‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 269 sur 296 · DES PORTIQUES ET DES PROMENADES », SELON YITRUVE. PORTIQUE · texte numérisé non relu

DES PORTIQUES ET DES PROMENADES », SELON YITRUVE. PORTIQUE

d’enceinte du temple de DIANE, A MAGNÉSIE.

Vitruve, dans son chapitre ix du V' livre, donne la description d’un portique double composé de colonnes d’ordres divers et différentes de hauteur. Cette combinaison ing’énieuse a paru étrang’e à scs interprètes, particulièrement à Perrault qui propose de modifier le texte. Nous croyons au contraire que Vitruve est dans le vrai et qu’il n’a pas été compris. Voici d’abord son texte que nous discuterons ensuite :

(( Dans toutes les villes qui ont eu d’habiles architectes, on voit des « portiques et des promenoirs qui sont doubles, ayant les colonnes « extérieures d’ordre dorique avec leurs architraves et autres orne- (( ments proportionnés selon les règdes de cet ordre.

« La larg’eur des portiques doit être telle que la distance depuis la « partie extérieure des colonnes du dehors jusqu’à celles du milieu, « et la distance de celle du milieu jusqu’au mur qui enferme les « promenoirs qui sont dans l’enclos de ces portiques, soient égales à la « hauteur des colonnes du dehors. Les colonnes du milieu, qu’il faut « faire d’ordre ionique ou corinthien, doivent être plus hautes que les (( colonnes extérieures d'une cinquième partie.

(( Ces colonnes doivent avoir d’autres proportions que celles que

« nous avons données aux colonnes des temples; car celles-ci doivent c( avoir plus de g’ravité, et celles des portiques plus de délicatesse; « c’est pourquoi, si l’on veut faire les colonnes d’ordre dorique, il « faut partag*er toute leur hauteur, y compris le chapiteau, en quinze « parties, dont l’une fera le module de tout l’ordre ; on donnera (( deux modules à l’épaisseur de la colonne, cinq et demi àl’entre-co- « lonnement, et quatorze à la colonne sans le chapiteau. La hauteur « du chapiteau sera d’un module, et la largeur de deux et un sixième. « Les autres mesures seront les mêmes que celles qui ont été preste crites au IV° livre pour les temples.

« Si on veut faire des colonnes d’ordre ionique, il faudra diviser la « tig’e de la colonne, sans le chapiteau et la hase, en 8 parties et (( demie, pour en donner une à la g*rosseur de la colonne et une (( demie à la hase avec sa plinthe; les proportions du chapiteau seront « telles qu’elles ont été indiquées au IIP livre. Si les colonnes (( sont corinthiennes, elles auront le fût et la base comme dans l’ordre (( ionique : les chapiteaux se feront d’après les règdes prescrites au (( IV” livre. «

Perrault a proposé sur ce chapitre deux corrections.

Commençons par la plus importante, où il s’agat de cette phrase : « Les colonnes du milieu, qu’il faut faire d^ordre ionique ou corin- « thien, doivent être plus hautes que les colonnes extérieures d’une « cinquième partie. »

« Cette cinquième partie, dit Perrault (note 2), est une g’randeur bien excessive, car ces colonnes ne doivent excéder les autres que de la hauteur de l’architrave, qui, dans une colonne dorique de 15 modules telle que celle-ci, n’est que la quinzième partie de la colonne, parce qu’il n’est haut que de 1 module. De sorte qu’il y a apparence qu’il faut, au lieu d’une cinquième, lire une quinzième, et croire que du nombre quinze le caractère X était effacé dans la copie et qu’il n’était resté que le V. »

Il ne reste aucune trace de portique de ce g’enre en Italie; ce n’est qu’en Grèce ou dans l’ancienne Ionie que l’on retrouve cette disposition. Nous croyons donc que Vitruve a emprunté ce chapitre tout

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