‹ Histoire et systématisation générale de la biologieChapitre 1 sur 12 · A NEW-YORK, CHEZ II. BAILLIÈRE, 169, EÜLTON-STREET · texte numérisé non relu

A NEW-YORK, CHEZ II. BAILLIÈRE, 169, EÜLTON-STREET

A JUAUItll), C. BAILLY-SAILLIÈRE, CALLK DBL riilNCirB, II.

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AVANT-PROPOS

L’étude des sciences médicales n’a jamais pu être plus cultivée que de nos jours, et l’empressement de la jeunesse à s’instruire n’est pas moins grand que Tardent esprit d’investigation qui tourmente tous nos savants actuels. Mais on peut ajouter que jamais aussi il n’a été plus nécessaire de coordonner la science, de diriger les observateurs, de régler l’enseignement.

C’est en vue de faire face à de tels besoins que j’ai conçu le travail suivant. Les arts biologiques touchent à une crise semblable à celle qui s’est opérée déjà, plus facilement il est vrai, pour les arts physiques et chimiques. La taxonomie, la médecine, la chi-

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rurgie, l’hygiotechnie, flottent d’hypothèse en hypothèse, et réclament le secours d’une base scientifique assez solide pour mettre un terme aux divagations. Chacun sent qu il s’apprête pour la biologie une construction scientifique semblable à celle qui s est opérée pour les sciences préliminaires, mathématique , astronomie , physique , chimie, comme cela s’opérera ensuite pour la sociologie-, mais jusqu’à ce jour la biologie n’a été que préparatoire.

Eu l’absence de travaux systématiques à cet égard, j’ai pensé qu’un ensemble de prescriptions théoriques destinées à régler le mouvement actuel, et appuyées d’ailleurs suides documents historiques sérieux, pouvait, pour le moment, satisfaire aux premières nécessités, et déterminer la direction finale que doit prendre l’étude des êtres vivants, et de l’homme en particulier.

Le travail suivant comprend donc l’histoire et la systématisation de la biologie.

L’histoire d’une science ne peut être faite

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que par ceux qui en ont conçu l’ensemble, et qui possèdent d’ailleurs sur l’ensemble du passé humain une saine théorie. En dehors de ces conditions mentales, on ne peut bien voir derrière soi, et les écrits sur le passé se réduisent à de lourds catalogues de noms et de faits, tout au plus propres à fournir des matériaux mal disposés. Tels sont beaucoup de travaux historiques, fort respectables du reste par les généreux efforts qu’ils ont coûté, et l’utilité qu’on peut en retirer danscertainscas; mais qui n’ont point rempli le rôle essentiel de l’histoire, qui, en toute chose, par la conception du passé, doit faire prévoir l’avenir, afin de réagir sur le présent.

C’est par un sentiment instinctif des conditions dont je viens de parler, qu’on a vu bien des savants terminer leur carrière par l’histoire de la science à laquelle ils avaient voué leur existence; mais que peut être l'histoire isolée d’une science, si elle n’est pas éclairée par la notion exacte de la marche de

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l’esprit humain? Une considération a prévalu dans quelques travaux, c’est que le développement de toute science étant, à l’origine, pi’ovoqué par un art correspondant, on a cru qu’il était facile de comprendre la marche d’une théorie, parce qu’on s’était livré à une longue pratique. Mais dans les arts correspondants aux sciences complexes , les praticiens se passent trop des principes pour qu’une telle considération ait eu de la consistance. Quoi qu’on fasse, il faut, comme je viens de le dire, recourir à deux bases fondamentales : la systématisation des sciences et la théorie du passé. Qu’arrive-t-il aux hommes privés d’une direction théorique?

c’est que, ne sentant pas nettement la subordination des questions dont ils étudient la marche, on les voit setraîner dansune stérile analyse chronologique, et faire a tout instant de monstrueux assemblages d’hommes et de découvertes. Frappé des inconvénients que présentent ces manières de procéder, trop assuré d’ailleurs de l’immense bienfiiit que

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peut procurer à l’enseignement des sciences l’histoire rationnelle de leur développement, je vais déterminer ici la marche que je me propose de suivre, pour donner à l’histoire de la biologie toute sa portée quant à l’avenir de cette science et quant à sa direction actuelle.

Dans l’histoire de la biologie, comme dans toutes les questions qui se rattachent à l’étude des êtres vivants, on peut employer la double méthode subjective et objective, résultant finalement de la coordination générale des sciences. Au point de vue subjectif, je vais, en me fondant, d’une part, sur la loi d’évolution et la loi de classement, d’autre part, sur la systématisation de la biologie, exposer synthétiquement la marche naturelle qu’a dû suivre celte seience;je démontrerai ensuite qu’elle l’a suivie en effet, en procédant' objectivement , c’est-à-dire en faisant un examen analytique delà constitution historique de ses différentes parties. Cette exposition se composera donc de deux

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parties essentielles : Tune, purement théorique, comprendra l’exposition des lois fondamentales de la marche de l’esprit humain, l’histoire abstraite, et le système de la biologie ; l’autre, concrète, comprendra l’histoire particulière de l’anatomie, de la physiologie et de la théorie des milieux, et servira en quelque sorte de démonstration à la partie théorique, tout en renfermant les principes de la coordination plus spécialement relative à chaque section de la biologie.

Une même opération historique sera faite pour différentes parties des procédés d’observation 5 et en prenant soin d apprécier les travaux exécutés par rapport à un point de vue déterminé de méthode, au lieu de les ranger d’après une simple base chronologique, il sera facile d’obtenir, outre les documents relatifs à la coordination, un moyen

certain d’apprécier justement ce qui a été fait jusqu’à ce jour.

Confiant dans l’utilité d’une telle opé-

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ration philosophique, je ne chercherai pas a la motiver par un plus grand nombre de considérations, assuré que tous les bons esprits raccueilleront favorablement, autant pour les bons résultats qu’elle peut avoir, que pour les généreux sentiments de progrès qui l’ont inspirée.

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Article I. — Théorie de la marche de l’esprit humain et de l’évolution particulière de la Biologie.

Bien que la conception des idées ne soit compalible qu’avec certaines conditions cérébrales, il faut reconnaître, puisqu’elles sont toujours un fruit du passé, que, suivant leur degré de complexité, elles ne peuvent s’engendrer et se produire qu’après l’accomplissement indispensable de certains événements politiques et sociaux. On doit particulièrement faire cette réflexion à propos de la découverte de la loi d’évolution intellectuelle, qui, malgré l’énergie mentale des philo-

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