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CHAPITRE III

son extrême limite. Au temple de Minerve Poliade, par exemple, cette finesse a atteint un tel deg'ré que, si l’ordre, au lieu d’être assis sur trois g*radins, était seulement élevé sur un slylobate, les détails des chapiteaux et de Fentablement courraient g“rand risque de tomber dans la maig'reur. Que serait-ce donc si on les élevait au-dessus d’un premier ordre? De là une nouvelle espèce de modifications dans les ordres romains superposés. Après avoir compris qu’il fallait d’abord les harmoniser entre eux, on a été naturellement forcé d’admettre que les détails devaient avoir plus d’ampleur, surtout dans les étag*es supérieurs, où certaines sculptures eussent échappé à la vue.

Le théâtre de Marcellus, dont il ne reste d’ailleurs que les deux ordi-es inférieurs, ne nous offre qu’un premier pas fait dans cette voie. En supprimant les cannelures, si différentes dans le dorique et l’ionique, on s’est rapproché de l’unité de style. La proportion de huit diamètres, donnée à la colonne du premier ordre, paraît avoir été faite pour atteindre le même but ; mais c’est tout. Le dorique n’a point de base et conserve ses trig-lyphes. Enfin, les deux ordres sont restés à peu près ce qu’ils étaient dans les temples.

Pour trouver une harmonie g-énérale, une transformation complète, il faut descendre jusqu’au règ’ue de Vespasien et contempler le Colisée. Là, le dorique a reçu une base. Les trig’lyphes, qui, bien qu’ils ne représentent point les charpentes supérieures d’un bâtiment, comme on l’a dit, ont cependant un caractère de couronnement d’édifice (surtout si l’on conserve les mutules); les trig'lypbes, disons-nous, ont disparu. Les arcades se sont enrichies d’archivoltes en harmonie avec les impostes. Les détails, sans être aussi purs qu’au théâtre de Marcellus, ce qui est un tort, ont reçu toute l’ampleur désirable. La partie la plus remarquable est, sans contredit, l’enlablement du quatrième ordre, qui, par sa masse imposante, couronne tout l’édifice. Peut-être la nécessité de fixer les antènes a-t-elle donné naissance à cet heureux motif; mais pourquoi n’en pas faire honneur à l’architecte, qui, en tout cas, a su tourner cette difficulté au profit de l’art (1)?

(1) A l’appui de notre opinion, nous citerons l’ainphitliéâtre de Nîmes, où les antènes n’ont point donné lieu à un grand couronnement.

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