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CHAPITRE V

l’ordre toscan chez les modernes.

Les amphithéâtres dont nous parlions tout à l’heure, joints au temple toscan de Vitruve mal compris, ont donné naissance à l’ordre toscan moderne, qui n’a point de caractère propre; ce n’est qu’un dorique romain appauvri et alourdi.

Toutefois, Palladio et son imitateur Inig*o Jones ont tenté d’appro-

Fig. 45. — D’après le palais Nicoliiii à Florence.

prier l’ordre toscan antique aux usag'es modernes, l’un dans les dépendances de quelques-unes des nombreuses maisons de campag’ne construites par lui; l’autre à l’ég’lise de Govent-Garden.

La première de ces applications a été faite par l’architecte vicentin

à la villa des comtes Trissini (1) et à celle du comte Tornieri. Dans le système de Palladio, les miitules sont produites par le prolong’ement des entraits dont le bout supporte la sablière, et celle-ci reçoit les chevrons qui saillissent au delà, système fort analog’ue à celui des corniches des maisons d’Ancône. Palladio reproduit ici son interprétation erronée de Vitruve, et il ne la soutient qu’à l’aide d’une fiction. Son architrave n’a de hauteur, en réalité, que la moitié du diamètre supérieur de la colonne; mais il exhausse l’entrait sur deux tasseaux et recouvre

Fig. 4G. — Détails de l’Asile d'aliénés à Cliarenton.

le tout d’une planche posée verticalement sur la face, afin de donner à l’ensemhle l’apparence d’un haut poitrail.

Appliquer à une ég-lise l’ordre toscan avec ses long'ues mutules de bois, comme l’a fait Inig-o Jones (2), nous semble un contre-sens des plus fâcheux. C’est oublier que ce g’enre de construction, appartenant à l’enfance de l’art, n’a point l’élévation de style qu’exig'ent les monuments religieux.

Mais nous pensons f|ue l’ordre toscan antique, même avec toute sa simplicité pi-imitive, peut être très-convenablement employé dans les

(1) Palladio, lil). H, p. (iO. La Villa Tornieri a pulilice par Scainozzi.

(•2) r.ettc ('‘Kliso a f'té piuliliro en 1717 par Camplioll dans son Vitriivius Britannicuft.

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