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CHAPITRE II

Nous sommes heureux de pouvoir citer un exemple purement ég’yplien de cette seconde espèce de temples à antes. C’est un hémispéos situé dans le désert, à l’est de Prodisièh, et récemment publié par M. Lepsius (1). On appelle hémispéos un édifice moitié construit et moitié creusé dans le rocher. Celui-ci est un temple composé d’une grande salle donnant accès à un triple sanctuaire ou, si l’on veut, à trois cella comme dans les temples toscans décrits par Vitruve (2). Toute cette partie est souterraine ; le pronaos est entièrement construit. Les inscriptions de ce monument ne nous sont pas connues, mais il porte son âge sur son front : c’est bien là certainement le style des temps pharaoniques et même des plus anciens.

Un autre exemple de cette seconde espèce nous est donné par un temple de Téfah, en Nubie, construit sous les Lagides (3).

Un édifice, situé aussi à Téfah, et du même style que le précédent, présente une disposition particulière. Ce qui dans les autres temples n’est qu’un pronaos forme ici l’édifice tout entier; mais, au lieu d’un ou deux rangs de colonnes, il en a trois (4). Ceci constitue, selon nous, une troisième espèce. (Voyez plus haut, page 111.)

Tous les pronaos des temples sont fermés par des petits murs élevés dans les entre-colonnements jusqu’à la moitié environ de la hauteur des colonnes ; au milieu est une porte s’élevant un peu plus haut. Cette disposition a été imitée par les Grecs et par les Romains. On a retrouvé le même genre de fermeture au posticum du temple de Minerve à Priène; le pronaos du temple de Jupiter Panhellénien était fermé par une grille en bronze, le portique du Panthéon d’Agrippa par des bas-reliefs en marbre (5). Enfin, Vitruve recommande de fermer les entre-colonnements des pronaos par des cloisons de marbre ou de menuiserie. (Livre IV, ch. iv.)

(1) T. II, I^® part., pl. 101.

(2) Liv. IV, cliap. VII.

(3) Gau , 'Mon. de la Nubie, pl. xi , fig. A, II.

(4) Ibid., même pl., fig. G, D, E, F.

(o) Ces bas-reliefs sont au musée du Vatican; une vieille gravure les fait voir en place, et A. Leclère les a indiqués dans sa restauration du Panthéon d’Agrippa.

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