LES POSTULATS. LES IDEES DE LA RAISON
condamnée, pour qui veut se comprendre, est justement ce qu'il faut pour définir les attributs de Dieu!
Ces idées de la raison n'étant pas ohjectivemenl certaines, dans le langage de Kant. — siihjeclivenieiit, comme nous disons nous-mème, c'est-à-dire comme propriétés d'un sujet, — en exisle-t-il une autre enfin, dont la valeui" théorique soit indubitable à ses yeux? Celle-là serait le troisième et le plus haut mode de son idée de Dieu, sinon de son formel aveu, au moins comparativement à la vieille doctrine des hypostascs. « Toutes les questions qu'élève la Raison pure et qui tiennent à sa nature et à sa constitution, non à la nature des choses, doivent, dit-il, être résolues ». Voici la première de ces questions : « Y a-t-il quelque chose de différent du monde, qui contienne le fondement de l'ordre du monde et de son union selon des lois générales? Notre réponse est : Ceriainement, telle chose existe. Car le monde est une somme de phénomènes, il doit donc y avoir pour lui un fondement transcendantal, c'est-à-dire un fondement que seul le pur entendement est à môme de penser. Lorsque, en second lieu, on se demande si cet Etre est une Substance de la plus grande réalité, si elle est nécessaire, etc., la réponse est ([iiime semblable question est entièrement dénuée de sens. Aucune des catégories au moyen desquelles je peux essayer de me former un concept d'un tel objet n'admet dusagc qui ne soit empirique, et n'a de signification qu'autant qu'elle est appliquée aux objets de l'expérience possible, c'est-à-dire au monde des sens. En dehors de ce champ, elles sont de purs titres de concepts, que nous pouvons bien admettre, mais par lesquels nous n'obtenons pas la faculté de comprendre quelque chose ». Nous avons vu comment Kant entendait répondre à cette interdiction en ce qui touche les grands concepts théologiques et l'anthropomorphisme. Nous sommes à
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prcsonl renvoyés à riiiconditionné pur. La crili(|ue de cetlc idée trouve sa meilleure place dans l'étude de la qualricnie et dernière des a)ilino7mrs de la Raison pure.
La thèse est ainsi conçue : <( Il existe un être absolument nécessaire qni se rapporte au monde ou comme une de ses parties, ou comme cause » ; et ranlilhèse : « Il n'existe ni dans le monde, comme une de ses parties, un être absolument nécessaire; ni hors de lui, el qui soit sa cause ». La discussion porte sur l'opposilion de deux aspects des choses : d'une part, le monde sensible et la série des conditions, et des conditions de ces conditions, qui pour notre intelligence, ne se peut terminer; d'une autre pari, lexislcnce d'un principe el d'une cause qui devraient être conçus sans condition. « Cette cause intelligible, dit Kant, ne signifie que le fondement transcendanlal, et pour nous inconnu, de la possibilité de la série sensible en général ; et l'existence de ce fondement, indépendante de toutes les conditions d(^ la série sensible, et par rapport à elle inconditionnellement nécessaire, n'est nullement opposée à la contingence illimitée de cette série et à la régression sans fin de ses conditions empiriques ». Telle est la « solution do Pidée cosniologiquc de la totalité de la dépendance des phénoinènes par rapport à leur existence en fphiércd » ; elle n'est compréhensible que si l'on se souvient de regarder le monde sensible comme un assemblage de représentations qui n'existent point en soi; aulrement elle impliquerait cette contradiction : une existence qui se dépasse elle-même pour devenir la condition qui la fait exister.
Le cas est analogue, pour celles des antinomies qui porlent spécialement sur le monde en tant que composé de phénomènes sans fin dans l'espace et dans le temps. Kant a du, pour s'en affranchir, considérer le monde comme n'étant ni fini ni infini, en cette composition, et