‹ Histoire et théorie de l'architectureChapitre 42 sur 296 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

vie privée, de la vie infinie. « Toutes les occupations des Ég*yptiens, les plus sérieuses comme les plus futiles, leurs travaux et leurs jeux, leurs cérémonies et leurs fêtes, leurs deuils et leurs plaisirs, les détails de

rig. 12. — Table du rocher de Tura.

leur industrie et de leur commerce, le récit de leurs conquêtes, tout est là, vivant, animé, plein de faits (1). »

Or, dans les anciens temps, la forme même du tombeau retraça

(1) Feydeau, Hist. des usages funér., p. 192.

rimag’e de la demeure occupée pendant la vie. Ainsi, le linteau de porte des plus anciens sépulcres fut une imitation du linteau en bois des maisons; dans de vieux tombeaux de Saquara et d’Abusir, le plafond imite en relief les solives cylindriques formant le plancher des habitations (1). Enfin, à Béni Hassan, on voit l’imag’e de ces mêmes solives, taillées dans le roc, former auvent au-dessus de l’entrée du second hypog'ée. Là les solives, séparées par des entrevous, nous offrent en même temps et l’orig-ine et le plus ancien e.xemple de mutules. Dans les vieux tombeaux de la nécropole mempliitique, au contraire, les solives sont join-

tives. Une stèle, g’ravée sur un rocher de Tura, présente l’effet, en perspective, de solives, jointives aussi, ayant conservé la forme naturelle du bois, et se prolong’eant au-delà du nu du mur pour abriter une stèle. C’est là évidemment le type orig-inel des corniches cannelées couronnant tous les temples ég’yptiens; il est rare de trouver une étymolog“ie aussi claire (|ue celle-là.

En Eg-ypte, où l’on a bien moins à se mettre à l’abri des eaux du ciel que des rayons d’un soleil brûlant, les maisons furent couvertes en teri-asse, et les solives, se prolong’eant au-dessus de l’entrée, la couvrirent

(1) Voir ces tomlj., Lejjs., t. I, [>1. 38. Saquara, toinl). 11° (j, et t. III, pl. 3, Abiisir, chambre sépulcrale u° 1, datant de la dynastie.

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