DOCTRINE DE LA LIBERTE
L'idéal platonicien s'élève à ^ «''-1"',--^; ^ d'Aristote, quand on le poursuit J^^-f 7;^^^ Idées immuables, qui déjà surpassent 1°^ «^^ '^J^ et ne sont accessibles aux âmes que par la vo.e d une obscue participation. Mais la doctrine de Platon res a d' ne importance beaucoup plus grande que celle de ordisci/le pour la foi religieuse et ^^^l^ 4^es suivants, à cause de la personne de ce D eu cons fent e Fovidentiel, qu'on trouvait dans le démiurge Zrim'e et que l'on s'habitua à confondre avec le dieu ÎesTé ses du pur monothéisme (réclamé par les pen- T\l fin de l'ère païenne) et de la création sans "Ts Jêx stan Sont les docteurs juifs apporra":: a^:::^ d^^^^^^^ -de. U doctrine d. /..s
ponvait, d'une autre ^-^^;^^::::^Z^^ milaît k des modes esscnlicls de l inieiiiot^"^*^
: "jU étemels ,uo Pl..on »"" '-«'"'J^f^^^tr
dieu constructeur, et plus ^f^^^^;'^^^^^^
de modèles. Enfin, le monde de Platon se F^^^^^J^
fK^Ah'P de vie des âmes immortelles, ou comme un théatie ae vit
s'accomplissent des destinées en rapport avec leurs vertus et leurs vices. On n'était pas tenu de conserver rhypothèse des transmigrations pour se rendre compte du mode des rétributions après la mort. L'imagination pouvait se contenter de fictions plus vagues, relatives à des séjours célestes ou infernaux, selon les mérites des âmes, en se dispensant de les mettre en rapport avec les lois physiques et Tordre de la nature. Mais malgré la supériorité que le platonisme avait ainsi sur Taristotélismc pour son adaptation aux principales croyances qui devaient succéder à l'ancienne vue polythéiste de lunivers, les deux doctrines avaient un vice commun qui descendait des origines de la pensée hellénique, et qui aurait dû être corrigé quand l'idée de l'unité succéda à celle de la multiplicité des causes de la nature. Il ne le fut ni par les philosophes, auteurs de cette révolution religieuse, ni par les docteurs du christianisme; car la philosophie scolastique n'a jamais été qu'une application des théories plus ou moins altérées de ï*laton ou d'Aristote à des questions nouvelles. Ce vice est V optimisme doctfinal, nous voulons dire un jugement optimiste , sijstématiqiie ^ pointé sur la condition universelle des choses, tandis que le dualisme, au fond professé par les anciens sur leur nature ou sur leur origine^ s'oppose logiquement à l'entière Justification du monde.
Les philosophes, avant Socrate, n'étaient point optimistes en ce sens, parce que les origines mythologiques de la spéculation maintenaient dans les esprits une vue dualiste des forces agissant dans l'univers sans qu'aucune doctrine d'unité théologique la vint combattre. Alors naissaient, suivant le caractère et l'humeur de chaque penseur, ou la contemplation sereine du monde, malgré la guerre qui règne dans les éléments et parmi les hommes, ou des appréciations
l'iiii *
PLATON ET ARISTOTE
pessimistes sur les phénomènes de l^-;"-/\^«^;;. L- et il n'en manquait pas de celles-ci Platon et Ans L ayant posé les premiers le Bien, en termes absolus comme "e principe suprême, mais n'ayant pas a.sse comme le p i différentes façons, dans luni-
vers, uii^ „ . ^ i„ ^„i .Uns un monde essen-
«iiffmante de 1 existence du mal dans un luui iitment bon suivant eux, introduisirent l'optimisme i^tstifié dans la philosophie. Platon, en posant le Zdpe du Bien, refuse de s'expliquer sur le rapport S ce principe avec les Idées, ou avec le monde qui parUcipe desV. A l'extrémité opposée du Bien, il îec nlît une autre donnée, la matière désordonnée ourlue, qui s'oppose à la réalisation pure des /rf.e. dans l'œuvre du Démiurge. Les âmes animales ou huma nés, sont vouées par la nécessité de leur nature 'Tne vicissitude de biens et de ™a«x sans terme dans le roulement des métensomatoses. Cette doctrine H ; se confusément des prémisses pour des concept postérieurs de création ou d'émanation, de chute et de Svement des âmes. Mais Aristote a dû regarder des tZL métaphysiquement aussi peu ^clair^.^ une pure mythologie. U s'en est complètement ecaité. "L'monde! prenant pour A-tote laformeduninfin du temps, sans origine réelle et sans but rée , - car 1 desUion dont le terme est à ^nfin n ç^ pas u^^^ destination, un but qui reste ^^-'^'''''^}\'' fj.^'S^ but réel, - n'a pu, à ses yeux, que ^^-^^'^'^^^^^^ fournir à la puissance des contraires, *«/>•-; ;"™;^: un théâtre éternel pour des actes possibles tous et tou- "ou s ransitoires en tant qu'individuels. L'individu que iette puissance favorise temporairement peut juger que ,a Naîure, autre nom de la Puissance, Z-^-; f ^j mieux s'il consent à abandonner l'espoir en des biens Xs', conscients et permanents, pour se vouer â la
LE DUALISME OPTIMISTE
contemplation du Bien pur et de l'Acte pur, exempt de toute détermination empirique. Mais ce jugement sur la vie est individuel, son auteur, est changeant et mortel, la mort continuelle et éternelle des individus incessamment produits et détruits est, à ne la considérer qu'à un simple point de vue logique, le Mal qui s'oppose au Bien prétendu de l'Un et de l'Immuable.
La contradiction si visible en théorie, Aristote devait la rencontrer en pratique, dans sa morale. La nature lui offre d'abord le tableau d'un progrès de ces êtres individuels dont Fhomme est le dernier produit, et, en la personne humaine, une jouissance relative de ce Bien, qui a son terme dans l'exercice de Tintelligence, dans l'activité de Tàme rationnelle, source des plaisirs d'ordre supérieur et réalisation de la vie parfaite. Une belle analyse des conditions de la vie, des passions, de la liberté et de la vertu, des relations sociales et politiques, le conduit cependant à reconnaître la lutte comme une nécessité résultant du caractère incertain et variable' et des rapports empiriques des hommes, tandis que la sagesse qui s'élève au-dessus des faits se donne pour objet l'indisputable, l'invariable et le certain. Les États se maintiennent par la guerre, et pourtant le bonheur n'est que dans la paix. Dans l'acte de la spéculation, le philosophe se détourne de ce monde mélangé et troublé, et ne s'arrête que dans la contemplation du divin, où la pensée est immédiate et adéquate à son objet. L'absolu individuel devrait alors se réaliser en s'unissant à l'absolu universel, mais il ne le peut, ni dans l'attachement, ni par le renoncement à la vie. La condition humaine, prise dans son ensemble, chez Fhomme rationnel, qui, s'il vise réellement au but que la théorie lui propose, est un homme rare entre les hommes, cette condition est un mélange de l'acte pur et de la privation inévitable, par conséquent un état
ri
ge PLATON ET ARISTOTE
contradictoire. D'un coté, toutes les impuissances et toutes les imperfections que représente ce terme aristotélique : privalion, qui devait servir un jour à déguiser le caractère positif du mal, dans les doctrines optimistes des théologiens ; de l'autre, le bien en acte, tel . que le réclame la doctrine. Mais ce bien est irréalisable dans l'état mortel, empoché ou dominé qu'il est par les circonstances naturelles et sociales, et irréalisable par la mort, puisque la conscience est attachée à ces circonstances et ne survit pas à la dissolution du corps La carrière du progrès finit au néant, il " >' a pomt d'entélêchie pour le sujet humain parvenu à 1 état «l esprit philosophique.
Aristote a senti apparemment l'imposs.b. h é de formuler, pour la vie pratique, une morale où .1 fut donne satisfaction à l'idéal de vie contemplative visé par sa doctrine de la fin de la nature, la même que la fin rationnelle de l'homme. 11 a dû penser que cette dernière n'était à la portée que de peu de philosophes, mais, môme pour ceux-là, ses préceptes sont fort éloignés de l'esprit ascétique et de renoncement d'une morale mystique; ils sont pratiques, ils ne visent que des vertus accessibles au sage Hellène vivant dans une cité dont .1 accepte toutes les obligations, et qui se définissent par des moyennes entre des excès qui sont des vices.
Un point caractéristique et rare de la mora e d Aristote est la théorie du libre arbitre, d'où se tire a théorie de la vertu, considérée comme l'habitude du bien faii-e contractée par l'exercice constammentdroitdela liberté. Socrate, fondateur de la psychologie, entraîné par l esprit de la science, avait soumis la conduite de l homme au déterminisme, en concluant, de ce que les vertus sont des connaissances, que celui qui les possède ne peut, sachant ce qu'il est bien de faire, agir contrairement a ce qu'il sait; et il est clair, d'une autre part, que 1 igno-