CHAPITRE IV
l’ordre dorique a l’époque de la renaissance.
Ecole italienne.
Léon-Baptiste Alberti, Serlio, Vig-nole, Palladio, ont successivement écrit sur l’architecture, particulièrement sur les ordres, et avaient d’abord étudié l’antique. Mais ces auteurs, justement célèbres d’ailleurs, ayant tous suivi Vitruve, ne nous apprendraient rien de nouveau sur le sujet qui nous occupe maintenant.
Bramante, Baltbazar Perruzzi, San Gallo, Pirro Lig-orio, au contraire, se sont formés directement sur l’étude des antiquités romaines, en s’affranchissant des règdes de Vitruve. Nous pensons donc qu’on les peut utilement consulter. Ces doctes architectes nous apprendront, en effet, que le dorique romain est, dans certains cas, comme le dorique g’rec, d’une grande élasticité et variable de caractère autant que de proportions.
Nous devons reconnaître avant tout, cependant, que les auteurs des traités d’architecture se sont montrés bien plus vitruviens dans leurs livres que dans leurs constructions, et, en outre, que Serlio d’abord, Palladio ensuite, admiraient les ouvrages de Bramante et en ont publié quelques-uns, principalement le petit temple de San Pietro hiMoniorio.
« Bramante, dit Palladio, fut le premier à mettre en lumière la « bonne et belle architecture, laquelle, depuis les anciens jusqu’à ce « temps-ci, était restée ensevelie. Il m’a paru raisonnable de placer « ses ouvrag'es parmi les monuments antiques, et j’ai mis en ce qua- « trième livre le temple suivant. » (Gbap. xvii.)
C’est-à-dire le temple de San Pietro in Montorio.
Ce remarquable petit édifice a été directement conçu d’après l’antique. Bramante avait en vue le temple de Vesta, à Tivoli, et, pour une raison quelconque, peut-être par économie, voulant le simplifier, il le