L'IDËALISME DANS L'ÉCOLE EMPIRISTE
niers disciples de l'école associationiste ont pris en partie le même chemin : ils se sont figuré que la nature humaine, en tant qu'esprit, est un composé de ces molécules spirituelles, les idées, rattachées elles-mêmes aux impressions sensibles. La vertu des combinaisons expliquerait les fonctions intellectueUes, comme dans la théorie atomistique des anciens; il n'y aurait de changé que la déiinition de l'atome, devenu cette fois un élément spécifique de sentiment ou de pensée. Mais ces entités élémentaires, qu'il faut alors concevoir comme données en soi, sont une pure fiction réaliste; car les plus simples de nos données réelles ne nous viennent, si nous considérons nos conditions externes, que moyennant l'existence et les fonctions de nos organes. Si nous considérons la pensée, elles ne nous sont présentées que sous la condition de notre conscience, qui se les rapporte sous la relation primitive et irréductible du sujet à l'objet, et puis sous les relations accessoires, mais indispensables, qui catégorisent les perceptions en ces différentes formes essentielles de l'intelligence : qualité et quantité, succession, causalité, etc. Les idées abstraites et celles qui s'acquièrent par raisonnement sont les produits d'une activité rapportée à ce même sujet. IVwn de tout cela ne ressemble à des assemblages spontanés d'éléments doués de qualités attractives ou autres.
La conscience ne peut pas être la résultante d'une composition d'idées, qui toutes la présupposent. A son moindre degré imaginable, tout ce qu'il y a d'idées dont elle a la puissance l'implique elle-même en qualité de donnée préalable; il faudrait qu'elle fût un composé de consciences inférieures, subordonnées. C'est bien ce qui a lieu en effet, par le moyen de rorganisation, mais de telle manière alors que composition signifie relation, actions mutuelles, existence distincte de chacun de ces
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êtres individuels dans un organisme, et non point fusion entre eux pour s'annihiler en formant un ôtre nouveau, de la même nature, il serait contradictoire, une conscience étant un rapport de soi à non-soi, individuel, indivisible, qu'elle pût naître de la réunion de plusieurs sujets semblables. Le simple procéderait du composé par Fanéantissement des composants!