‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiquesChapitre 7 sur 182 · L-IDÉE DU^IONDE DANS LA HAUTE ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

L-IDÉE DU^IONDE DANS LA HAUTE ANTIQUITÉ

dernier fond, ne s'éloignent qne par les mots de ceux des âges les plus lointains. Les anciens, ceux de rinde'surtout, l'emportaient sans mesure par la force et l'étendue de l'imagination; les modernes affectent des méthodes soi-disant scientifiques, mais que la science n'avoue pas. De quel coté l'insanité est la plus grande, on ne sait, car si, chez les premiers, elle est beaucoup plus apparente, chez les seconds, elle se montre et nous choque, en chaque système, aussitôt que la mode l'a abandonnée. La plus spécieuse des découvertes qu'on ait faites pour soumettre à la raison la doctrine des phénomènes sans commencement, pour masquer la contradiction interne d'un monde dont l'évolution est autre chose que la marche d'un état initial à un état final, a consisté cà découper l'éternité en tranches. L'évolution indéfinie en arrière et en avant, mais divisée en une infinité de périodes successives, et ainsi réduite, pour ses parties, à la condition scientifique, a dû paraître plus intelligible; il devenait aisé de laisser dans l'obscurité le principe primitif et intégral. Or cette idée de génie, en son illusion, est renouvelée de l'Inde, à moins qu'on se contente de remonter jusqu'au grec Heraclite (V) qui en fut le second inventeur.

Nous n'avons pas à mentionner, en cette brève revue des cosmogonies anté-helléniques, les cosmogonies du livre de la Genèse, autrement que pour appuyer sur les idées de commencement, de création et de personnalité du Créateur, qui en sont si caractéristiques, encore bien que les images de l'Abîme, ou d'une masse chaotique préexistante, n'aient pas pu être absentes de l'esprit de ses auteurs. Dans celle du premier chapitre de ce livre, nous avons remarqué ci-dessus l'énergie avec laquelle y est inscrit le principe actif et volontaire, en regard de l'entière dépendance de la chose

créée. Ajoutons la finalité intentionnelle, accusée par la déclaration de la bonté de la-uvre, au terme de chaque journée, l'homme et la femme faits à l'image du Créateur, enfin la jouissance et le gouvernement de la création qui leur sont donnés. Ce sont les traits de la métaphysique théiste, qui contrastent avec les vaines et contradictoires idées, impliquant la définition de l'absolu, la division de l'éternel et la numération de l'infini, fond commun des cosmogonies de l'antiquité polythéiste partout où on cherche à les approfondir et à les imiter.

La partie qu'on peut appeler physique de VOEuvre des sir jours est toute différente, et parfaitement séparable de la partie métaphysique, dans laquelle il n'entre rien qui ne soit susceptible d'une interprétation idéale, élevée, indépendante des termes d'un anthropomorphisme d'ordre commun que nécessite l'expression de la pensée. La suite des traits dont se compose la création, classée et distribuée en plusieurs phases, porte simplement sur l'ordre de succession et de dépendance, — que le narrateur imaginait, suivant d'antiques et la plupart puériles idées d'astronomie, de météorologie et d'histoire naturelle, — des grands phénomènes de la nature et de la production des espèces vivantes. C'est là tout l'intérêt que peut avoir pour l'histoire des connaissances humaines cette admirable composition.

La cosmogonie du second chapitre de la Ge?ihe est une œuvre qui n'aurait guère de rapports avec la cosmogonie du premier chapitre, si ce n'était que la personnalité divine et créatrice n'y est pas moins accusée, pour l'être sous la forme d'un anthropomorphisme qu'on trouve d'abord grossier, mais qui, dans sa naïveté primitive, doit plus justement s'appeler mythique. Le caractère du mythe est trop apparent dans la plupart des traits de l'histoire d'Adam, d'Abel et de Caïn, et de la des-

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