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ORIGINE DU CHAPITEAU CORINTHIEN

Selon Vitruve , ou plutôt selon les auteurs cités par lui, les Grecs, ayant imité dans les colonnes doriques « la proportion, la force, la simplicité nue et négdig'ée du corps d’un homme , et dans les colonnes ioniques la délicatesse et les ornements de celui d’une femme, donnèrent aux colonnes corinthiennes la délicatesse d’une jeune fdle à qui l’âg’e rend la taille plus dég’ag’ée et plus susceptible de recevoir les ornements qui peuvent aug'menter la beauté naturelle (1) ». Ces ing’énieuses analogues ont quelque vraisemblance et sont g’énéralement admises par les esprits judicieux. Mais, lorsque Vitruve attribue à Gallimaque l’invention du chapiteau corinthien, il ne fait que rapporter une des nombreuses fables inventées parles Grecs pour dissimuler leurs emprunts aux peuples voisins plus anciennement civilisés qu’eux.

Ainsi que nous l’avons vu précédemment, l’ordre ionique et surtout l’ordre dorique sont dMrig'ine ég'yptienne. L’idée première des colonnes corinthiennes a été ég’alement empruntée à l’Ég'ypte. Déjà,

(1) Liv. IV, c. I.

m HISTOIRE ET THÉORIE DE L’ARCHITECTURE.

du temps de Quafremère de Quincy , on avait une idée exacte de la v^éri table orig-ine du chapiteau corinthien. Dans un ouvrage publié en 1803, parce célèbre antiquaire, nous remarquons les passages suivants : (( On a déjà dit que les Egyptiens se plurent à transporter dans « leur architecture beaucoup de détails de plantes et de productions a naturelles de leur pays. Je sais que plusieurs écrivains se sont per- « suadés que le type du chapiteau corinthien (qui est le même que le « chapiteau évasé de l’Egypte) est la forme d’un vase. J’aurai occasion « de reparler de cet emprunt fait par les Grecs aux Égyptiens. Pour « le présent, je me contente de dire que si c'est en Égypte qu’il faut (( aller pour découvrir la première indication de cette forme , il est « plus que douteux qu’un vase ait donné naissance au chapiteau en « question (1). «

Le même auteur ajoute plus loin : « Lorsqu’on voit le chapiteau à « campane de l’Égypte , recouvert de plantes de diverses espèces , (( offrir des points de ressemblance avec le chapiteau corinthien, il « faut bien avouer qu’une telle ressemblance serait un prodige si U elle n’était pas une imitation. Concluons donc que les Grecs ont « adopté la forme et la décoration du chapiteau corinthien.

(( Ainsi ce chapiteau est une invention de l’Égypte, en tant que sa « forme et le motif de sa décoration sont nés dans ce pays. Mais il « restait aux Grecs à faire en ce genre divers changements qui peu- « vent aussi passer pour des inventions. C’est en Grèce que ce chapi- « teau reçut une forme constante et déterminée, et surtout l’ajuste- « ment heureux de ses feuillag'es , de ses volutes , de ses cauli- « cotes (2). 1)

Nous avons vu, plus haut (3), que la forme du « chapiteau évasé de l’Égypte » a été, dès les temps très-anciens, imitée directement de la fleur épanouie du lotus , d’ahord dans les colonnettes de bois , plus tard dans les colonnes de pierre à fiit cylindrique. C’est à ces dernières que les Grecs ont emprunté l’idée du chapiteau corinthien et en ont

(1) De r architecture égyptienne, p. 110.

(3) Liv. R.

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