LIVRE V. — CHAPITRE X. «oo
Libon , en effet, s’est affranchi audacieusement et de parti pris de la règ’le, apparemment, selon lui, trop assujettissante, qui exig-e impérieusement que les trirjhjphes se rapjportent sur le milieu des colonnes, et il a pu ainsi éviter soit cF élargir la métope qui est auprès du triglgplte de l’encoignure, soit de rétrécir ï entre- colonnement. Toutefois, cette innovation n’a pas eu le succès qu’espérait son auteur ; Libon n’a point fait école, et l’on ne trouve aucune imitation de sa doctrine en Grèce, dans les âg'es suivants. Cet architecte paraît s’être affranchi de la règle, afin d’obtenir une nef plus large, la disposition ordinaire donnant un espace insuffisant pour recevoir le Jupiter colossal de Phidias. Le Parthénon, étant octostyle, a pu avoir une large nef et rester dans la tradition.
Blouet dit que, pour rétablir la hauteur du temple de Jupiter, il a pris pour point de comparaison le temple de Thésée (1). Après une comparaison de même nature, mais beaucoup plus étendue, nous avons remarqué, dans l’édifice récemment découvert, que toutes les proportions connues se rapprochent beaucoup plus, en général, du mode hexamétrique que de l’heptamétrique, et, particulièrement, plus du temple de Ségeste que de tout autre. Il est facile de voir au contraire combien, à Olympie, la proportion relative du diamètre des colonnes et des entre-colonnements est éloignée de celle du temple de
Thésée : l’entre-colonnement moyen dans celui-ci est de . . tandis qu’au temple de Jupiter il est de
et au même monument les colonnes sont plus fortes et leur chapiteau d’un style et de dimensions exag’érées très-archaïques.
En résumé, nous croyons qu’à Olympie, comme à Ségeste, la hauteur de l’ordre était égale à trois espacements de colonne, d’axe en axe, abstraction faite des colonnes d’angle, ordinairement plus serrées, et que cette hauteur se divisait en six modules et demi.
Les mesures principales du plan : « 95 pieds de largeur et 230 de longueur », données par Pausanias, sont exactes, sauf une fraction de pied, en moins sur l’une, en plus sur l’autre. Pausanias a voulu donner
(1) Expéd. de Morûe, t. I, p. (j7.
les deux plus g*randes dimensions de l’édifice; par conséquent, les mesures sont prises sur le premier g’radin. Cette conformité avec les cotes de Blouet, dans les deux g-randes dimensions qu’on a pu vérifier, n’est pas sans importance. Il est fort présumable, à présent, que la troisième dimension donnée par le même auteur sera aussi exacte, à quelques pouces près. « L’élévation du temple, depuis le sol jusqu’au
fronton, est de 68 pieds. » Or, 68 pieds grecs font 20“987.
Hauteur des trois gradins 1“,546 \
Hauteur de l’ordre, présumée égale à trois espa- j
cements de colonne 15”, 377 |
Hauteur du fronton (sans cymaise), présumée 1/8 [ '
de sa longueur 3”, 619 \
Il reste pour la hauteur de la cymaise 0”,445 j
Nous ferons observer que, dans les temples hexastyles, nous avons trouvé partout la hauteur des frontons égale à la huitième partie de leur longueur. Cependant, Blouet n’a donné au sien qu’une neuvième partie, d’où il résulte que les figures qu’il contient sont petites, mesquines et hors de proportion avec l’architecture, qui les écrase. Vitruve a le tort de donner comme règle générale cette proportion, qui est celle du fronton du Partliénon et n’est bonne que pour un octostyle; encore faut-il qu’il soit d’ordre dorique grec. Nous reprocherons aussi à Blouet de n’avoir pas toujours suivi Pausanias; cet auteur donne la description de deux longs bas-reliefs, placés évidemment, l’un audessus de l’entrée du pronaos, l’autre sur l’entrée du posticum (1), et dont l’idée, préexistante au temple de Thésée, devait recevoir son entier développement au Partliénon.
Nous avons dit que le temple d’OIympie élait proportionné sur le meme mode que celui de Ségeste; voici nos preuves :
(I) Pour lûeii comprendre ce passage, il faut se rappeler que, au temple d’Egine et au Partliénon, le pronaos et le posticum étaient fermés par des grilles.