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CHAPITRE IV

les deux autres, demi-circulaires, ressemblent beaucoup à ce que Yitruve appelle des exèdres. On trouve encore, dans l’intérieur, les traces d’un portique qui rég'nait tout autour du péristyle. De tant de colonnes, il n’en reste plus qu’une dans sa position primitive.

« Spon et Wheler ont cru voir, dans les colonnes d'Adrien, les restes des cent ving't colonnes de marbre phryg'ien dont Adrien orna un monument qu’il fît élever à Athènes; et ils se trompent, lorsqu’ils supposent que les colonnes d’Adrien , qui sont blanches, sont de marbre phryg'ien. Nous concluons donc que l’édifice dont nous venons de décrire les ruines et qui, d’après la disposition de son plan, paraît avoir été un stoa ou portique, nous présente en effet, vu sa situation et la richesse de son architecture, le principal portique d’Athènes. »

Nous ajouterons que la façade, avec ses colonnes seulement décoratives, est conçue dans la manière propre à l’école romaine, et que le style est bien celui du temps d’Adrien.

C’est sans doute de ce monument que parle Pausanias dans le chapitre VIII de son premier livre.

(( L’empereur Adrien, dit-il, a orné Athènes de plusieurs édifices, qui sont : la nef du temple de Jupiter Olympien , le temple de Junon , celui de Jupiter Panhellénien et le Panthéon. Mais on admire surtout des portiques (OToaî'ç) formés par cent vingt colonnes de marbre de Phrygie et dont les murs sont du même marbre; on y voit des salles avec plafonds ornés d’or et d’albâtre et qui sont décorées de tableaux et de statues; elles contiennent des livres. Le g’ymnase qui porte le nom d’Adrien est dans le même endroit; il est orné de cent colonnes de marbre de Libye. »

Les ruines dont nous nous occupons, sont surtout intéressantes à un point de vue fort important : on peut en faire une restauration conforme à la description que Vitruve donne d’une palestre , et conforme aussi, du moins en g>rande partie, au plan que Palladio a fait d’après cette description. Voici le passag*e de Yitruve :

« Bien que les palestres ne soient pas en usag’e en Italie (1), je ne

(I j Donc ce chapiteau est un emprunt fait aux auteurs grecs.

laisserai pas de décrire ici comment elles doivent être bâties et de quelle manière les Grecs ont coutume de les disposer :

« Dans les palestres , il faut faire des péristyles carrés ou carréslong’s, qui aient deux stades de tour. Trois des portiques de ce péristyle doivent être simples; et le quatrième, qui reg'arde le midi, doit être double, afin que le vent ne puisse pousser la pluie jusqu’au fond. Le long* des trois autres portiques, on bâtit des exèdres {exedra) où sont disposés des bancs sur lesquels viennent s’asseoir les philosophes, les ihétem’s et les autres g’ens de lettres, pour y discuter sur les sciences. « Le long* du double portique, il doit y avoir les pièces suivantes : « Au milieu est Xephebeum ; c’est une salle spacieuse avec des sièg*es et qui est d’un tiers plus long*ue qu’elle n’est larg*e; à sa droite est le corieeum (1) et le conisterium (2); ensuite et près de là, dans l’ang*le du portique, est le bain d eau froide.

(( Au côté g*auche de l’ephebeum est V elæthesiimi (3), proche duquel est la chambre froide (4), d’où l’on va par un passag*e au propnigeum (5), qui est dans le retour de l’autre portique. Tout proche, en dedans de la chambre froide, est I’étuve voûtée pour faire suer; cette pièce doit être deux fois plus long*ue que larg*e. Dans l’intérieur, sur le côté, se trouve le laconicum bâti de la manière qu’il a déjà été dit (6), et à l’opposite est le bain d'eau chaude. C’est ainsi que les péristyles de la palestre doivent être disposés (7). »

' (j) Palladio croit que ÏEphebeum était le lieu où s’introduisaient les adolescents, et le Corieeum le lieu où s’instruisaient les petites filles.

(2) Le Conisterium. Conis, en grec, signifie de la poussière: on en gardait en ce lieu poulies lutteurs qui s’en poudraient l’un l’autre, pour avoir plus de prise sur leurs corps, qui étaient huilés et glissants. (Note de Perrault.)

(3) C’était un lieu où l’on serrait une mixtion d’huile de cire, pour oindre ceux qui s’exerçaient. (Note de Perrault.)

( i) Selon Palladio, on se dévètissait dans cette chambre.

(o) Lieu contenant les appareils de chaull’age.

(6) Vitruve renvoie au chapitre x de son V° livre où il dit ; « Le Laconicum, ou Étuve ci faire suer, doit être joint avec l’étuve qui est tiède, et il faut que l’une et l’autre aient autant de largeur qu’elles ont de hauteur jusqu’au commencement de la voûte qui est en demi-rond ; au milieu de (;etto voûte on doit laisser une ouverture pour donner du jour. Ce lieu doit aussi êti'e arrondi au compas.

(7) Liv. V, chai>. xi.

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