‹ Histoire financière de la Législative et de la ConventionChapitre 37 sur 77 · Séance du l'^'' novembre · texte numérisé non relu

Séance du l'^'' novembre

2. En niAuie temps il écrivait à des députés pour se plaindre des embarras qu'on lui suscitait, et dans une lettre du 2y novembre il disait à Danton : « Vos bureaux de la guerre sont pires que jamais; la bureacratie est plus tyrannique que sous l'ancien régime. » (Mortimer-Ternaux, Hist. de la terreur, VI, 221).

3. Ces deux fonctionnaires, Malus et Petit-Jean, furent mis en accusation, mais ils se justifièrent de la façon la plus complète et furent réintégrés dans leurs fonctions. Dans une lettre du 29 mai 1793, les commissaires de la Convention près l'armée du Nord écrivaient eu parlant de l'ordonnateur Petit-Jean : « Si cette tête féconde en i-essources n'existait pas près des armées du Nord, nous ne savons pas

fie vivres et do foiinaiios. celui-ci se décida alors à dt''noncer Pache à la Convention, il l'accusa rortnellement le 5 décembre de compromettre par son incapacité, par les mesures inconsidérées qu'il avait prises, le résultat final d'une campagne si brillamment commencée. Celle dénonciation causa dans la Chambre une grande agitation et Cambon prit cette l'ois parti contre le ministre. « Commentse l'ait il. ditil, (piavec 198 millions. lîH millions, \1-1 millions, car tel est le taux de la dépense des armées franco-aises {lendant les trois derniers mois, comment se fait-il que tout manque? ■'

Les plaintes du vainqueur de Jemuiapes n'étaient que troi> fondées, l-n effet, les deux députés Camus et (Jossuin ayant été envoyés par la Convention en Belgique en qualité de conuiiissaires près de l'armée, ils écrivirent que ses caisses étaient à peu prés vides ; que les hôpitaux présentaient un spectacle lamentable, que les malades et les blessés y étaient couchés sur le carreau, sans matelas et sans couvertures ; que les soldats portaient des vêtements en lambeaux, (|u'ils n'avaient pas de manteaux et qu'on se demandait comment ils résisteraient aux rigueurs de l'hiver. Ouelqucs jours plus tard, d'autres commissaires, Danton et Delacroix, mandaient que les rations manquaient, que '< les soldats étaient véritablement sans culottes, véritablement sans souliers ' ».

TondDée dans un tel état de misère, l'armée fut immobilisée; la cavalerie et l'artillerie étaient d'ailleurs réduites à l'impuissance, att<'ndu que le fourrage faisait défaut et que les chevaux soullraient encore plus que les hommes. Il en mourut (>,00() pendant les mois de décembre et de janvier, et cependant les cavaliers pénétraient dans les villages,

f(iiiiui''iil il sorail possible rlo se procurer les subsistances nécessaires à leur approvisionnement. » Actes. île corn, du salut public, IV. 311*. I. Séances des 8 et Ifi décembre 1792. — Conf. un rapport de Camus, 12 déceuif)re.

dans les fermes, afin de trouver de la paille et du foin. Cela les habitua à la maraude, au pillage, et beaucoup tombèrent sous les coups des paysans exaspérés'. Afin de remédier à tant de maux, Pache ne trouva qu'un moyen. Ce fut d'envoyer en Belgique comme commissaire-ordonnateur en chef, un pur Montagnard, Ronsin, auteur de deux ou trois drames incendiaires, n'ayant jamais appartenu à aucune administration et incapable de se tirer des difficultés de sa tâche, en dépit de l'éloge que le ministre fit de lui, à la séance du 22 décembre -.

Dans les autres armées la situation ne laissait guère moins à désirer. D'après un rapport des commissaires de la Convention près l'armée des Alpes, elle manquait de souliers, d'habits et de culottes; au témoignage d'autres commissaires, l'armée du Var se trouvait de même sans vêtements, sans chaussures et sans approvisionnements; suivant Carnot et Boissy-d'Anglas, l'armée des Pyrénées était habillée avec du drap de la plus mauvaise qualité et ses magasins ne contenaient pas les objets les plus nécessaires. Enfin Custine, dont les opérations avaient, au début, été grandement facilitées par le dévouement et l'expérience des commissaires des guerres ^ mais qui, tout autant que les autres généraux, était maintenant entravé par la détestable impulsion administrative partant du ministère, fut obligé de se plaindre à la Convention de n'avoir ni argent;, ni vivres. Cambon rédigea un rapport à ce sujet, et il avoua que l'on n'avait pas su faire concorder les services d'une ancienne compagnie de fournisseurs avec ceux de la nouvelle administration '\

Page 1