‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiques [microform];Chapitre 45 sur 148 · L'OPPOSITION DE LA NOUVELLE" ACADEMIE · texte numérisé non relu

L'OPPOSITION DE LA NOUVELLE" ACADEMIE

forte croyance, en elfet, ce critère était on ne peut mieu:^ exprimé : il portait la marque de l'énergie, ou tonoSf dont notre profond historien de Faristotélisme, F'' Ravaisson, a montré l'application caractéristique à toutes les parties de la doctrine stoïcienne. Mais la valeur d'un critère se mesure sur le pouvoir qu'il a de communiquer la croyance, avec les raisons qui la peuvent soutenir; or, la vertu de celui-là ne dépassait pas les limites d'une secte. Le philosophe de la Nouvelle Académie faisait voir qu'il n'en est aucun qui impose invinciblement la foi, même alors que la réelle appréhension de l'objet a toutes les qualités que les sens et l'imagination confèrent à son apparence. Dans une autre sphère de la conviction philosophique, il est naturel de supposer que les arguments célèbres, mais restés inconnus, de Carnéade pour et contre la justice, dont les Romains se montrèrent, dit-on, scandalisés, n'était autre chose qu'un dangereux exemple de la méthode qui autoriserait Il tout contester si l'on n'acceptait que la parfaite et absolument irrécusable vision d'identité d'un rapport affirmé, pour consentir. De là l'assimilation fausse de ce criticisme anticipé au scepticisme; mais, au vrai, le critère du jjrobable, ou du vraisemblable , substitué au critère de certitude des écoles dogmatiques. Cette première attaque dirigée, dans l'antiquité, contre le droit de ce que nous appelons aujourd'hui la Raison pure ne pouvait pas alors être de grande conséquence. Elle montrait chez quelques philosophes un esprit de finesse très nouveau, mais qui ne régna que passagèrement dans la société éclairée. Tout convergeait secrètement vers la constitution d'un vaste syncrétisme dogmatique qui devait, deux ou trois siècles plus tard, envelopper la philosophie.

Le débat de la question cosmologique entre les stoïciens et les nouveaux académiciens porta sur un point

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116 PYRRHON, STOICtENS. ÉPICCRIENS, ACADÉMfClENS

plus intéressant que ces querelles touchant le critère, dont les anciens n'avaient pas encore les moyens d'approfondir le véritable sujet. La controverse sur la liberté et la nécessité put, au contraire, s'établir entre deux vues principales de part et d'autre, desquelles notre problème actuel et très vivant du déterminisme ne s'est pas éloigne sensiblement. Et la discussion se fixait là au vrai nœud de la difficulté, dans la polémique contre la doctrine stoïcienne, parce que l'œuvre mondiale du Feu artiste, sa providence, l'évolution dont la marche et la fin sont réglées pour qu'elle se produise et reproduise éternellement en une même série de phénomènes composent une hypothèse totale dépendante de la loi de l'enchaînement invariable (XIV) . Ce prédéterminisme universel est déjà celui qui devait s'imposer, grâce au dogme de la prescience divine absolue, à la théologie du christianisme. Les docteurs chrétiens prétendaient le concilier avec la liberté humaine, et les stoïciens avaient la môme question à traiter, quoique leur Providence fût le Destin, et non l'arrêt élernel d'une volonté consciente. Us estimèrent, eux aussi, que la vraie liberté ne pouvait être celle qui s'emploierait à des actes contraires à la loi souveraine de l'univers, qu'elle devait, loin de là, s'élever et se fortifier, dans la mesure où s'obtenait la connaissance de cette loi. et où la volonté de l'individu se réglait pour s'y conformer. L'argument capital de la Nouvelle Académie est celui qui se résume dans la revendication d'un sens différent, donné de tout temps à la liberté morale, ou libre arbitre, par ses défenseurs, et que le déterministe n'a pas le droit de méconnaître en usurpant remploi du mot pour une signification contraire. Le libre arbitre est le pouvoir mental d'opter entre de^ déterminations de la pensée (ou de l'action) contradictoires entre elles, indépendamment de la conformité

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