CHAPITRE XIII
« On sait que, depuis Périclès, les murs d’Athènes ont été détruits plus d’une fois, par Lysandre d’abord, puis par Sylla, qui fît renverser par les soldats romains les fortifications relevées par Conon. Ce ne fut que vers le milieu du iif siècle de l’ère chrétienne, quand les premières invasions des Goths émurent l’Orient, que Valérien envoya aux Athéniens l’ordre de relever leurs murs. Ils le firent avec la précipitation que commandait le dang-er.
(( En même temps, ils rétablirent les tours qui flanquaient la porte à droite et à g*auche. Les Romains les avaient seulement rasées à neuf ou dix pieds au-dessus du sol. Au lieu de les reconstruire, les Grecs préférèrent enlever la terre qui cachait leurs fondations. Chaque tour g'randit ainsi du double, non parce qu’on l’élevait au-dessus du sol, mais parce que le sol s’abaissait au-dessous d’elle.
« Lorsqu’on eut emporté les terres et abaissé la pente pour élever les tours, il fallut naturellement placer au-dessous du niveau antique le bas du mur en marbre et le seuil de la porte. La différence est d’environ cinq pieds.
« La façade et la porte ainsi abaissées, la difficulté n’était que reculée. Comme on ne pouvait dérang-er l’économie entière de l’escalier, on tailla dans le palier une brèche en face de l’entrée, et on entassa dans ce petit espace sept marches roides et étroites (1). »
M. Lebouteux, ancien pensionnaire de Rome, a mesuré et dessiné tout ce que Reidé a découvert de nouveau aux Propylées, et c’est d’après ses dessins qu’ont été gravées les quatre planches annexées au premier volume de F Acropole d’Athènes,
La quatrième planche contient l’élévation et la coupe du mur de marbre, à l’échelle d’un centimètre pour mètre, et les détails de l’entablement dorique à l’échelle de huit centimètres pour mètre.
Les trig’lyphes de la frise correspondent parfaitement aux gmuttes de l’architrave, et, si les mutules ne correspondent pas aux axes des trig'lypbes, cela tient uniquement à la précipitation avec laquelle cette reconstruction a été faite; mais elles ont exactement la même larg-eur
(I) Beulé, l’Acrop. d’Ath., t. I, p. 99 à 1 1 L
et la même dimension d’axe en axe. Ces trois membres faisaient donc partie d’un seul et même entablement.
Le style est bien le même partout; quoi qu’en dise Beulé, aucun détail n’est arcbaïque; l’entablement tout entier est, au contraire, conçu dans les proportions et le style en usag’e au siècle d’Alexandre.