‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 239 sur 296 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Fig. 104

A Ephebeum.

B Coriceum.

G Conisterium

D Bain d’eau froide. G Propnigeum.

E Eltæhesium. II Étuve voûtée.

F Chambre froide.

Nous avons entrepris, d’après tous ces documents , un essai de restauration de la palestre d’Adrien.

Selon Vitruve, « les palestres doivent avoir des péristyles carrés ou « carrés-longs de deux stades de tour. »

Selon Stuart : « L’espace renfermé dans les murs extérieurs [de V édifice quil appelle Stoa) est un vaste parallélog'ramme de 376 pieds de long* sur 252 pieds de larg*e. » Ces dimensions donnent un pourtour de 1,256 pieds angolais cpii font 382“, 83. Or 2 stades olympiques font 370“, 37.

Pausanias dit que « les portiques d’Adrien étaient formés par ceut « vingt colonnes de marbre de Plirygie. »

Dans notre plan restauré d’après les vestig*es, ces portiques, exactement disposés comme l’a fait Palladio, sont formés par cent vingt colonnes.

« On trouve encore les traces du portique qui rég’nait tout autour du péristyle » et les restes non équivoques de trois exèdres le long d’un de ces portiques, toujours suivant le texte de Vitruve.

Les exèdres, et surtout l’ephebeum, devaient contenir les livres dont parle Pausanias.

Le mur du fond existe et présente une particularité remarquable. C’est une saillie extérieure , au milieu , qui a dû être faite pour élarg^ir la salle principale, l’Epbebeum, que Vitruve place en effet au milieu et qu’il dit être spacieuse. Dans l’espace compris entre ce mur et le portique double, on peut reproduire, presque littéralement, la partie correspondante du plan de Palladio, très-conforme à la description de Vitruve.

Le plan ci-joint explique plus clairement notre pensée en la complétant.

Ce plan ne comporte ni xyste ni stade. Vitruve a réuni dans une même enceinte ce qui était le plus ordinairement séparé : Athènes possédait trois g’ymnases et ou moins un stade.

GTIAPITPvE V.

SUITE DU CHAPITRE PRECEDENT

Le Temple de Jupiter Olympien à Athènes.

Nous avons déjà dit plus haut (livre V) que le temple de .Jupiter, à Athènes, fut la plus importante entreprise du règme de Pisistrate. On ne connaissait alors que la disposition du périptère hexastyle et l’ordre dorique, témoin le temple de Jupiter à Olympie , érig’é long-temps après. D’ailleurs les quatre architectes romains dont parle Vitruve ne firent que les fondations, et le temple resta quatre cents ans dans cet état.

« I^’an 174 avant J. -G., Antiochus Epiphane, roi de Syrie, fit reprendre les travaux par l’architecte Cossutius, citoyen romain. On ne doit point être surpris, dit Beulé , de voir Antioclius employer à Athènes un architecte romain. Emmené de bonne heure à Rome comme otag-e, après que son père, Antiochus le Grand, eut subi la loi des Romains, il y connut Cossutius et se l’attacha (1). »

Il charg-ea donc Cossutius de la construction du temple de Jupiter Olympien à Athènes. Suivant Vitruve, « il le fit d’ordre corinthien, et y acquit beaucoup d’honneur par le talent qu’il déploya dans le plan de la nef, dans la distribution des colonnes qui l’entourent et en forment un diptère. Aussi cet édifice était-ü en g’rande réputation , et il y

(I) WM. de l’Art grec avant Périelés, p. UU-.

en avait peu qui pussent l’ég'aler en mag’nifîcence (1). » Vitruve dit

plus haut (2) : « hypiv.thre est décastyle Nous n’avons point de

temple de eette espèce à Rome ; je n’en connais d’autre exemple que le temple de Jupiter Olympien à Athènes, et encore il est seulement

OGTOSTYLE. »

Selon nous , le plan primitif du temple commencé sous Pisistrate ne pouvant être qu’hexastyle , Cossutius dut avoir, tout d’ahord, à faire une opération analog'ue à celle que fit Ictinus en ag'randissant les fondations de l’ancien Parthénon pour en faire un octostyle.

Nous ferons observer que Vitruve, au lieu de parler au présent, dit : « Cet édifice était en gTande vénération, etc. » C’est qu’en effet, au temps de Vitruve, il n’existait presque plus. Dévasté par Sylla, qui transporta les colonnes à Rome pour les employer à la reconstruction du temple de Jupiter Capitolin , il n’en devait rester que les ruines.

Ce fut l’empereur Adrien qui eut la g’ipire de le reconstruire , et il le fit sur un plan plus vaste, plus g’randiose. 11 semble avoir pris pour modèle le temple d’Apollon à Milet. En effet, les deux monuments sont hypèthres, diptères, décastyles, avec vingd et une colonnes sur les long’s côtes; seulement run est d’ordre ionique, l’autre d’ordre corinthien. Les deux g’randes dimensions ainsi ((ue la hauteur des colonnes sont à peu près les mêmes; toutefois Adrien paraît avoir voulu dominer comme étendue : son temple avait en long’ueur et en larg’eur 2 ou 3 mètres de plus que celui de Péonius. Le plan de ce dernier est mieux conçu que celui de l’empereur-architecte : en ce que les entre-colonnements y sont dans une proportion convenable, tandis que , dans le plan d’Adrien , ils sont beaucoup trop larg’es pour un décastyle, défaut qu’on retrouve encore plus accentué au temple de Vénus et Rome, du même auteur.

Selon Pausanias , et l’enceinte du temple de Jupiter Olympien, à Athènes, n’o, pas moins de ejuatre stades de touri^d),» Quatre stades font 740“,74

(1) Liv. VII, préface.

(2) Liv. III, cliap. I.

(3) Liv. I, cliap. XVIII.

Page 1