‹ Histoire et réfutation du socialismeChapitre 2 sur 9 · I. PROUDBOI BT SOI fTSTÈU · texte numérisé non relu

I. PROUDBOI BT SOI fTSTÈU

Commençons par M. Proudbon, le fins intrëpida athlète, le plus vigoureux lutteur du socialisme.

Celui-ià ne prend aucun ménagement, les tempénr ments ne conviennent pas à son esprit hardi , à son indomptable et forte nature; — il nie tout, il détruit tout.

Il fait table rase et ne laisse rien debout de Tédifice social ; c'est plus tôt fait.

Il détruit pour détruire*

M. P.-J^ Proudhon, c'est le paradoxe incarné, le paradoxe impie, blasphémateur, féroce, désespérant.

M. P.-J. Proudhon ne semble avoir une plume et une langue que pour écrire et dire précisément et systématiquement le contraire de la vérité.

En un mot, c'est l'homme-contradiction, l'homme^

mensonge, rhomme-paradoxe ; c'est la contradiction faite chair.

11 met les mains sur tout ce qui a vie dans rfamnanité et rétouffe en poussant un rire satanique.

C'est Faspic qui mort au talon la société.

Les idées les plus naturelles, les plus palpables, les plus évidentes , il les met en doute , les proscrit et les récuse. Il nie l'évidence; — on la lui montre , il dit qu'il n'y croit pas, il proteste qu'elle n'existe pas.

C'est le créliniiBie dan» reûtétanent, l'entêtement dans la folie.

Tel est M. Proudhon.

Pour cet homme fatal, Érostrate moderne, spadassin de la publicité, il n'y a ni évidence ni vérité. — Dans m fmrieuse ardeur à tout renverser, il ne veut rien laisser debout de tout ce qui existe.

S'il s'occupait de mathématiques, il nierait les axicnnes l^s {dus palpables. 11 proclamerait que deux lignes parallèles se rencontrent toujour&^ que toujours la ligne droite est la plus loi^ue route ! S'il s'occupait de physi-que, il dirait qu'il ne saurait y avoir d'efiet là où il y a une cause ! Il afiSrmerait que la lumière n'éclairejamaû.

M. P.-J. Proudhon, dit-il, est un logicien habile et serré. — Il raisonne à peu près comme suit :

— La preuve que c'est incontestable , c'est que c'est contesté: jamais on ne conteste que les vérités incontestables. — Tout le monde est d'accord pour reconnaître tt&e diose ooma» fausse , donc eUe est vraie.

Tout le système de polémique de M. Praodioii eellà, -^ là est toute sa logique.

Il aime son erreur, il s'y comptait, il s'y prAasse, il s'en fittt honneur.

Combien il y a d'orgueil au fond de tous ees sectaires !

-^ il n'y aurait aucun mérite d'originalité à reconnaître lesTéritësacceptéespartouslesautresbommes. Pour se distinguer de la ibule, pour imre du bruit , pour être écouté, pour occuper de soi le pid>lic, il but nier ce que tous les autres affirment , et affirmer ce que tout lemoa* de nie.

Tel est* leur raisonnement.

Voilà qui explique l'adiamement de M. PreudhoD eo particulier, et des socialistes en général, contrela sainte vérité.

Ils ne sont trais que dans ces moments lucides pendant lesquels chaque socialiste s'aperçoit que les autres socialistes sont fous.

M. P.-J. Prou^ftion , par parti pris , nie de la façon la plus désopilante tout ce qui frappe les yeux de tous.

Ce serait charmant de folie, si ce n'était horrible de sentiment.

Il serait impossible de rendre un compte exact des idées de H. Proudbon.

Il n'est pas de miroir qui puisse refléter un pareil^ tableat». Cesl une Ibcto de digressions , de mets, de so-

— to —

phismes , de païadoxes, de dissertatioDs; et c'est à peine si Ton peut dégager quelques fragments de ce chaos. Tout cela est d'une confusion inouie.

Anarchie ! — C'est bien ainsi qu'on peut nommer sa doctrine; et ii s'est une fois rendu justice en ne l'appelant pas autrement.

Il fait consister la justice dans l'égalité; il la veut absolue , radicale, comme les cmnmunistes, •— ce qui ne l'empécbe pas de vouloirégalement la Hberté individuelle absolue; comme si ces deux prétentions étaiait condliables I

Il veut le droit au travail comme le plus sûr moyen d'abolir la propriété ; il veut l'égalité des salaires ; théories qu'il ne manque pas de combattre dès qu'elles sont prêcbées par un autre.

n veut une égale rémunération de tous les travam: ; et il promet que nous aurons l'égalité de force, d'intelligence, d!aptitude, de facultés, quand nous aurons Tégalité des fortunes !

Mais cette dernière prétention n'est que la partie égayante de ses écrits.

Comment , étant partisan de la liberté , empêche-t-il la liberté de se produire par la possession ?

£t comment, voulant l'égalité absolue et la mort de la propriété, a-t-il des invectives contre le communisme?...

D'un [côté il veut la liberté absolue , d'un autre l'é-

galité absolue , et puis il repousse avec une égale ar* deur d'une part le oommuniane, et d'une autre la propriété!

On n'est pas plus illogique.

Au surplus, M. P.-J. Proudhon n'a pas même le mé* rite d'être original. L'histoire des utopies humaines en main , le critique peut avec raison lui contester toute invention. On retrouve , chez ses devanciers dans cette voie de destruction, les mêmes paroles, la même haine, le môme esfvitj le même délire, le même orgueil, et souvent encore les mêmes outrages forcenés à la Providence.

L'idée de réformer la société, de faire cesser les maux de l'humanité, n'est pas nouvelle, et les Socialistes ne peuvent avec raison se vanter d'avoir le monopole de ces aspirations généreuses; avant eux, le Christianimne a entrepris une croisade contre la misère; avant eux, il a prêché l'amour entre les enfants de Dieu, l'harmonie dans l'humanité par l'amour, c'est-à-dh:e la Fraternité*

Pour qui a suivi attentivement la marche de toutes ces écoles différentes, il est évident qu'aucun de leurs chefs n'avait le droit de traiter ce sujet, qu'aucun d'eux

il l^ir lAfttiquttt les vertm chréti^Mies. Toutes ces tentatives sont demeurées stériles, parce que, si quelques^ uns étaient inspirés par la boane volonté» la {duparC Vé- Uimi par rëgoisme, la jalousie, tous les sentinaents bas de rame.

Us n'avaient pas le droit d'aborder ce prd^l^ne , n'ajailt pas la Foi ; n'ayant pas la Foi , ils ne pcnivatent le résoudre.

J'honorerais bien le dévouement de quelques-uns de ces docteurs* si j'^taia sûr qu'ils fussent sincères , mais je leur dirais :

Quelque sympatfaie que je puisse avoir pour vot c caractère, votre bonne volonté, et surtout pour le but que vous vous proposez d'atteindre, je dois vous démontrer que vous êtes dans l'erreur. Il n'y a qu'une vérité, le Christianisme; avec lui , vous pouvez tout, dans la paix et dans la vertu; sans lui, vous ne pouvez rien, car vous tfenfanterez rien si vous n'êtes pas inspiré par F Esprit, pat le Verbe de Dieu !

l Pourquoi le Socialisme a-t-il déchaîné toutes ces saintes colères, — colères légitimes chez beaucoup, feintes efaiez qudques-uns, souvent exploitées, je le reconnais, au profit de l'égoîsme ?

Parce qu'au lieu de se produire comme une oonséquence naturelle de l'Évangile, comme l'économie politique de la Religion , si je puis m'exprimer ainsi , il s'est

révélé comme une doctrine matérialiste et athée ; parce qu'il a servi de drapean aux foules en délire.

La Religion donne la vie; les sectaires du Socialisme donnent la mort i

Au lieu de conjurer le cataclysme de la société en la rattachant aux croyances saintes, le Socialisme, avec l'orgueil qui est le [propre de la faiblesse humaine , se proclame au-dessus de toute conscience, de toute religion , de toute foi , et veut précipiter la société dans Fabtme.

Il y a évidemment là imprévoyance et folie. L'homme sage dont la maison menace ruine, au lieu de l'abattre tout à fait pour se trouver ensuite sans asile , Vétaye et la reconstruit peu à peu.

Coihment ces prédications de ruine n'auraient-elles pas effrayé les populations?...

En niant Dieu, les Socialistes se sont trouvés avoir pour ennemis tous ceux qui ont de la religion ;

En niant la Famille , tous ceux dont ce doux sentiment fait le bonheur ;

En niant la Propriété « tous ceux qui possèdent quelque chose , tous ceux qui espèrent posséder un jour, et tous ceux qui ont les plus simples notions de probité et de justice.

Sont restés avec eux : des ambitieux voulant faire parler d'eux, avides d'une renommée quelconque, fûtdie infime , fât-dle achetée au prix des plus détestables moyens ; des égoïstes, des envieux^ n'ayant rien à perdre

— ti —

et ayant tout à gagner aux bouleversements; des paresseux ; quelques âmes égarées cherchant la fraternité oti elle ne saurait être, c'est-à-dire hors de la religion du Christ; — et puis, derrière, ces bandits, ces malfaiteurs, qui sont de tous les éçots, de toutes les émeutes, voleurs, détrousseurs et pillards, sortant des bagnes ou ayant mérité d'y aller; populace vile, qui déshonore le peuple en prenant son nom , et les travailleurs en se naêlant à leurs rangs.

Pour qui ne se paye pas de Topulence du langage, que veulent tous les socialistes ?-* Détruire.

Que faut-il, au contraire?

— Améliorer et construire.

Aux égarés donc nous disons :

Vous avez fait fausse route ; pour atteindre le but fraternel, la destinée de l'humanité ^ vous avez pris la voie de la destruction et de la matière, quand il fallait prendre la voie de la conservation et de l'esprit.

La matière , c'est la mort; l'esprit, c'est la vie.

Or, M. Proudhon est, de tous les socialistes, celui qui a nie Dieu avec la plus farouche franchise.

Il n'a été touché ni par la conscience et la majesté de Dieu, ni par le souffle de l'Évangile. Aucun rayon de flamme n'a éclairé son cœur.

Quand longtemps l'homme a fait fausse route dans la vie, quand il s'est bien égaré dans les voies des passions et qu'il est épuisé, triste et désabusé de tout, il trouve dans la religion du Christ un refuge assuré. lire-

ndt à la vie pure , fraternelle, religieuse et dévouée; il a brisé toutes les entraves viles, il a vaincu le péché qui nous opprime et dont nous sommes les lâches et malheureux esclaves.

ha culte de la matière peut-il ainsi nous consoler, nous élever et nous affranchir? Quelles espérances, quel bonheur, nous a laissés ce foyer d'iniquité?

Quel athée a prodigué , comme le Christ, son sang et sa vie pour le salut et la liberté de tous ? Qu'ont-ils souffert pour le bien commun? OU sont leurs sddats, leurs apôtres et leurs martyrs?...

Le Christianisme, c'est le dévouement , l'amour, la foi ;

Le matérialisme, c'est l'égoisme, l'orgueil, l'opprobre.

Le Christianisme élève et sauve l'âme; le matérialisme l'avilit et la perd.

Quelle consolante idée que celle qu'il y a un Dieu, un père commun ; que nous ne sommes pas des animaux jetés sur la terre par la fatalité d'un hasard sans entrailles !

Telle est cependant la croyance que H. Proudhon espère nous arracher.

Comme l'ange des ténèbres, cet ennemi des hommes, il se transforme en ange de lumière pour tromper les enfants des hommes.

Il monte dans la chaire de pestilence et il blasphème Dieu.

Prenez garde d'être victimes de sa perfidie, car celui qui tombera daos ses pièges nf» se relèvera pas !

Ne pfétons roreille à ses discours que pour nous affermir dans la foi. — Dieu so plaît à réformer les bons par les méchants; il nous instruit par les fléaux.

Ainsi J'ai entendu , de mes oreilles entendu, les blasphèmes les plus effrénés , Tapologie des forfaits les plus monstrueux, toutes les extravagances du crime.

Eh bien ! sur moi et sur d'autres , qu'ont produit ces horribles discours ? «— Le dégoût et Vindignation.

C'est ainsi que j'ai vu s'éloigner du parti violent de jeunes courages qui s'y étaient le plus imprudemment engagés.

En niant Dieu, Monsieur Proudhon, vous privez l'homme de l'espoir du bonheur à venir; vous le jetez dans le néant. Comment n'avez-vous pas compris l'utilité de la croyance qu'il existe un Dieu qui récompense la vertu et punit le crime? Comment, sans Dieu, contiendrezvous les méchants? Gomment soulàgerez-vous les désespoirs? Comment relèverez-vous les courages abattus?... Vous ôtez le but a la vie; voujs rendez la vertu rUicuIe , le dévouement une duperie.

Sans Dieu, l'homme, persuadé qu'il n'a plus rien à attendre au delà du tombeau , n'aufra d'autre mobile que les jouisiinces œatéridles. il opprimera son aemUable.;

il 86 Tsttlrer^ duaa la crapiife du péché; il n'aura de respect pour rien ; — la force sera sa seule loi de justice.

Avec ce monstrueux système, l'univers ne formerait bientôt plus qu'un vaste repaire de brigands et de débauchés, dans lequel tous les sentiments d'humanité seraient inconnus, étouffés.

Quoi ! voua voyez 4a société gangrenée par l'égoîsme , malgré le Christianisme , parce que ses vertus ne sont pas rigoureusement pratiquées, et vous osez nier Dieu et le Christianisme! Mais que serait-ce donc quand la société n'aurait plus aucun frein moral?...

Laissez , laissez l'espoir du ciel à la vertu indigente et méconnue ; laissez la crainte de Dieu au méchant, à l'oppresseur, au criminel.

« Il est impossible, a dit lord Shaftsbury, — que tout autre qu'un très mauvais cœur puisse souhaiter qu'il n'y ait point de Dieu : car c'est former des souhaits contre le bien public et en même temps contre le bien de chaque particulier. »

Un athée ne peut pas aimer la vertu. L'athéisme nous porte à croire que tout est entraîné par une fatalité aveugle, que l'homme est une machine entre les mains du hasard; il ne reconnaît donc aucune liberté chez lui.

En ce cas, l'homme ne saurait être plus vertueux qu'une pierre.

Nous avons peine à croire que le dogme de l'existence de Dieu ait besoin de preuves. Pour croire à un être 9upréfi>ey vous n'avez qu'à ouvrir les yeux et à re-

garder Tiuiivers ! H est Trai qu'il suffit qu'une vérité soit acceptée par tout le monde pour que vous soyez porté à l'attaquer.

L'esprit n'a pourtant pas été donné à l'homme pour être extravagant et téméraire, pour aveugler et éblouir ses semblables , mais bien pour les guider et les éclairer.

Vous avez, Monsieur, le plus outrageusement manqué à cette mission.

Vous avez déchaîné les plus mauvaises , les plus exécrables passions de l'homme.

H n'a pas suffi à M. Proudhon de démolir Dieu , la Propriété, la Famille, le Gouvernement, — il a voulu démolir aussi ses propres amis , — les autres grands prêtres du Socialisme ; — il a voulu démolir les démolisseurs., jaloux sans doute d'avoir le funèbre monopole de la destruction. V homme fort du Socialisme a semé la discorde dans son propre camp. Il a attaqué M. Pierre Leroux, l'inventeur de la Triade et du Circulus; — M. Louis Blanc, hermaphrodite dont le communisme a trois pères au moins ; — M. Saint-Simon , adorateur de la matière ; — M. Considérant, apôtre du Fouriérisme; — M. Cabet, l'inventeur de Ylearie,

Ah ! ce fut un beau spectacle ! Au reste , ces Messieurs

s'étai^t dëjà rendu les uns les autres ce petit senrtoe. Od se rappelle la remaïquablc et savante critique que M* Pierre Leroux fit , il y a quelques années , de la doctrine de Fourier. Il la disséqua si bien qu'il n'en resta pas un lambeau. C'était pitié à voir. Ce que c'est que de nous I H. Pierre Leroux , après avoir dévoré Fourier, a été à son tour dévoré por M. Proudhon. Touchant ta» bleau!

On se croit en plein carnaval quand tous ces citot^ens se disputent entre eux , tant il y a de distinction et d*a«ménité dans le choix- de leurs expressions ! Peste ! ils n'y vont pas de main morte ! on pourrait foire de leurs invectives un catéchisme à l'usage des dames de la halle.

Si on leur interdisait l'injure , ils ne pourraient plus rien dire.

Ce qu'il y a de moins commun , mais de non moins di« vertissant, ce sont les grands mots que les fobricants de systèmes ont inventés :

— Circulus ! dit M. Pierre Leroux.

— An-^rchiel s'écrie M. Proudhon.

— Triade ! réplique le premier.

— Icariel exclame M. Cabet.

— PapiUannel objecte Fourier.

Et il continue :

— Attraclion passionnelle !

?^ Société harmoniennel

Puis, M.Victor Considérant, son disciple, lâche le

grandmot:

Dans cette lutte sans dignité , tous deux s'anathématisent.

L'un dit à Fautre : « Vous n'êtes pas Socialiste^ puisque vous n'êtes pas partisan de la Banque du Peuple et àe Y Anarchie, »

L'autre répond : « Vous n'êtes pas Socialiste , puisque vous n'êtes pas partisan du Circulus , de la MéUm^ psycose et de la Triade. »

A ce compte , il doit y avoir bien peu de Socialistes !

Les deux chefs d'école , également et tour à tour excommuniants et excommuniés, ont raison l'un contre l'autre , et donnent des armes puissantes aux adversaires du socialisme. Leur orgueil est le même: ils prétendent chacun incarner en eux seuls le socialisme et la démocratie. Même aussi est le but qu'ils poursuivent par des moyens différents : — le renversement de la société.

Or, si la société a pour ennemis, j'en conviens, ses aveugles amis , qui se traînent dans Tornière de la routine, et qu'effrayent les mots seuls de réforme et de prc^ grès , elle a surtout pour ennemis ces révolutionnaires présomptueux et inexpérimentés qui encouragent toutes les violences , tous les crimes , tous les désespoirs ; qui démoralisent les cœurs , affament les populations , et irritent les plaies qui saignent au flanc de l'humanité.

Que ce soit là le but qu'ils se proposent tous , je n'o-. serais l'affirmer; mais telle est la conséquence à la-

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quelle Qondiufleni leurs dootrinee logicpieiiiMit inter»

prêtées.

Ainsi, quand M. Proudhon vient s'écrier que Dteu n'existe pas, outre le crime moral qu'il commet lui-même, et qui le rend Técrivain le plus abominable , le plus odieux et le plus dangereux du monde , ne ju8tifie-t*il pas tous les crimes , tous les excès , toutes les turpitudes , tous les vices , toutes les viles brutalités du matérialisme?...

iîuand il vient s'écrier que la propriété est un vol^ ne donne-*t*il pas raison aux scélérats , aux voleurs , aux poliiiques de po^^, aux assassins môme^enfinà tous ceux qui attentent à la propriété d'autrui?...

Car, si la propriété est un vol , les propriétaires sont des voleurs; les dépouiller non-seulement n'est pas un mal, mais cela devient une action de choix : c'est faire acte de justice. Et quand, pervertis par de semblables doctrines , des misérables commettent les plus exécrables forfaits , n'ont-iis pas eu poiu* instigateur et pour c(»nplice M. Proudhon lui-même? Ne peut-il avoir inspiré la main coupable? Les filous, au lieu de paraître devant leurs juges le front rougi et la tète basse, peuvent désormais, s'inspirant des ouvrages de M. Proudhon, leur dire avec le cynique de l'effronterie :

« -Vous n'êtes pas nos juges, mais bien nos ennemis politiques. Nous sommes Proudlionnistes ; nous avons re- ]ms notre bien oU nous l'avons trouvé ; la propriété est

un Ml; BOUS ne w&aimm pas des imdfaHeiilrs yolgaires , nous sommes socialistes ! »

Il est très évident qœ M. Frondhon s'erapresserait de désavouer de pareils disciples et qu'il répudierait cette solidarité honteuse. Et pourtant la logique serait pour les voleurs contre lui.

€omme il a déchaîné de mauvaises passions f C<Hnme, en traduisant ses principes en faits, on arrive au désordre, au crime !... Vraiment, Satan serait parmi nous, qu'il ne tiendrait pas un autre langage que M. Proudh<m ; il ne prêcherait pas mieux la destructions, le mal, le matérialisme, la mort !... Cela est clair, incontestable, et M. Proudhon aura , j'en jure, à en répondre devant l'histoire, devant sa conscience et devant Dieu!

Jamais, jamais la société ne fera l'épreuve funeste des doctrines de M. Proudhon, ce croquemort moral qui ensevelit toutes les bonnes et grandes choses: car, quoi qu'il en ait pu dire, il ne porte rien dans ses flancs. 11 tue , il n'enfante pas ; chez lui , rien d'applicable. Il renverse, il n'édifie pas. 11 désespère l'humanité par l'athéisme; il ne lui montre aucun horizon. Il n'a rien de sacré, il profane tout.

Mais quoi ! votre cœur n'a donc jamais été touché par la splendeur de la nature , que vous osez nier ce Dieu auquel croient tous les hommes, devant lequel tous les hommes s'inclinent ?. . .

Vous avez rougi vos mains du sang du Christ , — de ce sang divin qui ne s'efface pas !

Et quand vous tomberez Tainou , épuisé , maudit , vous n'emporterez aucune consolation dans votre chute : car vous êtes seul, seul, -— tout seul.

Au malheureux qui n'a plus de famille , au coupable qui n'a jivLS d'amis, il reste la famille chrétienne et pour ami l'Ëvangile; il reste la pensée de Dieu. Mais que vous restera-t-il, à vous qui avez déchiré l'Évangile et craché sur la Providence?...

Que vous ne croyiez pas , c'est un grand malheur pour vous ; mais le silence, au moins, était la loi de l'honneur; vous ne deviez pas répandre le venin malfaisant sur les âmes ; vous ne deviez pas chercher à entraîner vos semblables dans votre abime; vous deviez respecter ce qui faisait leur espoir et leur bonheur, leur courage, leur vertu.

De quel droit osez-vous bien retrancher la foi du monde? Oti puisez^vous le droit d'étemdre le divin flambeau ? — Est-ce en vous-même , mortel présomptueux, pauvre ver de terre rampant, comme nous tous?. . .

Oti est votre autorité ? Au nom de quelles Zèbres supprimez- vous Tétemelle lumière ?

On comprend les saintes témérités du fanatisme ; mais l'audace impie du blasphémateur, l'orgueilleuse révolte de l'athée, est sans excuse.

6omment pouvez-vous , Monsieur, avoir la cenvieiion que Dieu n'est pas?... Vous ne voyez dcHic pas que vous outragez, par ce blasphème, votre propre intelligence ?. . • Cette négation de TÊtre suprême est si absurde qu'elle

ne peut être avancée par un homme ayant le libre exercice de sa raison. Eussies-Tous au dedans de vous cette conviction détestable, vous auriez dû la taire et en rougir, ne ftH-ce que pour ne pas éloigner de vous rhumanilé tout entière, et povur ne pas passer pour l'^re le plus malheureux et le plus abomhiable de la création.

Cette parole, qui pèsera étemellanent sur vous, est une parole odieuse d'intolérance, de méchanceté, d'inquisition. Vous avez jeté du poison dans ce qu'il y a de plus intime et de plus sacré, la conscience; — vous avez fait l'œuvre infernale de Satan ; vous vous êtes fait maudire; vous vous êtes rendu à plaisir l'objet des haines les plus vives, du plus ardent mépris. Non content de soulever les plus violentes tempêtes contre la société, qui, malgré ses imperfections, est encore et sera toujours préférable à votre an-arckie^ vous avez, par les paroles sorties de votre bouche, outragé la divine Providence elle-même^ !«.. Vous avez essayé d'arracher des cœurs l'espoir éternel ! Vous avez exclu les bons des récompenses infinies ; vous avez promis l'impunité sans retour aux méchants!

Ah t vraiment, le ridicule est chez vous l'égal du orime«

Niez , niez toujours , Monsieur, Dieu vous voit et vous jugel...

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