‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiques [microform];Chapitre 31 sur 148 · ARISTOTE : LE LIBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

ARISTOTE : LE LIBRE ARBITRE

raiit agit en esclave de ses passions. Platon avait enseigné cette môme doctrine de la vertu-science, et son hypothèse de la création et des transmigrations des âmes montrait les âmes coupables penchant au mal par leur nature (VII). Aristote formula la théorie du libre arbitre en logique et en psychologie ; il nia que la nature elle-même fût un règne de parfait déterminisme. En logique, Aristote montra que le principe de contradiction est inapplicaijle à l'opposition des futurs contingents mutuellement contradictoires. La formule disjonctive : A sera, ou A ne sera pas, est fausse, parce qu il se peut que A soit actuellement indéterminé quant à l'être ou au non être. Il n'y a rien de contradictoire à penser qu il nest ni vrai actuellement que A sera, ni vrai actuellement que A ne sera pas, mais que l'événement seul déclarera ce qui n'a pu être prévu. En psychologie, Aristote formula \q syllogisme de l" action, en constatant la possibilité que l'agent, bien informé de la conclusion d'un juste raisonnement touchant ce qui se doit faire, "se porte néanmoins à l'action en sens contraire de ce jugement, parce que d'autres pensées et d'autres désirs surviennent qui sollicitent et peuvent détourner sa volonté. La reconnaissance de l'accident dans la nature se rapporte à un indéterminisme d'une autre espèce, où n'entrent ni jugement, ni liberté; c'est une spontanéité pure à l'origine de certains mouvements où nulle loi n'est saisissable (IX).

Les doctrines de Platon et d'Aristote, malgré la grande dissimilitude de leurs parties principales et de leurs applications, se rencontrent et s'unissent en une singulière harmonie des contraires, quand on considère leurs plus hauts sommets, et qu'on ne s'attache qu'à la métaphysique, en écartant toute théologie. Le Bien, qui, pour Platon, est situé à l'origine est, sous un autre nom, considéré comme la fin par Aristote; et cependant,

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