LIVRE VII. — CHAPITRE X
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Les enlre-colonnemenls ont de larg’eiir un diamètre et six septièmes, et non deux diamètres et itn quart.
Et les proportions d’Hermog*ène sont log-ique; en voici la preuve :
Il existe dans l’antiquité un principe fondamental très-important, dont Vitruve n’a pas même soupçonné l’existence; ce principe, que nous avons déjà entrevu à l’Ereclittiéion , nous le remettons en évidence parce qu’il s’affirme de plus en plus. Il se formule ainsi :
Plus les colonnes sont nombreuses sur la façade d'un temple , plus elles doivent être serrées.
Nous sommes en mesure maintenant de citer plusieurs exemples à l’appui de ce précepte.
Le temple de la Victoire sans ailes et le temple de Pandrose à Athènes , ainsi que le temple situé près de l’Ilissus , sont tous trois té trust y les.
Ils ont tous leur entre-colonnement de plus de 2 diamètres de
larg-eur; la moyenne est de 2 diamètres 1/3.
Le temple de Minerve Poliade à Athènes est. . . . hexastyle.
La larg’eur de son entre-colonnement est de. . . 2 diamètres.
Le temple de Diane à Magnésie est octostyle.
La larg’eur de son entre-colonnement est de. . . 1 diamètre 6/7.
Le temple d’Apollon à Milet esl décastyle.
Son entre-colonnement est presque pycnostyle: il a 1 diamètre 2/3. . On le voit par ce parallèle : de même que ['arœostyle n’est applicahle qu'aux temples toscans, Xeustyle ne convient qu’à une façade tétrastyle. Peut-être Hermog’ène a-t-il imaginé de donner des noms divers aux entre-colonnements , selon leurs proportions, mais sans fixer précisément leur largeur : pycnostyle veut dire que les colonnes sont serrées; aræostyle, f[u’elles sont très-écartées , etc.
Vitruve, après avoir cité les noms des nombreux architectes grecs ayant écrit sur l’architecture, ajoute : « J’ai pris dans les livres de « tous ces auteurs ce dont j’ai jugé pouvoir me servir pour me faire (( un recueil (1). « Pourtant ce n’est pas à Hermogène, quoi qu’il en
(I) Liv. VU, préface.
dise , qu’il a emprunté sa théorie des entre-colonnements. Son système , sur ce point, s’il n’est pas de lui , est certainement pris ailleurs qu’ «d « la source où la postérité a puisé les meilleurs préceptes de V architecture ».
Toutefois, il est juste de reconnaître que Vitruve nous a transmis exactement les principes de la base ionique. Il a pris de même, dans les livres des architectes ioniens, les proportions de la base attique et des chapiteaux d’ordre ionique; mais il igmorait complètement les préceptes de l’école attique, les architectes athéniens n’ayant point , à ce qu’il paraît, écrit sur l’architecture.
Quanta l’entablement ionique, il est très-difficile de suivre Vitruve.
Ainsi qu’il l’avait fait pour le dorique, il ne donne à l’architrave ionique qu’une hauteur égale à un demi-diamètre de colonne ; et, qui pis est , cet architrave devient le module du surplus de l’entablement. La frise a les trois quarts de la hauteur de l’arc-hitrave. Mais, ce qui est à peine croyable, ce même architrave, diminué d’une septième partie, est sid^divisé en douze autres parties dont quatre sont en réalité le module de la corniche. Comprenez-vous?
Enfin, selon ce système, l’entablement n’aurait que I module 7 parties.
Selon Vitruve, la colonne ionique doit avoir huit diamètres et demi de hauteur.
Donc , suivant le même auteur , l’entahlement n’aurait que la sixième partie de la hauteur de la colonne. Un entaldement de cette proportion serait maig’re, mesquin, et point du tout en harmonie avec des colonnes de 8 diamètres et demi.
Les Grecs, adoptant le mode égyptien, régulèrent avant tout le rapport qui doit exister entre la colonne et l’entablement; les modernes ont fait de même. Néanmoins, dans le livre de Vitruve, il n’est question nulle part de cet important principe.
En parlant du Mausolée, nous avons cité le système de Vitruve sur la diminution des colonnes; mais ce n’est que la première partie de ce système; l’auteur le complète ainsi : « La hauteur des colonnes doit « régler la proportion des architraves (1 ). » Et il ne s’agit pas de la
(I) Uv. lil , rli;ip. III.