‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 15 sur 296 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

s'appliquait pas à la construction des temples. Ceux qui pensent que l’architecture est esclave de règ-les systématiques et absolues, doivent croire qu’un peuple qui assujettissait à des règ’les la peinture et la

sculpture, a dû à plus forte raison imposer des lois aux architectes. Une étude approfondie nous a prouvé qu’il existait, au contraire, dans l’architeeture ég-yptieijne, une variété de proportions très-étendue, et une g'rande liberté dans la composition des plans.

Il serait sans doute fort intéressant de savoir au juste à quel deg’ré

de perfection cet art était parvenu à l’époque reculée où la peinture et la sculpture se montraient déjà telles qu’on les a vues dans les âg*es postérieurs.

Malheureusement, il ne nous reste aucun indice matériel pour fixer, avec certitude, une opinion là-dessus. Toutefois, il est très-présumable que le temple d’Ammon, érig-é par le divin roi Osiris, était un sanctuaire entouré de piliers carrés, formant ce que les Grecs ont appelé un périptère. C’est du moins la plus simple et la plus ancienne disposition de temple connue.

Quant aux prog-rès faits depuis l’enfance de l’art jusqu’à cette époque, le parallèle suivant, où le type le plus archaïque se trouve en présence d’une édicule du xlvii® siècle, peut en donner une idée approximative.

N" 1. Phtha dans son édicule. Bas-relief exécuté sous le règ*ne de Rhamsès le Grand (xvif siècle avant J. -G.), mais où la loi hiératique a été observée (1).

N“ 2. Peinture du xlviP siècle (2).

Nous reprenons la suite chronolog*ique des faits.

« Bienfaiteur de la société et ambitieux d’acquérir de la g’ioire, Osiris forma le projet de parcourir toute l’Eg’ypte, dans le dessein de propag'er l’art de planter la vig-ne et de semer le froment et l’org-e. 11 se flattait qu’en appelant les hommes à un rég’ime de vie plus doux, il se rendrait, par l’importance d’un tel service, dig’ne de l’immortalité (3). Typhon qui, pendant l’absence de son frère Osiris, n’avait osé rien innover, parce qu’lsis administrait le royaume avec autant de vig*ilance que de fermeté, lui tendit des embûches, lors de son retour, et fit entrer dans la conjuration soixante-douze complices (4). »

Osiris périt victime de cette conjuration, après trente-cinq ans de règme.

« Les habitants de Ghemmis furent instruits les premiers de cet

(1) stèle gravée sur un rocher, à l'ouest de Silsilis. Lepsius, t. RI, pl. CLxxiv (vol. VII). (”2) Pyramides de Saquara, tombeau n® 16, V® dynastie. Lepsius, t. III, pl. lxi.

(3) Diodore de Sic., liv. I, chap. xvi.

(4) Plutarque, Traité ilTsis et d’Osiris.

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