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CHAPITRE III

et les portiques latéraux ou ailes ont chacuTi trois de ees mêmes parties en larg’eur. Yilruve donne au porche un espace proportionnellement très-g-rand, et il y place deux rangs de colonnes (1), disposition fort analogue à celle que nous remarquons ici, malgré le g’enre périptère tétrastyle du temple toscan. Enfin, une des particularités du temple G est d’être précédé d’un large perron s’étendant sur toute la largeur de sa façade. Au temple toscan d’Alba Fucense (2), le perron s’étend également jusqu’au-delà des colonnes d’angde. Nous rencontrons donc encore une fois l’influence étrusque. En continuant notre étude, l’influence ég*yptienne va reparaître à son tour.

Un fait unique se présente dans les portiques de l’édifice qui nous occupe. Les colonnes, sur les côtés, sont beaucoup plus serrées que sur les façades, ce qui a porté, comme conséquence naturelle, à diminuer le diamètre de ces mêmes colonnes. Ici se manifeste évidemment l’esprit d’imitation, car on ne saurait expliquer autrement cette irrégularité. Rien ne s’opposait en effet à ce que l’arcbitecte répétât les mêmes proportions sur les façades latérales, où il y aurait eu quinze colonnes au lieu de dix-sept. De tous les temples bexastyles de la Sicile, au nombre de quatorze, celui-ci est le seul ayant des colonnes aussi nombreuses sur les côtés. Nous pensons donc qu’on a imité dans ce temple la disposition des périptères égyptiens. Mais, en Egypte, cette différence entre les entre-colonnements latéraux et ceux de la façade est motivée par le genre tétrastyle, et l’application de ce principe à un périptère hexastyle n’est point judicieuse. Aussi, nous le répétons, c’est le seul exemple qui existe. Tout ceci nous confirme d’ailleurs dans l’opinion, déjà émise, que le périptère tétrastyle a précédé, en Sicile, les temples bexastyles.

Nous avons rappelé, dans le chapitre précédent, un mode ég'yptien qui s’applique au temple de Diane, autant que le permet l’état incomplet de ce monument. Ce même mode, que nous appellerons mode hcxamélrique primitif, s’applique ég’alement au temple G, dont l’entablement est complet.

(1) Vitruve, liv. IV, chfip. vu.

(2) Cité plus haut, liv. IV, cliap. ii.

Les Grecs avaient, selon Vitruve (1), une prédilection particulière pour le nombre six, qu’ils disaient être le plus parfait, à cause de la facilité de le diviser en deux, trois, etc. L’architecte latin raconte ensuite (2) eomment la colonie ionienne avait élevé un temple à Apollon Panionius, et ce, évidemment, d’après un des trente-six architectes g*recs dont il dit avoir compilé les ouvrag'es. Vitruve n’a peut-être pas bien compris son auteur, en ce qu’il entend que la division en six parties s’applique aux colonnes seulement, et en conclut qu’elles avaient six diamètres de hauteur. Or, on n’a trouvé, dans la haute antiquité g'recque, ni une seule colonne ayant cette proportion, ni un seul exemple de diamètre servant de module; la division d’un ordre entier en parties proportionnelles sur sa hauteur se rencontre, au contraire, partout. Vitruve, qui ne connaissait que le module étrusque, qu’il nous a transmis, pouvait aisément s’y tromper.

Nous croyons donc qu’il faut entendre ainsi le passag’e précité : « Les Ioniens , voulant élever un temple et ne sachant pas bien <( quelle proportion il fallait lui donner, prirent la mesure du pied (( d’un homme, qui est la sixième partie de sa hauteur (3) et se réglè- (( rent là-dessus. » Cette fable a sans doute été inventée dans le but de s’approprier le mode hexamétrique.

Une preuve que les Grecs établis en Sicile cherchaient bien plus à imiter le caractère g’rave et imposant des temples ég’yptiens qu’à donner des proportions sveltes à leurs colonnes, c’est qu’ils les ont fortifiées de plus en plus en aug’mentant le diamètre comparativement à la hauteur.

Voiei, par ordre chronolog’ique, la marche de cette progression :

Les eolonnes du temple F ont 5 diamètres et quart de hauteur. Celles du temple de Diane, 4 diamètres et un peu pli/s d’un demi-diamètre. Celles du temple C, 4 diamètres et un peu moins d’un demi-diamètre.

Ces deux dernières proportions sont celles que comporte le mode

(1) Vitruve, liv. III, cliap. i.

(2) Id., liv. IV, chap. i.

(3) Le pied, sixième partie de la hauteur de l’homme, est emprunté, comme nous savons, au système métrique égyptien.

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