‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 14 sur 296 · LIVRE PL — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE PL — CHAPITRE V

heureux essais, la contrée se civilisa, et l'art de fabriquer les simulacres des dieux ou de leur construire des édicules d' or se répandit (1). »

L’inscription de Rosette explique ce qu’on doit entendre par ces édicules appelées naos dans le texte g'rec. C’étaient des espèces de dais posés sur quatre colonnes au milieu desquelles est placée la statue d’un dieu ou d’un roi, et tels que ceux qu’on voit dans les bas-reliefs g*ravés sur les murs des temples ou peints dans les tombeaux. La même inscription dit aussi des « édicules d'or », mais on sait quelles étaient en bois doré et non en or massif (2).

Voici d’ailleurs le passag’e qui nous intéresse :

(( ... Qu’il soit consacré au roi Ptolémée (Epiphane) une statue et U une édicule d'or dans le plus saint des temples, que cette édicule soit « placée dans le sanctuaire avec toutes les autres, et que dans les « g'randes solennités où l’on a coutume de faire sortir du sanctuaire (( les édicules, on fasse sortir aussi celle du dieu Epiphane, etc. » (Inscr. de Rosette.)

Diodore affirme que « l’art de fabriquer les simulacres des dieux se « répandit sous le règ’iie d’Osiris » .

Or, selon Platon, cet art paralysé, par une loi, serait resté stationnaire à partir d’une époque fort voisine du temps où rég’nait Osiris. Et il ne faut pas perdre de vue que Platon a étudié en Ég-ypte, pendant treize années, chez les biéroga’ammates d’Héliopolis.

(( Il y a longtemps, dit-il, qu’on a reconnu chez les Egyptiens la « vérité de ce que nous disons ici, que dans chaque Etat la jeunesse « ne doit employer habituellement que ce qu’il y a de plus parfait en a fait de figure et de mélodie. C’est pourquoi, après en avoir choisi « les modèles, on les expose dans les temples, et il n’est permis, ni « aux peintres, ni à aucun de ceu.x f|ui pratiquent les arts du dessin, <c de rien innover au-delà des habitudes nationales. Cette interdic- « tion subsiste encore, et s’étend même à la musique tout entière. « A l’appui de cela, vous observerez en Egypte des peintures et des « sculptures faites depuis dix mille ans (je parle véritablement et non

(1) Diodore de Sic., liv. I, cliap. xiii, xiv, xv.

(2) Voyez, à cet égard, Drumann, p. 212.

« pour ainsi dire de dix mille ans), qui ne sont ni plus ni moins « belles que celles que l’on fait maintenant; en un mot, absolument « semblables aux œuvres du jour (1). »

L’époque indiquée par Platon cori'espond au règne d’Horus, fils d’Osiris. Selon Diodore, en effet : « Thotli, sous la dictée d’ Horus, rédi- « gea les règlements concernant les choses sacrées (2). » Il est donc fort présumable que V interdiction dont parle Platon faisait partie de

l<'ig. 1. — Phtha dans son édicule. — Bas-relief exécuté sous le règne de Rhainsès le Grand (xvii' siècle av. J.-C.), mais où la loi hiératique a été observée.

ces règlements. Cette interdiction a été rigoureusement observée tant qu’a duré la religion égyptienne. Ainsi, dans ces anciens temps, qui datent maintenant de plus de douze mille ans, la sculpture et la peinture avaient justement les qualités et l’imperfection de toutes celles produites depuis en Égypte.

Hâtons-nous d’ajouter qu’heureusement, cette loi hiératique ne

(1) Platon, Lcg., 1, p. (336, Stepli.

(2) Diodore de Sic., liv. I, cliap. XVi.

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