LES DEMI-DIEUX, LES ANCIENS ROIS, LA THÉOCRATIE
Nous disions tout à l’heure que l’on compta d'abord, en Ég’ypte, par années de trente jours.
On compta ensuite par années ou saisons de quatre mois, et cette manière de diviser le temps est parfaitement conforme à la nature du pays, où les champs offrent trois tableaux différents, suivant les trois saisons de l’année ég’yptienne.
Amrou, le sauvag*e lieutenant d’Omar, résumait ainsi ces trois différents aspects : « L’Eg'ypte présente successivement l’imag’e d’un champ de poussière, d’une mer d’eau douce, et d’un parterre de fleurs. »
On compta donc, à partir de l’an 9398 avant notre ère, par années ou saisons de quatre mois. Mais il était impossible que les Eg*yptiens n’eussent pas alors une connaissance, au moins approximative, de l’année solaire. La succession rég’ulière de leurs trois saisons et, avant tout, la crue périodique du Nil, avaient dû leur en donner de bonne heure une idée. Selon Plutarque (1), en effet, Thoth, le même Hermès qui, comme nous l’avons vu, « avait observé l’ordre des révolutions des astres )) , Thoth ajouta cinq jours épagomènes ou complémentaires à l’année, qui auparavant n’avait que trois cent soixante jours; ce fait est confirmé par les monuments. Néanmoins, la force de l’habitude avait fait conserver dans les annales, par des motifs religieux sans doute, l’ancienne manière de supputer le temps, et il en fut ainsi jusqu’au règ*ne de Ménès.
Après la période des dieux , les rois ne reçurent plus que le titre de
(I) Traité (ITsiti et il’Osiris.