LIVRE IL — CHAPITRE III
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350 pieds de ee stade (ou 0“. 308642 x 350; = 108“, 0247.
La base de la troisième pyramide est de 108“, 0496.
Différence en plus 0“,0249, c’est-à-dire un peu moins d’un pouce du pied ang'lais.
Quelque soin que l’on suppose dans l’opération de mesurag’e du colonel Wyse, on ne saurait tirer aucune conséquence contraire d’une si minime différence. M. Wyse ne paraît pas d’ailleurs avoir prétendu lui-même à une plus g*rande précision, puisqu’il ne donne nulle part des fractions de pouce. Il faut donc nécessairement se contenter d’une mesure exacte à un pouce près.
Quant à la seconde pyramide, dont chaque côté de la base aurait, selon Diodore, un stade, cette base, avec son revêtement, devait avoir, en effet, le double de celle de la pyramide de Mycérinus, soit 400 coudées royales ou 700 pieds du stade ordinaire.
Nous ne voulons pas exag“érer les conséquences que l’on peut tirer de ces résultats, mais ils prouvent évidemment les assertions de Diodore de Sicile et d’Achille Tatius, et l’on peut en conclure sans hypothèse, la coudée royale dérivant d’une coudée partie aliquote de la circonférence du g'iobe, que les Eg’ypüens avaient véritablement mesuré le ciel et la terre, comme le dit Achille Tatius, et qu’ils avaient pris pour cela le deg-ré moyen de la Terre et non le deg’ré moyen de l’Eg’ypte, ainsi que l’a pensé Jomard.
On sait qu’il y eut, anciennement, des relations entre l’Ég'ypte et la Grèce, et que cette dernière a beaucoup emprunté à l’antique civilisation pharaonique. Un des premiers emprunts faits aux Ég’yptiens, emprunt non constaté jusqu’ici , est bien certainement leur système métrique. Nous en avons la preuve dans le plus célèbre des temples g’recs : le Parthénon. Ce monument était aussi appelé hecatompedon , et c’est de la larg’eur qu’il faut entendre cette mesure de ceut pieds. En effet, selon les mesures prises récemment avec le plus g*rand soin, par M. Paccard (1), la larg-eur de la façade du Parthénon est
(I) Auteur d’une très-belle restauration du Parthénon.
de 30”, 853
ce qui donnerait pour le pied g'rec, 100" partie de celte
mesure : 0”,3085
Le pied ég'yptien, déduit de la troisième pyramide, est de 0“,3087
Total. 0”,6172
Moyenne. . 0”,3086
Pied du stade, 216,000" partie de la circonférences de la Terre 0”,3086
Devant de pareils résultats, il nous paraît impossible de ne pas admettre l’identité des deux mesures, et bien difficile de ne pas les croire partie aliquote de la circonférence du g'iobe.
Le temple du Soleil, à Palmyre, était aussi un hecatompedon.
Il n’existe point de rapport constant entre la base et la hauteur des pyramides. L’angde formé par les faces inclinées sur leurs bases varie, pour les trois principales, de 51° à 52°. 20. La seule proportion g’éométrique qu’on y remarque est dans la g“rande pyramide, où la hauteur oblique, ou apothème, est avec la base dans le rapport de 4 à 5 (1).
Les pyramides éthiopiennes sont beaucoup plus aig’uës. L’ang’le d’inclinaison varie, en g'énéral, de 67° à 74°, ce qui donne, pour la hauteur verticale, une mesure supérieure à la base.
Pour la g’rande pyramide de Sacquara, au contraire, la hauteur n’a g’Lière plus de la moitié de la base, fang^le d’inclinaison étant peu au-dessus de 45° (46°. 50). Gbampollion croyait cette pyramide, de forme aplatie, antérieure à celle de Chéops. D’autre part, les pyramides aig’uës de l’Éthiopie sont évidemment de l’époque la plus récente. Peut-être pourrait-on conclure de cette observation que les plus anciennes pyramides ont été bâties sous un ang-le à 45°, ou à peu près, cette forme étant plus facile à construire. C’est d’ailleurs une tendance naturelle de l’esprit humain d’élever de plus en plus les édifices comparativement à leur base. Cette tendance se manifeste suc-
(1) Süiv. le colonel Wyse, la base de la grande pyramide a 764 pieds anglais et la hauteur oblique 61 1 pieds. (764 — i = 61 1.)