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CHAPITRE X

« Hermog'ène, selon Vitruve, « écrivit sur le temple de Diane, en « Mag'nésie, qui est pseudocliptère et d’ordre ionique (1). » Et Vitruve dit plus loin de cet architecte : « Ses ouvrag’es méritent d’être consi- « dérés comme la source où la postérité a puisé les meilleurs préceptes (( de l’architecture (2). »

Strahon confirme cette honorable appréciation : « Le temple de (( Diane Leucophryne, dit-il, qui, par la g*randeur de l’édifice et « par la quantité des offrandes, est inférieur à celui d’Ephèse, le (( surpasse de beaucoup par l'art avec lequel il a été construit ; et même , (( sous le rapport de la grandeur, excepté le temple de Diane d’Ephèse « et celui d’Apollon Didymée, il l’emporte sur tous les temples de « l’Asie (3). »

Ce monument mérite donc une attention toute particulière.

M. Clerg-et, ancien pensionnaire de l’Académie de France, après avoir terminé ses études à Rome , a été charg’é d’une mission en Asie- Mineure et a fait, en 1842, une fort belle restauration du temple de Magniésie. Ce remarquable travail, composé de sept dessins, a été exposé au Salon de 1844. Il ne fait malheureusement pas partie de la collection conservée à la Bibliothèque de l’Ecole des Beaux-Arts ; mais, g-râce à l’oblig’eance de M. Clerg’et, nous en avons une connaissance parfaite.

Le temple de Diane, à Mag-nésie, était en effet « pseiidodiptère et « octostyle, avec quinze colonnes sur les faces de côté, en comptant (( celles des angdes, plus un pronaos et un posticum ayant chacun « deux colonnes entre leurs antes (4). »

Nous voici, comme on le voit, en présence de l’œuvre d’un architecte apprécié par Vitruve, et ayant écrit sur ce même monument. Nous allons donc savoir au juste ce qu’il faut penser du légâslateur de l’architecture et de sa doctrine.

Ne nous arrêtons pas à l'invention de l’octosUjle , attribuée par l’auteur

(1) Liv. vn, préface.

(2) Liv. II, chap. III.

(3) Stralion , liv. XVI, p. 647.

(4) Vifruvo, liv. 111, rliap. i.

mSTOIlîE ET ÏTlÉOlUE DE L’Alî CHlTE(7rUME.

latin à Hermog’ène, qui vivait plus d’un siècle après les architectes du Parthénon. Si Herniog’ène n’a pas inventé l’octostyle , on lui doit au moins la création importante du pseudodiptère, qui nous apparaît pour la première fois à Mag*nésie.

Selon Vitruve : <( La disposition custijle est la plus approuvée, et (( elle l’emporte, sans nul doute, sur toutes les autres en commodité, « beauté et fermeté; on l’obtient en donnant deux diamètres et un quart « à la larg'eur des entre-colonnements. Pour obtenir cette disposition , « il faut , sans compter la saillie des bases, diviser la face du portique (( en onze parties et demie, si l’on veut faire un tétrastyle; en dix- «■ huit, si l’on veut faire un hexastyle, et en vingt-quatre et demie ^ si ce « doit être un octostyle. Or, soit quel' on fasse un tétrastyle, un hexastyle « ou un octostyle, une de ces parties sera le module, c’est-à-dire la « mesure qui déterminera la g’rosseur des colonnes; de sorte que « chaque entre-colonnement , excepté celui du milieu, qui doit avoir (( 3 modules, aura 2 modules et un quart... La hauteur des colon- « nés sera de 8 modules et demi (1). »

Et Vitruve ajoute comme conclusion : « Hermog’ène est celui qui a « trouvé toutes ces proportions f2). »

Or, un temple octostyle conçu suivant les principes que nous venons de citer, aurait beaucoup trop de larg-eur comparativement à sa hauteur, ainsi que le prouve la façade du temple de Diane à Epbèse (3), et ce n’est point du tout Hermog’ène qui a trouvé cette incomparable disposition de l’eustyle applicable à tous les g’enres de temple, quel que soit le nombre des colonnes sur la façade.

La face octostyle du temple de Mag’uésie se divise en vingt-deux parties (4), et non en vingt-quatre parties et demie.

La bauleur des colonnes est de neuf modules ou diamètres, et non de huit modules et demi.

(1) Liv. 111 , clin]>. 11.

(2) Liv. 111 , rliap. ii.

(3) Voyez celte façade dans l'ouvrage do M. VVood, eilé plus haut, cha|i. vi de noire liv. Vll.

(4) L’est-à-dire 21 + 1, lleiaiiogène ayant donné un diaTuètre en plus à l’eidi'o-colonnenient du niilieii.

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