LIVRE VIL — CHAPITRE VIII
compose d’un tailloir et d’un gTand chanfrein eintré, très-richement décoré d’ornements sculptés. Cette innovation se reproduira rég'ulièrement, plus tard, sur les trois faces, pour former un chapiteau entièrement nouveau.
L’architrave et la corniche sont complets.
Un certain nombre de frag-ments de petites fig'ures en has-relief ayant été trouvées, au moment des fouilles, dans le naos, M. Thomas croit que ces frag-ments appartiennent à une frise ayant contribué à la décoration du sanctuaire. Cette frise serait, en effet, trop petite pour l’entablement des façades. Mais il n’en est pas moins fort présumable que la frise extérieure, supposée nue par M. Thomas, était aussi ornée de bas-reliefs : le Mausolée avait trois frises sculptées, et nous ne connaissons, en Grèce et en Asie -Mineure, aucun temple d’ordre ionique ayant une frise sans ornements.
La proportion des entre-colonnements est remarquable en ce qu’elle rappelle, en partie, un principe cité par Vitruve : « La disposition (( systyle^ dit-il, est quand la larg-eur de l’enlre-colonnement est de « deux fois le diamètre des colonnes, et que les plinthes de leurs bases « sont éyales à l’espace quelles ont entre-elles (1). »
A Priène, l’entre-colonnement est juste le milieu entre le systyle et le pycnostyle, c’est-à-dire qu’il a un diamètre -et trois quarts. Mais, ta base ionique étant moins saillante que la base attique, les plinthes n’en sont pas moins parfaitement égales à l'espace qu elles ont entre elles (2).
Nous donnerons, à la fin du chapitre IX, un parallèle eomplet des auteurs cités par Vitruve comme ayant écrit sur l’ordre ionique. Mais Hermog’ène ne s’étant pas servi de la hase dite ionique, nous en donnerons, dès à présent, le tableau synoptique. Cette base dérive, évidemment, ainsi que la base attique, de celle du temple de Somos. Nous placerons donc cette dernière en tête de notre tableau.
(1) Vitmvc, liv. III, c. ii.
(2) Sur le plan coté de M. Thomas, les plinthes et leur espacement ont également l'",7G, excepté le milieu et les deux plinthes adjacentes, (|ui ont un centimètre de plus. Nous avons déjà dit que le diamètre était en moyenne de 1“,'283.
Yitruve ayant visiblement emprunté sa base ionique aux livres des architectes du temple d’Éphèse, du Mausolée et du temple de Priène, nous nous servons de son module, ég'al au diamètre des colonnes et divisé en dix-huit parties (1). Nous vérifions en même temps si cette base, au-dessus de la plinthe, se divisait en sept parties, comme le dit Vitruve.