CHAPITRE L
DE L'ABOUTISSEMExNT GÉNÉRAL DES ESPRITS SOITA L'ÉCLECTISME, SOIT AU POSITIVISME
Nous ne pouvons entrer dans Fexamen des opinions llottantes, et de l'enseignement public, mal déterminé, dans notre pays, touchant les questions précises du ressort de la métaphysique et de la psychologie, dont nous avons résumé l'histoire générale. 11 suffira que nous nous rendions compte ici de la nature des sentiments qui représentent le mieux, en matière de philosophie, chez Féiite des penseurs indépendants, Fhéritage des grands édifices dogmatiques du passé. Nous n'en trouverons guère d'autres, sur l'origine du monde et sur la destinée de Fliomme, que ceux qui se rattachent par leurs tendances à l'esprit général d'un vague universalisme, conception d'une vie unique développée sans origine et sans fin, dans l'infini du temps et de l'espace. Au point de vue moral, le partage, mais inégal, des penchants pourrait syndiquer entre le mode stoïcien du panthéisme de V Éthique, et le mode de Févolutionisme moderne, qui va plutôt à un épicurisme plus ou moins amalgamé
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d altruisme sentimental. Mais nulle idée ne paraît plus éloignée des esprits que celle de regarder la personnalité comme le principe du monde et le pivot de la création. La première de ces doctrines, celle que nous rapprochons du stoïcisme, est optimiste de sa nature, et réclame le sacrifice de la conscience personnelle pour un but transcendant; la seconde arrive à son tour à roptimisme, lorsque déterminant l'évolution entre certaines limites, elle fait servir Thypothèse du progrès à définir non point une fin, mais une ère future qui, sans concerner les personnes actuellement données, les individus, toujours transitoires, les intéresse pourtant d'une façon, grâce à la réalisation promise des espérances de bonheur qu'ils conçoivent pour les futurs éphémères, leurs semblables. Les deux doctrines sont également hostiles à l'idée antique de la chule, à celle du platonisme émanatisle, et à celle que le christianisme a adoptée, et que les théologiens ont rendu répugnante par leurs interprétations. Le philosophènie du FVogrès, en étendant son application, de l'humanité à la nature, et jusqu'à la naissance de l'être, semble avoir ôté tout fondement à l'idée que, pour exister, le mal ait eu besoin de commencer.
En systématisant ainsi deux grands points de vue, nous n'oublions pas les penseurs, encore nombreux aujourd'hui, dont les idées philosophiques tiennent de plus ou moins près au cartésianisme ou à ses dérivations, qui comportent (celle de Spinoza exceptée) des concepts favorables à la personnalité en Dieu et dans l'homme. Favorables, leurs auteurs au moins l'ont ainsi entendu, et on Ta généralement admis. Cependant ces doctrines n'ont pas laissé après elles des écoles constituées. Deux causes, bien que contraires Tune à l'autre, les ont toutes empêchées d'établir leur règne pendant le xviu* siècle; elles sont restées des thèses célèbres.