LIVRE VIL — CHAPIÏRE XL
Ce parallèle met en évidence un fait important. C’est que les arcliitectes ioniens, en donnant plus d’importance à la corniche, ont eu soin de l’ag'randir principalement aux dépens de la frise, membre purement décoratif, afin de pouvoir respecter, autant que possible, le g*rand principe selon lequel rarcbitrave doit être puissant, parce qu’il supporte tout le fardeau des parties supérieures.
Le minimum de hauteur de l’architrave est :
Selon l’école attique, de 15 parties 21 centièmes;
Selon l’école ionienne, de 13 parties 2 centièmes;
Selon Vitruve, de. . . . 9 parties!!
Cette dernière proportion ne se trouve g-uère que chez les Etrusques, où sans doute Vitruve l’aura prise. Ceci nous rappelle que le point de départ des Etrusques est un très-mince architrave de bois, tandis que les Grecs sont partis de l’architrave ég'yptien.
Vitruve a eu doublement tort : d’abord, en donnant à l’architrave ionique une proportion étrusque; ensuite, en prenant pour terme de comparaison ce même architrave, il a rendu son texte inintellig’ible. Et pourtant il a puisé quelque chose dans les livres des architectes ioniens, mais on ne le comprend qu’en prenant le véritable terme de comparaison. Pour la corniche, par exemple, le module est certainement le même que pour les hases et les chapiteaux. La corniche, sous les frontons, se compose en effet de deux assises ordinairement ég’ales en hauteur, comme le dit Vitruve : le dentelé forme la première assise; la seconde est formée par la couronne ou larmier avec sa petite moulure supérieure nommée cymaise par Vitruve. Ces deux assises ont ensemble partout, sans distinction, un demi-diamètre de hauteur. La g’rande cymaise ou cymaise de couronnement, régmantsur les façades latérales, forme la troisième assise, et elle est véritablement plus g’rande que la couronne d’environ une huitième partie, toujours suivant Vitruve. Enfin , selon le même auteur , la frise doit avoir les trois quarts de la hauteur de l’architrave, et c’est bien la proportion
moyenne des monuments ioniens. Mais ici Vitruve tombe dans une erreur profonde. Suivant lui, la frise, lorsqu’elle est ornée de fîg'ures sculptées, doit avoir la hauteur de l’architrave plus un quart. En sui-
Du temple de la Victoire sans ailes,
Du temple sur les bords de l’Ilissus.
De rintérienr des Propylées.
Pig. 98,
vant cette doctrine, la jiroportion de l’entablement, subordonnée à un détail d’ornementation , serait horriblement faussée. Ce n’est point ainsi que les Grecs entendaient l’harmonie des proportions : la frise du Mausolée et celle du temple de Diane à Mag’nésie, les seules qu on ait