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CHAPITRE VIII

l’ordre dorique, septième époque, suite. LE TEMPLE DE JUPITER

OLYMPIEN, A ATHÈNES. l’ ANCIEN PARTIIÉNON.

La suite de la septième époque de l’ordre dorique n’est autre que la période de cinquante et un ans remplie par l’administration florissante des Pisistratides, de l’an 5!27 à l’an 476 av. J. -G.

Ég'ine, dont nous venons de parler, a précédé Athènes dans la prospérité. Athènes, avant Pisistrate, vivait dans l’anarchie lapins extrême, et cet état de choses eng’endrait la misère. Les colonies, au contraire, qui, dès le premier jour, furent commerçantes, bientôt riches et éclairées, devancèrent dans les arts leurs métropoles. 11 serait donc fort désirable de pouvoir s’assurer si une école attique existait déjà vers la fin du vi° siècle, ou si les artistes athéniens ont simplement suivi la tradition fondée et développée dans les colonies g’recques.

Le temple de Jupiter Olympien est le plus considérable des monuments entrepris par Pisistrate, et, selon Vitruve, il charg’ea de ces importants travaux quatre architectes romains. Il nous est malheureusement impossible d’avoir la moindre idée de l’œuvre des artistes romains; car, suivant le même auteur, « ces architectes avaient commencé à Athènes œs fondements du temple, et cet ouvrag’e resta imparfait après la mort de Pisistrate (1) ». D’ailleurs, l’invasion des Perses suivit de près et xàthènes fut détruite de fond en comble par Xerxès et par Mardonius.

Ce qui nous frappe le plus, dans le passag’e de Vitruve ipie nous venons de citer, ce sont les quatre architectes romains. Où étaient

(I) Vitruve, liv. Vll, préface.

donc, du temps de Pisistrate, les architectes athéniens? N’est-il pas permis de croire qu’ils faisaient complètement défaut? Gomment! ces fiers Athéniens, qui se vantaient d’avoir tout inventé, tout créé, vont demander des artistes à Rome, qui, alors, pour tout ce qui tient aux arts, avait elle-même recours aux Étrusques (1)1

Les Athéniens ne se sont pas contentés de T immense g'ioire d’avoir tout perfectionné, tout embelli, et, ce qui est plus g-lorieux encore, de l’avoir fait très-rapidement; ils ont imag*iné des fables, d’ailleurs fort ing’énieuses, pour s’attribuer toutes les inventions, et Vitruve a naïvement accrédité ces fables en les répétant. Le moment est venu de remettre enfin chaque chose à sa place. Les Grecs en g’énéral, et particulièrement les Athéniens, sont assez riches de leur propre fonds pour restituer, sans s’appauvrir, ce c|ui appartient aux véritables créateurs.

L ancien Parthénon.

<( Si l’on ouvre le Lexique d’Hésychius, on lit à l’article Hécatomqiédon : (( Le Parthénon, temple de l’Acropole, bâti par les Athéniens : (( il a cinquante pieds de plus que le temple brûlé par les Perses. »

« C’est le seul témoigaiag’e de l’antiquité qui nous apprenne l’existence d’un ancien Parthénon (2). »

« Lorsqu’on monte à l’Acropole du côté du nord, on aperçoit les murs formés de frag-ments de toute espèce. On remarque surtout ving-tdeux tambours de colonnes en marbre pentélique, les uns bruts, avec les anses qui servaient à les enlever, les autres cannelés et préparés en partie. Il est évident que le monument auquel appartenaient ces importants matériaux n’avait point été achevé.

« Plus loin, à droite, on aperçoit un entablement qui sert de couronnement au mur de l’Acropole. Tout a été replacé de façon à refaire un entablement rég’ulier. Les corniches, frises et architraves sont en

(1) Los noïiis do ces quatre arcliilectes, Antistates, Callæschros , Antiniachides , Porinos, [>araisseut fort peu romains. No seraient-ils point, par hasard, un peu étrusques?

(2) Boulé, l’Acropole d’Athènes, II, p. 5.

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