‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 211 sur 296 · LIVRE VU · texte numérisé non relu

LIVRE VU

GIIAPJTRE VIII.

En résumé, d’après ce tableau, la division de la base ionique en sept parties proportionnelles est une tradition de l’école ionienne, remontant jusqu’au plus ancien temple d’ordre ionique, du moins parmi ceux dont on retrouve les ruines. Vitruve nous a fidèlement transmis cette tradition, car les monuments justifient pleinement ce passag*e de l’auteur latin :

« La base ionique, au-dessus de la plinthe, doit être divisée en sept « parties; il faut en donner trois au tore d’en haut, puis diviser en « deux parties ég'ales les quatre qui restent, et faire de la moitié. d’en « haut la scotie supérieure avec ses astragales et ses filets (1); l’autre

« moitié sera pour la scotie inférieure Les astrag*ales auront la

(( huitième partie de la scotie (2), »

Cet important passag’e, confronté avec les édifices construits par les anciens auteurs, prouve que Vitruve entend par le mot astragale ce que nous appelons baguette, et par supercilio ce que nous nommons filet ou listel. Chaque scotie comportant trois bag-uettes et deuxfdets, Perrault a eu tort de traduire astragale au sing’ulier. C’est au contraire filet {supercilio ) qui devait être au pluriel dans le texte orig'inal (3).

Cette acception donnée au mot astrag’ale, par Vitruve, surprendra moins si l’on se rappelle que l’astrag’ale des colonnes du vieux temple toscan d’Alba Fucensis se compose d’une simple hagaiette sans filet. Nous trouverons bientôt, dans Vitruve, cette même acception employée pour désig’ner labag’uette seule dans l’astrag'ale couronnant le fût des colonnes ioniques.

La proportion d’un demi-diamètre ou neuf parties, données par Vitruve à la hauteur totale de la base, dont trois parties pour la plinthe carrée, ne se trouve pas dans les œuvres des architectes mentionnés dans notre tableau, mais elle a pu être empruntée à des auteurs moins anciens.

(1) Cum suis astragulis et supercilio.

(2) Liv. III, cliap. III.

(3) PoiTiiiilI, ainsi que Vignolo, imliipio seulement les deux Lagucttes séqiarant les senties. Dans ranti<[ue, il y en a deux en di'ssus et deux en dessous : six en tout.

Sans aller plus loin, on peut reconnaître déjà une manière différente dans les trois bases qui sont à peu près contemporaines.

Celle de Phyteus est bien moins haute que la partie circulaire de la base de Philéos, etc. On a donc eu tort de faire de ces deux architectes une seule et même personne. Nous verrons, d’ailleurs, par la suite, des différences plus notables entre eux.

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