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LIVRE V. — CHAPITRE III

de ranalogie avec les bas-reliefs assyriens, c’est que les Étrusques sont bien, comme le dit Hérodote, orig'inaires de la Lydie (1).

L’architrave est la plus haute des architraves g’recques, après celle du temple de Diane. Elle a un peu plus d’un cinquième de la hauteur des colonnes et se compose de deux assises superposées, en outre de son épaisseur, qui est aussi en deux morceaux, comme les architraves de bois.

La partie la plus importante de l’entablement dorique, celle à laquelle il doit son plus g-rand effet et son caractère propre, est incontestablement la frise. Par quel prodig’e cette frise nous apparaît-elle tout à coup si complète et si voisine de sa perfection?

C’est qu’elle a été importée d’Ég'ypte en Sicile tout d’une pièce.

Pour s’en convaincre, il suffît de comparer l’entablement du temple G à un entablement ég’yptien. (Voir notre planche 45.)

Dans l’un comme dans l’autre, le trig'lyphe est peint en bleu, divisé en trois g'lyphes, et à\me largeur égale à la largeur des métopes, lesquelles sont aussi, de part et d’autre, ornées de sculptures.

(I) Voyez, dans Serra di Falco, le dessin d’un long has-relief en terre cuite du Musée de Palerme, reproduisant exactement le char de la métope du milieu accompagné de figures complètement étrusques. PI. 27.

Fig. 55. — Entablement égyptien.

Toutefois, il est juste de reconnaître que les Grecs, en modifiant cette frise, l’ont si bien adaptée à leur ordre dorique, qu’ils ont acquis le droit de se l’approprier. Comment cette transformation s’est-elle faite? Sans doute successivement, et, si nous connaissions les quatre temples élevés par les Grecs en Ég’ypte, ou seulement l’Hellenium, il nous serait probablement facile de l’expliquer. Mais, n’aimant point les hypothèses, en l’absence de ce renseig'nement indispensable, nous nous g’arderons bien de l’entreprendre.

Dans la construction en pierre, l’entablement ne comporte que deux assises, ainsi c|ue l’ont fait les Ég-yptiens. Si les Grecs eussent conçu d’eux-mêmes le système de construction en pierre de leurs temples, il est présumable qu’ils n’eussent fait qu’une corniche architravée, comme au Pandrosium d’Athènes. C’est la combinaison du comble en bois superposé au système ég*yptien qui forme ta troisième partie de leur entablement, et la frise devient purement décorative, comme dans les temples toscans. En effet, dans l’entablement toscan, selon Vitruve, on compte aussi trois parties : 1" l’architrave en bois; 2“ le petit mur en maçonnerie élevé au-dessus, qui n’est que décoratif; 3“ la corniche à mutules de bois.

La corniche, croyons-nous, est la seule partie imitée des constructions de bois dans l’entablement dorique. Encore faut-il observer que les mutules ne reproduisent point les dimensions g’rêles du bois. Les chevrons en saillie sur le nu du mur ont fait naître seulement l’idée des mutules, et les Grecs ont judicieusement donné à celles-ci les fortes proportions de la pierre, afin de les harmoniser avec l’ensemble robuste qu’exig’e le mode hexamétrique. Dans la corniche du temple C, les mutules au-dessus des métopes, rappelant la dimension mesquine des chevrons, produisent un très-mauvais effet.

La sculpture des métopes, d’après son style barbare, doit appartenir à l’époque où vivait Rbœcus ; et, après avoir étudié complètement l’ensemble de cet édifice, on ne saurait en faire remonter la fondation au-delà du règ*ne d’Amasis. Il doit même être postérieur à l’érection de l’Hellenium et des autres temples, élevés par les Grecs en Egypte, c’est-à dire postérieur aux premières années d’Amasis.

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