‹ Histoire et solution des problèmes métaphysiques [microform];Chapitre 86 sur 148 · PENSÉES DE BERKELEY SUR LA MÉTHODE, L'ESPRIT. ETC · texte numérisé non relu

PENSÉES DE BERKELEY SUR LA MÉTHODE, L'ESPRIT. ETC

notions fondamentales, la méthode phénoméniste et relativiste, s'il n'avait subi à la fois l'influence de l'Église et, en philosophie, celle d'un extrême empirisme qui, ne permettant pas à la notion de loi de se formuler, ne laissait que le recours à Dieu direct pour toute explication de l'unité et de l'harmonie des phénomènes. On lit, en effet, dans un recueil de notes de Berkeley : ad seipsmn, écrites à l'époque où il était encore étudiant au Collège de la Trinité, à Dublin, des sentences qui semblent d'un phénoménisme dissolvant, et d'autres qui les démentent en définissant la réalité par des opérations synthétiques de l'entendement. Il n'eût fallu que chercher le principe qui concilie ces deux opérations effectuées sur les idées.

Sentences dissolvantes : « Vous dites : il doit y avoir une substance pensante, quelque chose d'inconnu qui perçoit, qui supporte et relie les idées. Je dis, moi : faites voir qu'il est besoin d'une semblable chose...

« La substance d'un esprit, c'est agir, causer, vouloir, opérer...

(( L'existence même des idées constitue Tâme. Conscience, perception, existence des idées sont la môme

chose, semble- t-il...

« 11 n'y a pas deux idées dont la connexion soit nécessaire...

(( Tout n'est que résultat de la liberté. Tout est vo-

t lonlaire...

a Demander si l'on peut vouloir en deux sens opposés, c'est une question absurde, car le mot pouvoir présuppose volition.

(c Point d'idées générales; le contraire, source de confusion ou d'erreur en mathématiques...

« Si les hommes n'avaient pris les mots pour des choses, ils n'auraient jamais pensé à des idées abstraites...

256 LA PHILOSOPHIi: CRITIQUE

« Qu'avons-noiisalTclire des idées générales-? Nous ne les connaissons pas, nous ne les percevons pas... « Question : que deviennent les ,iHenuv vrritates?

Elles disparaissent...

« Je ne sais pas ce que les pliilosoplies entendent par les choses considérées en elles-mêmes; non sens,

jargon. »

On remarquera, car c^est le point où la dissociation des idées est la plus étonnante, que celle des sentences qui touche la question du libre arhilr.s fait beaucoup plus que la tranclier, car elle passe par-dessus le fait de la présence des motifs et de la délibération, inhérente à Fexercieede la liberté. Berkeley imagine la volonté individuelle pure et la liberté al)solue. C'est aussi là le sens de son observation i\m met le vouloir avant le pouvoir. Voici mainlenant la contrepartie de la négation de l'universid et de l'abstrait :

u Je ne dois pas nommer rentendement une faculté ou une partie de rinlelligence [of ihf mind). Je dois enfermer reuleudement et la volonlédans le mot esprit {^pint). par le([uel j'enleiuls tout ce ([ui est actif. Je ne dois pas dire que rentendement ne dilTère i>as des idées particulières, ou la volonté des volitions particulières. L'espril, rinb'lligence n'rstni une volilion ui une idée. Je dis ([u'il n y a de causes, à proprement parler, que spirituelles; rien d'actif que l'esprit...

« La volonté est acliis puriis, ou plutôt esprit i)ur, non imaginable, non intelligibhN nullement objet de l'eulendement, nullement percevable...

(( 11 me semble que la volonté et rentcndemeni, les voulions et les idées ne sauraient être séparées; qu'il ne se peut pas que l'un soit sans l'autre...

« Je pense que le jugement implique volilion...

(c C'est folie de chercher ce qui détermine la volonté...

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