CHAPITRE VI
tiennent un feu perpétuel. Leur collèg’e se compose de six vierges. La partie du temple où brille le feu éternel est oumrte au jmblic, mais il y a en outre un sanctuaire fermé aux regards des profanes, et dans lequel les vestales et les pontifes peuvent seuls pénétrer (1). »
« Le temple s’élevait dans Vatrium rerjium, cour entourée de portiques et d’habitations. Numa avait demeuré dans l’enceinte sacrée, d’où le nom Natrium regimn. L'atrium servait de demeure aux vestales (2). »
Ce qui frappe tout d’abord, lorsque l’on compare les deux seuls périptères circulaires que nous connaissions, c’est la ressemblance des plans et surtout la parfaite identité des sanctuaires présentant une fenêtre de chaque côté de la porte. Pourquoi ces fenêtres qu’on ne trouve dans aucune autre espèce de temples? Lvidemment, parce que l’entretien du feu sacré exigeait que l’intérieur du temple fût aéré. Vitruve semble faire allusion, du moins en partie, à cette disposition exceptionnelle lorsqu’il dit : « En raison de la diversité des cérémonies « qui sont particulières pour chaque divinité, il ne faut pas disposer « tous les temples de la même manière (3). » On peut donc conclure ainsi : 1“ Les deux périptères circulaires, ayant la même disposition très-particulière, ne pouvaient être consacrés qu’à la même divinité; 2" Le temple rond construit par Vespasien étant manifestement dédié à Vesta, son semblable, à Tivoli, ne peut convenir qu’au culte de Vesta, et non à celui de la Sibylle, comme l’ont prétendu quelques antiquaires.
Pour découvrir la vérité dans ces sortes de questions, il faut surtout consulter et croire les monuments. Carlo Fea, que nous avons connu à Rome, entassant citations sur citations, a dépensé une effroyable érudition pour soutenir que le temple rond des bords du Tibre élait dédié à Castor et non à Vesta. On connaît, en effet, par les médailles romaines, des temples ronds consacrés à d’autres dieux que Vesta, mais ils sont monoptères , comme le temple de Bacchus à Téos.
Enfin , s’il est possible que le temple fondé par Numa ait été situé au
(1) Vie de Numa.
(2) Dezobry. Rome an siècle d’Aug., t. I, p. fi(î.
CS) Liv. IV, chap. vir.
pied du mont Palatin , comme l’a indiqué M. Dezobry dans son plan de Rome au temps d’Aug’uste, il se peut aussi qu’après son incendie, il ait été reconstruit sur un autre emplacement. Quoi qu’il en soit, le périptère circulaire des bords du Tibre était certainement consacré à Vesta.
L’étude du temple de Vesta, à Tivoli, nous apprend que Vitruve a pris les proportions de son ordre corinthien dans l’école éti’usque, bien plus que dans les livres des arcbitectes grecs. Ainsi, il ne donne que 9 diamètres de hauteur aux colonnes corinthiennes, et c’est précisément la proportion des colonnes de ce monument. On y a observé aussi d’autres règles applicables aux périptères circulaires selon le même auteur ; 1° « Le mur de la cella est éloigné du stylobate à peu près de la cinquième partie de tout le temple.
2“ « Le diamètre de la cella, mesurée intérieurement, est égal à la hauteur des colonnes (1). »
3° Palladio, qui a mesuré et dessiné cet édifice, y a remarqué l’observation d’un principe très-important. « Les colonnes, dit-il, pen- « client en dedans vers le mur de la cella, afin que le parement de la « colonne soit à plomb en dedans (2). »
Plus tard , ce principe a été appliqué aux grands périptères corinthiens; mais il est curieux de le voir en usage dès le temps de Sylla, et c’est sans doute une des sources où Vitruve l’a puisé.
Voici le passage de Vitruve :
« Les bases étant achevées et assises, il faudra que les colonnes du « milieu, tant au devant qu’au derrière du temple, soient posées « directement aplomb sur leurs centres; mais il faut faire en sorte « que les colonnes qui sont aux angdes, de même que celles qui les « doivent suivre, dans les rangs qui sont adroite et à gauche aux côtés « du temple, aient le côté du dedans, c’est-à-dire celui qui regarde la « cella, absolument à plomb ^ et il faut conserver aux parties du dehors (( toute la diminution des colonnes (3). »
(1) Liv. IV, chap. vu.
(2) Liv. IV, cliap.[^xxiii.
(3) Liv. III, chaj). iii.