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CHAPITRE XI

l’ordre IO-N'IQUE, sixième époque. ÉCOLE ^Ol^’IENi^E.

§ 1. — Le Temple dit de Bacchus , à Téos.

Chancller et Revett n’ont découvert aucun vestig*e du plan de cet édifice, et c’est seulement d’après Vitruve rpi’ils en ont donné une façade restaurée (1). Vitruve dit, en effet : « Nous n’avons pas de tem- « pie eustyle à Rome, mais on en trouve un exemple à Téos, ville (( d’Asie, dans un temple octostyle dédié à Racclms(2). »

Les mêmes auteurs citent encore deux passag’es de l’architecte romain :

P « Hermog’ène, ayant beaucoup de marbre pour bâtir un temple « dorique à Racebus, cbang-ea son dessin et le fit ionique (3). »

2“ « Hermog’ène écrivit sur le temple de Diane, etc., et sur celui de Racebus qui est monoptère , en File de Téos (4). n Les auteurs des Antiquités ioniennes proposent de lire diptêros au lieu de monopteros , sans s’appuyer sur aucune autorité.

On a trouvé, à Téos, les principaux détails des colonnes et de l’entablement d’un temple d’ordre ionique. Mais c’est tout ce qu’on sait de certain. On ne connaît pas d’autre élément pour en faire la restauration.

(1) Antiq. ioniennes, I. I, dmp. i, jil. 2.

(2) Liv. III, cli.'ip, U.

(3) l.iv. IV, chap. ni.

(1) I-iv. ^'ll, prrl'acr.

LIVHE Vil. — CllAPlTIîE XI.

Mei’mog’ène a bâti un tomple ionique à Bacchus, soit; mais Vitruve ne dit pas que ce fût clans la ville de Téos, Le temple suc lequel Hermog’ène écrivit était monoptère, et non diptère ou pseudodiptère, et Vitruve demande pour le g'enre monoptère des colonnes de 10 diamètres de hauteur, c’est-à-dire la proportion des colonnes corinthiennes.

D’après les citations qui précèdent, il y aurait eu, en effet, à Téos, deux temples dédiés à Bacchus, Le pi’emier avait sa façade octostyle avec entre-colonnements eustyles ; mais c’est tout ce qu’on sait : Vitruve ne nous apprend pas de quel ordre il était et ne nomme point l’architecte.

Le second était monoptère, prohahlement d’ordre corinthien, et véritablement attribué à Hermog'ène. Par malheur, de ce temple il ne reste absolument rien. On en peut dire autant du temple transformé de dorique en ionique par le même architecte, et consacré à Bacchus dans nous ne savons quelle ville.

Si les divers textes de Vitruve ne donnent aucune indication précise, peut-être les ruines mêmes nous g-uideront-elles mieux dans la recherche de l’auteur de l’édifice.

Après avoir étudié les fragnnents d’ordre ionique trouvés à Téos , on peut hardiment affirmer f[u’ils ne sont point de l’architecte du temple de Diane à Magmésie ; ce n’est pas la même manière. Les chapiteaux, principalement, sont fort différents et très-inférieurs à ceux d’Hermog'ène ; c’est un premier pas vers la décadence et un indice certain de postériorité.

Hypothèse pour hypothèse, nous croyons être plus près de la vérité eu appliquant au sujet que nous traitons ce passag’e de Vitruve à propos du pseudodiptère : « Il ne se voit point, à Borne, d’exemple « de celte sorte do disposition; mais il s’en trouve en la ville de « Magmésie, dans le temple de Diane, hàti par Hermog’ène Alahan- « din, el dans celui d' Apollon hdti par Mnestès. » (Liv. III, c. i.)

Nous ferons observer : 1“ qu’IIermog’ène étant l’inventeur du pseudodiptère, Mnestès, qui l’imita, lui est forcément postérieur; 2“ que les tenqdes construits en Asie-Mi neure, postérieurement à Hermog’ène,

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du moins ceux qui nous sont connus , sont tous du g'cnre pseudodiptère, témoins le temple de Vénus à Aphrodisias et celui de Jupiter à Œzani.

Or, le temple de Téos étant, par son style, évidemment postérieur à l’invention d’Hermog'ène, il est fort présumable qu’il était pseudodiptère; et rien ne prouve que ce ne soit pas celui que Vitruve avait en vue quand il a cité un second exemple de ce g’enre de temple.

Quoi qu’il en soit , nous terminerons notre étude sur cette long-ue période par le temple de Téos, présumé consacré à Apollon et bâti par Mnestès; et il fîg’urera dans nos tableaux synoptiques, où l’on pourra l’apprécier à sa juste valeur.

§ 2. — - Pî'opor lions de l’ordre ionique , selon l’école ionienne.

Nous avons donné les proportions de la base attique, selon l’école athénienne (tableau n° 3), et les proportions delà base ionique (tableau n° 3). 11 nous reste à faire connaître la base attique selon l’école ionienne.

Hermog’ène, le premier, substitua la base attique à la base ionique, jusqu’alors seule en usag’e dans l’Asie-Mineure. Mais, en conservant de cette dernière la plinthe carrée, Hermog’ène fut naturellement forcé de modifier la base athénienne qui, aug'mentée d’une plinthe, eût été trop haute.

Toutefois, la base de l’Erechtliéion étant, sans contredit, la plus belle, on pouvait en diminuer la hauteur sans chang’er le rapport de ses trois parties entre elles. C’est ce quq. nous mettons en évidence dans le tableau suivant, où nous prenons pour module, non le diamètre , mais la hauteur de la base (sans plinthe), divisée en six parties, comme le fait Vitruve.

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