‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 22 sur 296 · LIVRE LL — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE LL — CHAPITRE VIII

demi-dieux. Ges derniers forment deux dynasties. La première, composée de huit rois dont les noms ont été plutôt traduits que transcrits par les auteurs g’recs, nous est parvenue avec la durée de chaque règ’ne.

Les demi-dieux ont rég’né en tout pendant quatre cent treize années.

Puis, les rois déchurent encore, et ne furent plus considérés que comme simples mortels. Ges anciens rois, proprement dits, se g’roupent en trois dynasties.

La première a duré cinq cent quatre ving't-dix-sept ans.

Malg'ré le laconisme de l’histoire sur ces souverains sans renommée, elle contient cependant des indications de nature à étonner l’esprit. Ainsi, la seconde de ces dynasties se composait de « trente rois memphites », c’est-à-dire orig'inaires de Memphis. La fondation de cette ville célèbre est donc antérieure aux antiques Pharaons dont il est ici question, et par conséquent à l’an 8388 avant Père chrétienne. Getle haute antiquité nous surprendra moins si nous réfléchissons que, vu la nature du sol de l’Ég’ypte, on peut facilement expliquer les contradictions apparentes qui existent dans les divers auteurs qui ont parlé de Memphis.

(( Il est naturel de croire, dit M. de Rozière, que les architectes ég’yptiens ne connaissant pas bien, dans les premiers temps, le phénomène de l’exhaussement prog*ressif du sol de la vallée et des inondations, ou ne considérant les premiers effets qu’ils en avaient remarqués que comme un événement accidentel et sans conséquence pour l’avenir, les temples n’étaient pas placés alors à une élévation aussi considérable que celle où ils ont été portés depuis, ce qui est d’ailleurs confirmé par l’histoire; de sorte qu’au bout d’un petit nombre de siècles, leurs fondations se trouvaient atteintes par les eaux pendant les débordements, ce qui en amenait la prompte destruction (1). »

La même cause a dû surtout, après une certain nombre de siècles, rendre inhabitables les plus anciennes villes, et les rois qui les firent rebâtir sur un sol plus élevé, et sans doute aussi avec plus de magaiificence, ont pu faire oublier les premiers fondateurs.

La troisième dynastie de rois nous sug*g*ère une observation ana-

(1) Descr. de l'Égypte, t. XXI, p. 45 de l’édition Panckoucke.

log’ue à celle que nous venons de faire : elle était orig’inaire de Teinis, qui paraît être la même que l’ancienne Tennis, ville située dans le Delta, près de la mer. Or, il est fort remarquable que Memphis et Teinis ont fourni aussi les quatre premières dynasties, à partir de Ménès, ce qui vient à l’appui de notre opinion sur la civilisation née dans le Delta, et prouve la long-ue prédominance de la Basse-Eg'ypte sur les contrées supérieures.

Memphis n’est pas la seule ville importante qui remonte à une haute antiquité. Selon Platon (I), un vieux prêtre de Sais disait à Solon : « Depuis l' établissemmt de notre ville, 7ws livres sacrés parlent d'un espace de huit mille ans. » Solon vint en Eg’ypte vers l’an 560; la fondation de Sais remonterait donc à l’an 8560 environ , c’est-à-dire près de deux siècles avant l’ancienne dynastie des rois memphites.

Les trois dynasties dont nous venons de parler ont eu ensemble une durée de mille trois cent un ans. Ces anciens rois ont rég*né, par conséquent, jusqu’à l’an 7685.

L’Eg’ypte, malg’ré la profonde sag*esse de ses lég’islateurs, ne fut pas toujours, même dans les premiers âg’es, à l’abri des révolutions. A l’époque où nous sommes parvenus, on ambitionnait déjà la suprématie et, pour y parvenir, on sapait le pouvoir royal. Le g’ouvernement monarchique existait depuis trois mille huit cent ving"t ans, lorsqu’il fut tout à coup renversé par la caste sacerdotale.

Cette caste avait en Eg-ypte une extrême influence. Elle paraît avoir mûri et préparé de long’ue main le projet de s’emparer de l’autorité suprême. Depuis les brillants règmes d’Osiris, d’Horus et de Tlioth, le pouvoir royal était g’raduellement déchu de son ancienne splendeur. Les rois perdii’ent en g’rande partie leur prestig’e lorsqu’ils ne furent plus divinisés qu'à demi. On les priva ensuite de toute considération,

aux yeux des Egyptiens, en abolissant entièrement cet antique usage.

La forme du pouvoir théocratique, qui succéda à la monarchie, ne nous est pas parfaitement connue; on sait seulement que la théocratie constitue une longue période désig’uée sous le titre de Règne des mânes

(1) Tiiiiéo.

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