‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 265 sur 296 · LIVRE VIII. — CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — CHAPITRE XII

a déesses veuillent se lever et sortir, elles ne le pourront pas. « Cette « réponse sans détour courrouça le prince et lui causa une vive douce leur d’être tombé dans une faute qui ne se pouvait corriger; il ne cc contint ni son ressentiment ni sa peine , et fit mourir Apollodore (1).»

D’après ses ruines, le temple de Vénus et Rome avait été érigé sur un vaste plateau de 8 mètres de haut, auquel on montait, du côté du Colisée, par deux escaliers. Il était en effet c< construit sur une hauteur M ; mais ce n’est pas ainsi qu’il faut interpréter ce passage de Dion Cassius. Le temple proprement dit occupait le milieu de cet espace élevé, et n’était élevé lui-même que sur des marches au pourtour, à la manière grecque. Il en résultait que, vu de la voie Sacrée et surtout du côté du Colysée, la projection des murs de terrasse masquait une partie plus ou moins notable des colonnes. Apollodore a donc voulu dire, suivant nous, que le temple, ccafin d’être mieux en vue», aurait dû être assis sur un haut stylohate.

Pour bien comprendre la seconde partie des critiques d’Apollodore, il est indispensable d’avoir une idée de ce qu’était primitivement l’édifice.

(( L’empereur Adrien fonda le temple de Vénus et Rome l’an 874 de Rome (121 de l’ère vulgaire). En 123, le temple était déjà commencé et en 134 il n’était pas encore achevé (Adrien mourut en 138). Il paraît qu’il ne fut entièrement terminé que sous le règne d’Antonin le Pieux, ou que cet empereur y fit quelque importante décoration, puisque nous le trouvons représenté sur deux médailles à son effigie.

« Sous le règme de Maxence, ce temple brûla, et fut magnifiquement restauré par cet empereur. Les murs de la cella et les deux grandes niches qui existent aujourd’hui appartiennent à cette restauration, comme on peut en juger par les marques des briques employées dans ces constructions, lesquelles marques sont identiques à celles qu’on trouve aux édifices de la même époque. En outre , d’après le style des ornements en stuc et des fragauents trouvés dans le temple, il paraît certain que les sanctuaires ont été entièrement refaits

(I ) Dion Cassius, liv. LXVHI, cliap. 33.

par Maxence (1). » C’est sans doute de la même époque que datent les deux portiques de l’enceinte sur les côtés latéraux ; il n’en a jamais existé sur les façades.

Garistie, qui a publié une restauration de ce monument, n’a pas consulté tous les historiens, mais, par une judicieuse interprétation des ruines, il a deviné le plan primitif. « On observe, dit-il, que les murs latéraux existants, qui n’ont pas de parements extérieurs, et qui portent les empreintes des pierres du mur de la cella, étaient adossés à ce dernier sans aucune liaison; ce qui ferait croire que ces murs en briques ont été construits après coup. Ensuite on remarque, dans le mur existant, un dallag'e en marbre qui coupe ce mur dans toute son épaisseur, à 915 millimètres de hauteur. Ne pourrait-on pas présumer que le temple aurait été primitivement construit d’après le type ordinaire des temples, et que les murs qui portent les voûtes auraient été construits par l’effet d’un chang-ement? On expliquerait ainsi la grande épaisseur de ces murs réunis sans liaison entre eux, et rendrait compte du morceau de marbre, qui aurait été une partie du dallag’e intérieur (2). »

Garistie a vu faire les fouilles entreprises de 1813 à 1817, pendant son séjour à la villa Médicis. D’après son plan, qui est coté, « la larg’eur du temple était (d’axe en axe des colonnes d’ang’le) de 50™, 625, le diamètre des colonnes de 1“,885, et les entre-colonnements de 3™, 740, c’est-à-dire, » 2 diamètres moins 16 millièmes de diamètre. « La larg’eur de la nouvelle cella était de 20”, 970 intérieurement et « y compris l’épaisseur des deux murs latéraux portant l’empreinte « du mur de l’ancienne cella, 26”, HO (3) ». Gette précieuse cote permet de rétablir exactement l’ancien mur et par conséquent les antes du pronaos, ce qui donne, avec les colonnes d’ang’le, quatre points fixes sur la façade. Or, suivant cette donnée, l’entre-colonne-

(1) Spartieii, Vie de l’emp. Adrien^ cliap. xot; Dion Cassius, liv. LXIX, chap. V; Aurélius Victor, de Cæsuribus, Leon Vaudoyer, Mémoire annexé à sa restauration du temple de Vénus à Rome.

(2) Vorum romain. Notice indicative.

(3) id.

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