société est bien plus pourrie et gangrenée que misérable (1). »
Ce qu'il importe donc tout d'abord, c'est de détruire toutes ces idées fausses , dangereuses, mauvaises, criminelles, qui se sont produites à l'ombre de nos crises nationales , et tendent à perverth* l'esprit public.
C'est ainsi que, sous le prétexte honnête de travailler à l'amélioration du sort des classes laborieuses, on les a excitées au renversement des autels de nos pères, à la destruction de la famille et de la propriété, de la propriété surtout, car la propriété, — ce droit inhérent à la nature humaine , — est ce qui gêne le plus les ennemis de toute société et de toute civilisation.
C'est un crime dans une folie.
La propriété n'est-elle pas déjà assez écrasée en France? Loin de songer à l'imposer davantage, on devrait
(I) |i# Livre de la FamiUe.
chercher les moyens de la dégrever. Tout système ayant pour but de niveler les fortunes nous conduirait à la misère générale.
Voilà ce qu^il faut bien qu'on sache.
Supprimer le riche, c'est supprimer la force de consommation ; c'est absolument ccMnme si , dans l'industrie, vous supprimiez la vapeur.
Prêcher le renversement de la propriété individuelle ou demander que tous les citoymis possèdent chacun en particulier autant les uns que les autres, c^est répandre dans Fesprit des masses l'idée la plus fausse , la plus absurde, la plus impraticable, qui se puisse imaginer; c'est enrayer le progrès , retarder le plus fatalement l'application des réformes légitimes; c'est paralyser les meilleures volontés , entretenir ceux qui souffrent dans une effervescence dangereuse pour la société, dangereuse surtout pour eux-m&nes; c'est développer les mauvais instincts, — rendre, en un mot, à jamais malheureux ceux dont on prétend améliorer la position.
Les socialistes, les adversaires de la propriété, arrachent à l'homme le fruit de son travail; ce sont, pour la plupart , des paresseux et des ignorants , des hommes sans talent , sans génie , sans patience , — cet autre génie ; — gens incapables de gagner honorablement leur vie , ambitieux de bas étage qui n'aiment dans le peuple que la dupe de leurs mensonges.
Ce qu'il faut , — et ce qui seul est possible, — c'est de faire des lois justes et prévoyantes qui rendent le tra-
— It — .
vail facile à Thomme laborieux, qui le protègent. Or, ce progrès dans les idées de justice est consenti par tous les honnêtes gens. L'anarchie, le désordre, la violence, la guerre civile, loin d'être un moyen de le réaliser, lui portent les coups les plus redoutables. La conscience humaine nous le dit : Ce n'est pas le mal qui produit le bien, et la violence est inféconde. L'homme doit, malheureux, chercher dans la patience le moyen d'améliorer sa condition sociale; il doit le chercher dans le travail) dans Tordre, dans la paix, — non dans la guerre, le pillage, le brigandage, la barbarie.
L'homme a le droit d'être libre comme l'homme son concitoyen ; il a le droit d'être son égal devant la loi comme il est son égal devant Dieu; mais, comme il n'a ni les mêmes facultés ni les mêmes aptitudes, il ne peut être son égal en propriété. 11 est juste que chacun ait selon ses capacités et son travail, injuste que le paresseux soit récompensé comme le travailleur actif, lie maladroit comme l'habile.
Il est juste que celui qui a semé récolte, et, si la rehgion nous fait un devoir impérieux de soulager nos semblables, elle ne nous en fait pas un de travailler pour nourrir le paresseux, et elle ne donne nullement à ce dernier le droit de venir exiger un partage inique. Il est juste que chacun puisse, en travaillant, gagner ce qui luj est indispensable pour lui et les siens; mais il serait inique au dernier point que l'homme ne pût, avec «on travail, se procurer au delà de l'indispensable. Toute
société oti cette liberté ne serait pas donnée à rhomme serait une odieuse tyrannie. Sans ce droit, reconnu et salué par tous les peuples , l'existence sociale serait amère, intolérable; le travail, n'ayant plus pour but la propriété , la jouissance légitime , le bien-être dans la limite des devoirs, serait méprisé , avili.
Privez Thomme de Tespoir de posséder, et vous lui ôtez les saintes ardeurs du travail ; il n'a plus d'amour à exercer ses facultés. A quoi bon la fatigue, si elle demeure sans but? Pourquoi se donner de la peine, si l'on n'a aucun heureux résultat à attendre?... Il n'y a plus émulation et courage là oti il n'y a plus ni espoir ni récompense.
Il est bien douloureux et surtout bien honteux pour notre époque qu'on soit obligé de défendre de semblables vérités. Mais c'est ainsi.
Il est équitable que tout le monde puisse manger en travaillant; mais il est équitable au^si que chacun en particulier puisse , en travaillant, devenir riche. L'opulence n'est point un vol; c'est toujours le prix du travail de quelqu'un , soit de celui qui en jouit présentement , soit de ses ancêtres qui ont travaillé pour l'acquérir, qui la lui ont transmise, et qui. en avaient certes bien le droit. La richesse peut choquer l'envie de ceux qui ne savent pas se contenter de ce qu'ils ont, de ceux qui n'ont pas le courage ou l'habileté de travailler, et qui, dans tous les eas, n'ont pas la vertu de placer leur bon-
heur dans la BngtBêe et Fbimilité d^une vie pure et modeste.
Mais qu'importe ? Que les jaloux souffrent , ^ et que la foule se sente prise d'émulatiolti au lieu de se laisser aller à un sentiment bas d'envie.
Qu'on en soit bien convaincu, la richesse ne donne pas le bonheur, car le bonheur est plutôt dans Tidée qu'on s'en fait que dans la grande fortune, et le sage place le sien dans le calme de sa conscience, et non pas dans la satisfaction de ses passions. Et puis, quoi qu*on en dise, n'est-ce pas sur la richesse que pèse le plus de charges sociales? Et c'est justice. Le riche ne mange pas son or; il le dépense, et tout le monde en profite. II n'est pas jusqu'à ses faiblesses, quand il en a, qui ne soient un objet d'exploitation et une source de bien^e pour ses semblables.
Le principe d'égalité n'infirme donc nullement le principe de la richesse, car Tégalité relative, la seule juste, est l'égalité de tous devant la loi , et le riche qui commet un crime est puni comme tous les autres malfaiteurs. — L'égalité absolue, l'égalité des biens, Tégalité de fortune, de bien-être, de force et d'intelligence, est une utopie bête , qui outrage la raison et Téquilé.
Tout le monde ne peut pas être riche , de même que tous les soldats ne peuvent pas être officiers; — mais tout le monde doit avoir le droit de devenir riche, comme tout soldat a la possibilité de devenir officier.
Là asllt svprdme jnsHkie , la justice rigoureuse ; — au delà, c'est folie.
Pas de lib^é sans propriété. La propriété indiyi* dttelle est ht conséquence de la Mberté.
La Ubertéï Ab^ comme (m a profané son nom ( comme on Ta déskonoré \ coflune on l'a aviK!
La liberté ne peut «xister en dehc^rs de Dieu, en dehors de la foi religieuse , en ddiors du devoir.
Il n'y a que les principes étemels du Christianisme , — principes seuls vrais, — qui puissent fournir des Iu« mières capables d'éclairer notre route et soseeptildes d'ii^uer victorieusement sur la marche des événements humains.
11 n' j a pas de Kberté possiUe sans autorité , et il ne saurait y avoir d''aut(»îté légitime en dehors de la tradition catholique.
Eh bien ! nos adversaires veulent supprimer toute autorité pour arriver, disent-ils, à la liberté.
(( Ou point de liberté, ou point de gouvernement! s'écrie H. Proudhon , voilà le dernier dilemme qui se pose en ce moment , et qui , demain , sera résolu en faveur de la liberté ! »
Et encore :
« Tout poi]^Qir est ineomjmtible avec la liberté ! 11 ftiut détruire dans les esprits et dans les faits Vidée même d'autorité! »
Satan , dans Milton , ne parle pas autrement à Dieu.
Jamais l'anarchie n'a atteint ce degré de brutalité et
— iode cynisme. C*est le blasphème et Todieux poussés & leur suprême audace.
L'enseignonent religieux seul peut éclairer l'esprit public sur ees abominations , et faire justice des iUu* sions du socialisme , au moyen duquel des charlatans trompent et égarent les âmes. Seul renseignement catholique peut arrêter les ravages du poison; seul il peut empêcher les excès qui profanent la liberté.
Ceux qui ont pris le nom de Socialistes sont tous d'accord sur ce point, qu'il faut détruire la Propriété; la plupart veulent également détruire la Famille; tous veulent détruire la Religion, les uns pour la remplacer par je ne sais quelle religion humaine , par je ne sais quel idéalisme ridicule; les autres par les oi^es grotesques d'un culte de Raison, qui rappelle les plus mauvais jours de notre histoire nationale ; — les autres enfin par les hontes, les folies et les crimes du plus dégoûtant matérialisme.
J'entreprends d'examiner tous ces systèmes les uns après les autres.
Je le ferai sans. haine, sans passion, sans autre pas* sion que celle de la vérité et de la justice, avec le calme qui convient aux forts, à ceux qui savent qu'ils attaquent l'erreur; et aussi avec la dignité qui est le propre des critiques consciencieux , polis pour les personnes , impitoyables pour les doctrines qu'ils jugent mauvaises.