CHAPITRE VIL
l’ordre dorique, septième époque. MODE IMERMEDIAIRE .
LE TEMPLE DE SÉGESTE. LE TEMPLE d’ÉGINE.
Le temple rie Ség’este est resté inachevé. Non-seiilement les colonnes ne sont point cannelées, mais il n’existe dans les deux pig’nons aucune entaille pour recevoir la charpente du eomble, et c’est une preuve qu’il n’a jamais été couvert (1). S’il faut en croire le duc Serra di Falco, les travaux furent abandonnés en même temps que ceux du temple de Jupiter Olympien, à Sélinonte, lors de la ruine de eette ville par Annibal, l’an 409 avant notre ère. Quoi qu’il en soit, d’après le style du portique, dont toutes les colonnes et l’entablement sont encore debout, cet édifice, selon nous, est certainement postérieur aux einq temples qui fig'urent sur notre tableau N" 1 ci-contre.
Nous arriverons par deg’rés au mode beptamétrique, ainsi que nous l’avons fait pour l’hexamétrique parfait : on ne franchit point une telle distance d’un seul pas. Il ne s’ag-it donc ici que d’un mode intermédiaire. Mais ce qui donne à ce monument une g’rande importanee, au point de vue de la théorie, c’est qu’on y trouve en usag'e le grand principe que nous venons de découvrir dans le mode hexamétrique et la première preuve que cette règ-le est applicable à plusieurs modes. Sur la façade de ce temple, en effet, la mesure, d’axe en axe des colonnes, prise au milieu du temple et multipliée par trois, égale la hauteur totale (le l'ordre, bien que cette hauteur soit de six modules et demi (moins une très-minime fraction).
I) IliUorll, Arch. mit. de la Sicile, jil. '2 ;i G.