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CHAPITRE IV

principes et les procédés se transmettent comme un héritage sacré. L’art avance pas à pas, sans écarts, sans révoltes, sans un fatal souci de l’originalité, par le développement le plus simple, le plus logique que jamais l’humanité ait présenté. Les artistes s’emparaient ainsi de

tout le patrimoine du passé et profitaient de l’expérience des générations qui les avaient précédés (1). »

Les grands temples de la Sicile étaient généralement du genre appelé par les anciens : hypæthres, c’est-à-dire avec une cella à ciel

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ouvert. Les Grecs, à ces époques reculées, manquaient de moyens d’exécution pour couvrir de longs et larges espaces; tous leurs plans sont conçus de manière à éviter l’emploi des fermes, système compliqué qui paraît être d’invention romaine (1 ). La profondeur des pronaos et des sanctuaires proprement dits ne dépassant pas la portée d’un faîtage, ces parties de l’édifice, ainsi que les portiques, étaient faciles à couvrir. Reste donc le grand espace central. Si on le suppose couvert, cette longue salle, fermée à ses extrémités, sera d’une obscurité complète, et, par conséquent, la pièce appelée opisthodome ou trésor par Hittorff. Si cette pièce avait été affectée à un trésor, on n’y entrerait pas par une baie plus grande que celle de la porte principale. Cette large ouverture n’a été pratiquée évidemment que pour démasquer et éclairer la statue du dieu. On n’eùt pas non plus, ainsi que cela se voit à tous les anciens temples, élevé cette partie de l’édifice de plusieurs marches, afin de lui donner plus de dignité et qu’elle fût mieux en vue. Toutefois, le sanctuaire du temple D, plus spacieux que les autres et entouré d’une sorte de banquette destinée à recevoir les objets sacrés et les offrandes, paraît avoir reçu exceptionnellement la double destination de sanctuaire et d’opisthodome. Les pronaos fermés pouvaient aussi abriter les offrandes, mais non la cella.

Les femples A et E, ayant autant de largeur proportionnelle que celui de Pæstum, pourraient contenir deux rangs de colonnes à l’intérieur, comme celui-ci ; mais des fouilles faites dans le temple E s’opposent à cette conjecture; il n’y existe point, dans la cella, de fondation pour des colonnes.

Les portiques étaient visiblement couverts en appentis formant des plafonds rampants, ainsi qu’à Pompéi. La dernière assise du temple E a même conservé les entailles des pas de chevron (2). Dans sa restauration de ce monument, Hittorff (3} a imaginé, sans la moindre autorité, des plafonds horizontaux. Si ces plafonds avaient existé, on eût retrouvé, comme à Pæstum, les entailles qui recevaient la portée des poutres.

(1) Nous avons développé cette question en traitant de l’ordre toscan, liv. IV, chap. i.

(2) Elles ont 0“,18'J de largeur.

(tî) PI. 34 à 3(5,

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