APERÇU HISTORIQUE DES IDÉES DE DIEU ET DE MATIÈRE
sont assimilables à la nature humaine idéalisée fil) Le gouvernement de la nature, ou de telles de ses parties e une action sur les destinées des nations, sur les succès et les revers des individus, étant attribués à ces dieux et ces dieux regardés comme membres d'une certaine société, la question se posa de la suprématie que devait posséderl'un deux pour tenir en paix leurs puissances rivales; puis aux philosophes, celle de l'unité réelle de la nature divine, pour répondre à ce que le monde ••'mo.gne, mais surtout à ce que l'esprit réclame d'harmonie do desseins et de lois dans l'univers. On peut elre certain qu'à un moment où le besoin d'unité et d universalité se fit sentir avec plus de force que jamais '1 ne fit peut-être à l'esprit philosophique d'aucun peuple le sentiment opposé des désordres de la nature et de la vie humaine empêcha seul que le monothéisme, c'est-à-dire la franche docirine de l'intelligence et de la volonté d'une personne unique comme principe de 1 univers, ne s'implantât en philosophie, où d'ailleurs son règne n'a jamais été sans trouble. Car le problème du mal domine secrètement tous les autres, en dicte des solutions; ce sont ses difficultés, et rien de plus, qui ont donné tant de force aux systèmes dévolution contre la doctrine de la création. Ils auraient succombé sans cela aux embarras logiques de leurs hypothèses d'infinité et d'éternité des phénomènes.
La protestation contre le polythéisme est très voisine de 1 origine de la philosophie, dans l'esprit hellénique, et elle est en même temps dirigée contre l'anthropomorphisme, à causede l'instabilité des phénomènes de 1 anarchie des éléments et des vices de l'homme. De là une protestation contre le principe môme de la multiplicité et du changement : c'est l'éléatisme. Les cosmogonies prenaient l'origine des dieux dans la matière animée et progressive, les adversaires de ce polythéisme
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nièrent tout : le sujet, Torigine, la génération, les dieux; ils s'enfermèrent dans la pensée de l'Être immuable, ils furent les premiers inventeurs de la Raison pure tournée contre la raison, faisant servir la Relation, unique instrument de ses opérations, à nier les relations. On connaît ce dire satirique d'un sage du vf siècle, ce bon mot, dont les hégéliens devaient faire vingt-quatre siècles après un argument contre l'anthropomorphisme divin : que si les bœufs savaient dessiner ils donneraient à Dieu la forme du bœuf. La doctrine éléatique (III) n'est que l'extension à tout phénomène possible ou imaginable de la défense faite aux phénomènes spécialement liumains de nous représenter quelque chose de semblable à l'Etre pur.
Quand l'idée de Dieu, sans se perdre dans l'absolu éléatique, se sépara de l'idée du monde, et qu'aux attributs de la personnalité, réclamés parla religion, s'unirent ceux du Démiurge, plus tard du Créateur, le matérialisme, au sens de la seconde partie de notre définition fut rejeté par les auteurs de cette doctrine. Quoi qu'ils pensassent, en etfet, de la nature divine en ellemême, son antériorité au développement des ptiénomènes sous sa dépendance se trouvait toujours posée pour eux, soit (ju'un certain chaos d'éléments fut la matière donnée, ou le sujet, lui-même créé, du Cosmos couvre divine. Alors l'hypothèse fondamentalement matérialiste, sous Tune de ces deux formes : hylozoïsme ou mécanisme, restait le système des philosophes qui se refusaient à suivre les progrès du théisme. Le nom d'athées s'applique justement à eux, dans le sens que nous avons défini, même s'ils admettent, comme on le faisait dans l'antiquité, des dietu engendrés, parce que la personnalité n'est pas pour eux un principe, et qu'ils attribuent tous les phénomènes à la Substance-Cause, objet de nos sens. Ou bien il faut que le philosophe re-