‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiques [microform];Chapitre 115 sur 148 · LA THEORIE DU PROGRES · texte numérisé non relu

LA THEORIE DU PROGRES

dues à l'observation et au raisonnement, de nature à s'accumuler par les travaux et les découvertes successives des savants. Tel est le sens des aphorismes les plus anciens qu'on pourrait recueillir sur le progrès, et de celui qui appartient à Pascal. 11 ne pouvait lui en donner un autre : <c Toute la suite des hommes doit être considérée comme un même homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement. » Cette pensée n'est pas extraite des Pensées, mais d'un opuscule scientifique.

Ce fut toute autre chose quand Turgot, au siècle suivant, transporta l'application de l'idée de progrès, de la science elle-même, ou de sa matière, aux méthodes, au jugement et au choix des méthodes, et à des vues spéculatives sur leur portée au delà de leurs domaines circonscrits (XLVll). Le principe de l'empirisme embrassé par les philosophes du xvm*' siècle, en favorisant le délaissement de la métaphysique et l'abaissement de la morale, amena la confusion du progrès des connaissances proprement dites, surtout matérielles, et de leurs applications ; des avantages qu'elles procurent aux individus et à la société, avec le progrès de la moralité des personnes, de la raison et de la justice dans les relations humaines, et du droit dans l'organisation sociale et dans les rapports des nations. De là vinrent les grandes espérances, et les essais de théorie pour établir les principes ; l'admirable mouvement des esprits poui* reconnaître et préparer un règne de la raison, et soustraire les hommes à l'empire d'une théologie absurde, superstitieuse éternelle; puis l'ardente poursuite de toutes les libertés civiles et politiques, afin d'emporter la résistance des gouvernements et de fonder par la puissance des peuples les institutions d'équité sociale que leurs classes gouvernantes peuvent bien leur promettre, mais ne leur accordent jamais. Et de là

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