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Lhuillier était un ancien cordonnier ivrogne et ignorant

2. Chambon était médecin. C'était un honiuie bien iutenlionii'mais l'iiibie.

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11, .■{65 votanls, celui-ci n'avait obtenu qu'environ 3,000 voix et Clianibon avait été dêlinitivoment nommé. Il était jusqu'à un certain point rassurant de voir que le candidat révolutiunn;iire ne iKirvenait point à pa-^sor ; mais, par contre, le lait que les Parisiens se désintéressaient aussi complètement ilu choix de leur maire était un symptûme d'une haute ,::riivilé. Si un citoyen seulement sur seize se rendait au scrutin ; si dix à onze mille électeurs sur 1(50,000 usaient du droit de vole, cela n'étail-il pas l'indice que l'immense majorité d'entre eux éprouvait plus de crainte et de défiance que d'enthousiasme à l'égard du gouvernement, qu'ils le subissaient plus qu'ils ne le soutenaient ?

Or, il était facile de prévoir qu'avec le vote dans les sections, les abstentions se produiraient plus nombreuses encore. Les sections n'étaient Iréqueutées que par des politiciens de bas étage, bavards et violents, qui inspiraient aux gens sages et tranquilles autant de dégoût que de peur. Les Gir<jndins ne l'ignoraient pas; ils savaient que presque toutes les sections de la capitale étaient des succursales du club des Jacobins. Avec leur expérience des prétentions de la Commune à dominer la Convention, ils auraient dû tenter l'iaipossible pour que la nouvelle assemblée municipale no lût pas une pure émanation diS sections. Au contraire, ils ne proposèrent rien pour empêcher que ses membres ne fussent nommés dans les sections dés le premier tour de scrutin, quelque restreinte que fût la proportion di'S votants et quelque faible que fût le nombre des suffrages accordé à chaque (du. Aussi le résultat des élections auxquelles il fut procédé au mois de décembre, conformt'Mnent aux décrets des "l't et :il> novembre, fùt-il un désastr(; pour le parti modt'ié. Dans la phiparl des sections il n'y eut pas même 200 sulfrages exprimés ; dans quebiues-unes, le nombre des votants descendit au-dessous de 100.

Les membres de la Commune ne tinrent donc leurs i)Ouvoirs que d'un nombre dérisoire d'électeurs. Des révolution-

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naires connus furent parmi ceux qui obtinrent, le moins de voix; ainsi Hébert n'en réunit que 56 dans la section de Bonne-Nouvelle et Chaumetle que 53 dans celle du Théâtre- Français. Les membres de la Commune n'émirent pas moins la prétention d'être les représentants de Paris et même de la France.

Les Jacobins eurent d'ailleurs recours aux manœuvres les plus condanjuables, pour éloigner du scrutin les électeurs qui ne pensaient pas comme eux. L'une d'elles consista à l'aire imprimer et distribuer les noms qui avaient figuré soit sur les deux pétitions anti-révolutionnaires, dites des 8,000' et des ^0,000, soit sur les registres du club des Feuillants et autres clubs modérés. Roland la dénonça à la Convention le 24 décembre, et il fit avec raison observer que « dans de& moments de fureur ou d'agilation » ces listes imprimées seraient dans la main des factieux des listes de proscription et, par conséquent, des arrêts de mort. « Qui pourra se flatter, ajoutait-il, pour peu qu'il ait des ennemis, de ne pas s'y trouver, puisqu'elles ne peuvent ètr(^ imprimées que de mémoire? » Cette communication du ministre souleva une orageuse discussion ; mais, sous la pression de l'extrême gauche, la Chambre ne blâma même pas l'impression et la distribution des fameuses listes, et les citoyens timides [iurent voir quel était le parti dont ils avaient intérêt à ne ()as encourir la colère.

Battus par leur faute en ce qui concerne la nomination de la Commune, les Girondins cherchèrent du moins à prendre leur revanche dans la Convention aux dépens de la Montagne. Ils l'accusaient de travailler à l'établissement du despotisme, et, dans un discours du 4 décembre, Guadet lui avait formellement reproché de vouloir « élever un despote sous l'égide duquel ceux qui l'auraient porté à cette usurpation seraient sûrs d'acquérir à la fois et l'impunité de leurs forfaits, et la certitude do pouvoir en commettre de nouveaux. ■» Le despote auquel l'orateur de la Gironde faisait

allusion n'était autre que Robespierre, et il n'est pas douteux (|U*en parlant sans cesse de ses projets de dictature, ses adversaires ne contribuassent à le grandir aux yeux du peuple. Les Français, en efîet, surtout dans les basses classes toujours portées à acclamer un maître, s'habituaient àconsidérer ce mince orateur, ce médiocre homme d'État, comme un personnage considérable, puisque ses ennemis euxmêmes estimaient qu il pourrait un jour se rendre maître de la Franco. S'ils avaifiit été sincères dans les reproches qu'ils lui adressaient, ils auraient dû employer tous les moyens pour se débarrasser de lui. Au contraire, ils avaient laissé tomber, on s'en souvient, l'accusation lancée contre lui, le •29 octobre, par Louvet, et celte fois ils n'osèrent même pas s'attaquer à lui. Ils s'en prirent au duc d'Orléans, à Philippe- Égalité, qui subventionnait la Montagne, mais auquel son absence de talent et la vilenie de son altitude politique enlevait toute influence. A la séance du 16 décembre, Buzot développa donc la motion que tous les membres de la famille des Bouriions fussent expulsés de France; l'extrême g-auche, soutenue parles tribunes, protesta avec la dernière violence. La délibération fut on ne peut plus orageuse, et tiualenient la Convention rendit un décret contraire aux vues de la tiironde, car s'il expulsait les Bourbons du territoire do la Bépubliquo, il réservait la question relativement à Philippe-Égalité '.

Le débat rcM-ummonra le 10 décembre, et, soit qu'ils ju-

1. Lo frrand ar^'iiiiienl invoi|uA par les Moulaonards en faveur du duc (J'Orli'aiis fiu <]u'il était couvert par l'iuviolabilité dont jouissaient les reprf^sentants du peuple. Cet ar<:uinent fut repris le soir même à la tribune du cl'il) des Jacoi)ins. spéciaieuient i)ar Itobespierre, (pil fit observer que si la Cunvenlion couseutail à Texelusion du ciioj'ea Égalité, elle serait euliaiuéeà exclure de son seiu d'autres députés. Il estcurieu.x de voir lliouiuie qui devait, quelques mois plus tard, d^'cimt'r la Convention, pnikst.r ainsi de son respect pour la représentation nationale. Kobespit-rre reprocha, eu outre, aux Girondins d'avoir Voulu, par- la motion de Hiizot, iloiiner à leur parti lappareace d'être le seul qui fut républicain, et «l'avoir i lierché i'i conipromeltre les Montagnards en les poussant à défendre un prince.

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geassent la partie perdue pour eux, soit qu'ils fussent intimidés par une pétition adoptée par les sections de Paris contre le décret du 16 décembre, les Girondins abandonnèrent leur proposition contre le duc d'Orléans. Il fut, en conséquence, décrété qu'il serait sursis à l'exécution du décret rendu trois jours auparavant, et le seul résultat de la campagne entreprise par Buzotfutde prouver à tous, députés et simples citoyens, qu'aucune attaque ne prévaudrait contre un protégé des Jacobins, quel qu'il fût '.

Restait le procès du roi. Les Girondins ne doutaient pas qu'il leur fournît l'occasion de raffermir leur situation dans la Chambre et de gagner une sérieuse popularité dans le pays, ou, du moins, dans cette partie de la bourgeoisie et du peuple qui était hostile à la royauté. Ils prirent donc^ dès le principe, une attitude très tranchée. Le 6 novembre, c'est l'un des plus marquants d'entre eux^, Dufiiche-Valazé, qui donne lecture du rapport sur les crimes du ci-devant roi: puis le 13 novembre, Pétion, l'un des chefs de la Gironde, s'élève contre « le dogme stupide de l'inviolabilité » du souverain constitutionnel, et sur sa proposition, la Convention examine et finit par résoudre affirmativement le point de savoir si Louis XVI peut être jugé par elle. C'est encore conformément à une motion de Pétion qu'elle décrète, le 4 décembre, de s'occuper tous les jours du procès de Louis XVI. L'acte énonciatif des crimes de Louis Capet, dernier roi des Français, est lu le 11 décembre par Barbaroux, un des orateurs les plus éloquents du parti. Lorsque le prisonnier du Temple est introduit à la barre, Dufriche- Valazé en lui présentant les pièces qui servent de base à l'accusation, affiche une partialité si évidente ((ue les révo-

1. Le décret du 19 décembre fut, à juste litre, célébré coiniue une victoire par la presse révolutiouniiire. Le journal les Résolutions de Paris observa qu'il était coui'orme aux principes et nnlleuieut dangereux, attendu que Philippe Égalité, étant député, avait le droit de continuer à siéger à la Conveulion, et qu'étant couvert de, mépris, il ne pourrait jamais mettre la I{é[)ubli(iue eu péril.

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lulionnain^s en sont eux-mêmes choqués'. Kntin, dans la discussion qui s'ouvre le 'IC) décembre sur la peine à appli- <iui'r au ci-devant roi, les principaux tlirondins, Brissot, iiazot. (iensonné, Barharoiix, Pélion se prijiioucent pour la mort. Kn se montrant aussi acharnés contre Louis XVI, les (^Jirondins espéraient évidemment prendre la direction des débals et faire aboutir ce grand procès à la solution qui leur convenait.

1 . Nous lisons, en ell'et, dans le nuun'ro 179 du journal les lïévolutioua (le Paris : « Le secrétaire chargé de communiquer les pii-ces ;ï Louis Gapet remplissait sa mission avec un air de mépris etd'inluimanité révoltant dans un juge. Placé devant le [)révenu, il lui remettait les papiers par-desr-us son épaule, sans se détourner, sans le regarder, et, lorsque Louis niait l'authenticité de certaines pièces, ce dépulé lui disait d'un ton ironique : « Ah '. ah '. »

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