LIVRE VII. — CHAPITRE X
liaiiteur proportionnelle des colonnes, mais bien de leur g’randeur réelle en exécution. Par exemple : « Si la colonne a 15 pieds , on « donnera à l’ architrave un demi- diamètre de hauteur. » Mais, si elle a plus de 15 pieds, il faut donner à l’architrave plus d’un demimodule, etc., etc.
La raison qu’en donne Vitruve est que « plus la vue s’étend en haut, « plus elle a de peine à pénétrer l’épaisseur de l’air)). Perrault fait judicieusement observer que « l’épaisseur de l’air ne diminue et necliang’e (( que le eoloris et non la fîg’ure des choses, qui ne dépend que de « l’ang-le des rayons visuels, qui est plus petit à mesure que les objets (( sont plus éloig’ués ». Nous ajoutons qu’une façade eomportant des colonnes de 30 pieds, vue h deux cents pas de distance, aurait exactement le même aspect qu’une autre identiquement proportionnée, mais avec colonnes de et vue à la distance de 79^7.9, parce
que Pang'le des rayons visuels serait le même. Enfin, veut-on un exemple? L’ordre corinthien de la façade de Saint-Pierre , à Rome, est proportionné selon la méthode g’énéralement en usag'e alors : le col des eolonnes et la hauteur de l’architrave n’ont point été aug’mentés. Eh bien, quoique les colonnes aient plus de 80 pieds de hauteur, l’aspect ordinaire n’a pas chang’é; même, à toutes les distanees, les proportions paraissent convenables et telles qu’elles ont été établies.
Les architeetes anciens. Dieu merci, n’étaient pas si savanls que Vitruve.
D’abord ils ont g’énéralement donné aux architraves, si petites que fussent les’cülonnes , beaucoup plus d’un demi-diamètre de hauteur.
Dans l’école attique, les architraves ioniques ont toujours, en moyenne, une hauteur de huit neuvièmes de diamètre.
Dans l’école ionienne, la hauteur des architraves est au moins de trois quarts de diamètre.