‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 208 sur 296 · LIVRE VIL — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIL — CHAPITRE VIII

Cette inscription, gravée sur une des antes du temple, est actuellement conservée au Brilish Muséum. Plusieurs voyag'eurs érudits (1) ont fait remarquer que si elle prouve que le temple existait déjà sous le règ’ne d’Alexandre, et probablement pendant les années 335 et 334, passées par le conquérant sur la côte d’Asie-Mineure, il n’est nullement permis d’en conclure que c’est là l’époque même à laquelle il fut construit, c’est-à-dire la date de sa fondation.

D’accord; mais il est au moins permis de croire que les Priéniens, moins fiers ou plus pauvres que les Éphésiens, ont profité des libéralités d’Alexandre. Or, celui-ci étant né en 356, deux ans seulement avant la mort de Mausole, n’avait que ving-t-un à vingt-deux ans lors de son séjour sur les côtes de l’Asie-Mineure. On ne saurait donc faire remonter la fondation du temple beaucoup au delà. D’ailleurs, quelque supposition que l’on fasse, cette fondation est bien certainement très-postérieure à celle du Mausolée. En outre de l’inscription, on a découvert, sous le piédestal de la statue de la déesse, deux superbes médailles d’or de l’époque d’Alexandre.

Ghandler et Revett ont mesuré et dessiné les détails les plus importants de cet édifice, dont les fraganents les mieux conservés furent alors transportés au Musée de Londres. Ils n’ont pas donné de plan ; mais, d’après l’étendue des ruines, ils ont judicieusement présumé que la façade du temple devait être liexastyle. La publication de leur ouvrag’e date de l’an 1769.

Juste un siècle plus tard, en 1869, des fouilles pratiquées à Prienne par M. Pullan , architecte angdais , délég’ué par la Société des Dilettanti, avec mission spéciale de déblayer le temple de Minerve Poliade, l’ont laissé dans un état de conservation assez complet pour que le plan ait pu être relevé très-exactement.

M. Albert Thomas, architecte pensionnaire de l’Académie de France à Rome, a heureusement entrepris ce travail et produit une restauration complète fort intéressante, exposée à l’Institut en 1874. D’après

(I) Clioi?eul-Gouffier, Rœck, M. Waddington, cités par M. Alb. Thomas, dans un mémoire annexé à sa restauration du temple de Prienne.

son plan, le temple de Minerve Poliade, à Priène, était du g’enre que Vitruve appelle périptère. Il avait, en effet, « six colonnes à la façade du devant, et onze sur chaque face latérale » , selon la définition de l’architecte romain qui cite pour exemple, non le temple de Priène, mais deux temples existant à Rome de son temps.

Aucune colonne h’ayant été trouvée entière à beaucoup près, M, Thomas, d’après ses dessins, leur a donné 9 diamètres.

Le diamètre inférieur des colonnes (selon Chandler) est de l'",29, et le diamètre supérieur de 1”,077. La diminution serait donc de 0”,213 ou l/6%05 (1).

Ces colonnes étaient à plomb, jusqu’au tiers de leur hauteur, et ensuite g’albées.

« Au moment des fouilles, les deux colonnes du posticum furent trouvées debout sur une bauteur de 3™, 50. Des chambranles en marbre étaient en place au droit des colonnes, ce qui prouve que le posticum était fermé au milieu par une porte; on a même retrouvé la corniche de cette porte (2). »

C’est le seul exemple connu dans l’architecture g'recque de celle disposition singulière qui rappelle les portes fermant les salles hypostyles des temples égyptiens. Comme celles-ci, la porte postérieure du temple de Priène ne devait pas, d’après ses dimensions exigaiës, occuper, à beaucoup près, toute la hauteur de l’entre-colonnement (3); le chambranle n’était qu’une cloison de 15 centimètres d’épaisseur.

Les antes du temple de Minerve Poliade, à Priène, ont une base qui n’est ni ionique ni attique, et dont le profil ne règne pas sur les murs longitudinaux comme à l’Erecblhéion. Leur chapiteau est composé de deux assises, et sa face principale n’est qu’une imitation dégénérée des antes ioniques de l’ Attique. Il se raccorde fort mal aux angdes avec les deux faces latérales dont le profil, tout différent, se

(I) Ces dimensions s’appliquent à l’ordre extérieur. M. Thomas a mesuré les colonnes du posticum qui ditïèreiit un peu. Le diamètre est, en moyenne, de l“,2Sd. Diminution, selon M. Thomas, 1/G.

(■2j M. Alh. Thomas, mémoire pi'écité.

(3; D’après les dessins, avec sa corniche, elle ne dépasse pas les 2/3 de cette hauteur.

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