‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 278 sur 296 · LIVRE IX. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — CHAPITRE II

point, avec l’un des auteurs qui ont le mieux écrit sur l’architecture.

« Les antiquaires, dit M. Batissier, ont toujours été unanimes pour vanter, aux dépens des basiliques des xf et xiC siècles, les vastes dimensions, l’élévation prodig*ieuse des voûtes et la richesse d’ornementation des cathédrales g*othiques. Cette manière d’envisag'er les productions de notre art monumental ne nous semble pas fort juste. Nous sommes porté à penser que les cathédrales, avant qu’on les eût reconstruites à partir du xiii® siècle , étaient déjà trèsg-randes, très-hautes et très-riches en sculpture. Les formes pyramidales n’y dominaient pas moins que dans les édifices à og'ive ; leur pian en croix était mieux dessiné, leurs dispositions générales plus simples, plus sévères (1). »

On a dit que la supériorité appartient sans contestation à notre architecture du moyen âg’e. D’accord; mais convenons au moins que c’est grâce aux nombreux édifices romains qui couvraient notre sol à cette époque.

Nous avons cité, dans notre chapitre ix du viifi livre, deux groupes d’édifices érigés dans le midi de la France par les Romains. Ces édifices, d’un goût hellénique très-accentué, révèlent une variété de l’école romano-gTecque, et nous avons nommé cette variété : école gallo-grecque . Il est l)ien remarquable que ce soit dans la même contrée que se trouvent les meilleurs spécimens du style néo-grec ou byzantin. M. Batissier (2) donne les dessins de plusieurs chapiteaux oû l’on a tâché d’imiter l’ancien style, mais surtout oû les principes fondamentaux de l’école g*recque sont ol)servés. Nous reproduisons trois de ces chapiteaux, tirés principalement de l’égdise romane de Thil-Ghâtel.

Le n" 1 est imité d’un petit chapiteau se divisant en 5 parties sur sa hauteur, ainsi que ceux dont nous avons donné la théorie (livre VIII, chapitre x).

Le n” 2, oû les feuilles d’acanthe sont transformées en feuilles d’eau, comme au troisième ordre du Colisée, est imité d’un chapiteau

(1) llist. de l’art monumental, p. 557.

(2) Td., p. 480, 4SI.

se divisant d’abord en 2 parties, mais où la partie supérieure dominante, comme dans les chapiteaux g’recs.

Le n" 3 est imité d’un chapiteau fort analog’ue à celui de la cella du temple de Mars Veng’eur, publié par Palladio.

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