‹ Histoire financiereChapitre 26 sur 34 · G4 LES FL^A^CES · texte numérisé non relu

G4 LES FL^A^CES

(lu pays, y ferait aisément l'ace. Quelles (jue soient les dé- |)ensesderÉtat, les progrès de la richesse aatiouule voat encore plus vite. Arkwright et Watt, en multipliant la puissauce (le ptoductioa par leurs inveutious uiécauiqaeSy ont plus fait pour la grandeur de leur patrie que ne firent pour nous les victoires plus tard expiées de la république et deTenipire. Le génie de W att et d' Arkwright se répand aujourd'hui dans tous les rangs de la population. L'Angleterre possède au plus haut degré les deux forces qui mettent la matièreen mouvement et la rendent féconde, àsavoir : la science du travail et les capitaux accumulés. Aussi^de 1 8 1 o à Ib iiJ seulement, l'on a constaté un accroissement de 62 pour 1 00 dans les revenus de la propriété foncière ; les revenus de la classe aisée, ceux sur lesquels portertncome-/âa;ySontévaluésaujourd'huiàprès de 6 milliards de francs, et M. Porter les estimaità 8 milliards, eu pariant de la limite de 30 livres sterling ou 7âO francs de revenu. Le progrès dans le commerce d'exportation, de I8o0à 1851, a été de 150 pour 100; le tonnage de la marine marchande a doublé depuis le commencement du siècle ; la production du fer, qui est l'instru nient de toutes les industries, s'est élevée de 258,000 tonnes, moyenne décennale de 180i à 1810, à 1,700,000 tonnes, chiQVe qui représente la fabrication moyenne de 1840 à 18o0. Si Ton veut avoir une idée plus complète de ces merveilles de richesses qu'a enfantées riiidustrie en Angleterre par la création et par raccumulation des capitaux, il sul'tira de rappeler que, depuis vingt ans, les compagnies ont exécuté sur le territoire britannique 12,000 kilomètres de chemins de fer, représentant un capital d'environ 9 milliards de frâncs,

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dont les deux tiers ont été réalisés et servent à leurs actionnaires un revenu qui excède celui d'un royaume de second ordre. Ëntin un statisticien éminent enlevé par

une mort prématurée à radininistration et à la science, M. Porter, portait à 2 milliards de francs les épargnes annuelles, Taccumulation régulière des capitaux en An«* gleierre. Une masse flottante de 2 milliards, que la nation peut à volonté donner en offrande ou prêter à l'Etat pour ses besoins extraordinaires, ou bien employer en commandites de l'industrie, soit au dedans, soit même au dehors ! Timagination s^effraye de mesurer la hauteur de ces chiffres. Quelle puissance pour le mal comme pour le bien !

Nous avons passé en revue les forces de l'impôt ; mais le crédit n'est pas l'ermé à rAngleterre. On comprend que le gouvernement britannique hésite avant de rouvrir la carrière des emprunts; le passé peut lui servir à la fois de leçon et d'épou vantail. Comment ne pas trembler à la seule pensée d'ajouter à Timportance d'une dette qui, àlafln de la dcruien' guerre, s'est trouvée accrue en capital de 15 milliards et de ëOO millions pour Tiu* térêt? Aujourd'hui encore le service des intérêts, sans parler de l'amortissement qui ne ligure qu'accidentellement dans l'emploi des excédants de recettes, entraine une dépense annuelle d'environ 700 millions do francs. Cette charge, de|>uis quarante ans, a diminué de 75 millions a peine ; elle absorbe la moitié du revenu brut. Rien n'est donc plus légitime que la sollicitude avec laquelle le /ninistère veille à ne pas aggraver le fardeau que la liquidation du passé a fait retomber sur la génération actuelle ; mais Ton se tiomjperait grossièrement, si Ton

:m\ I'Ei> FINANCES

ftllait prendre cette réserve calculée pour un aveu dMm-

puissaace. Le 3 pour 100 consolidé, bien que les circonstances aient pesé sur les cours, est coté encore à 92, c'est-à-dire 20 pour 100 plus clior que le 3 pour 100 français, et 70 pour 100 plus cher que le 4 i/2 pour 100 russe. Cela signifie apparemment que les capilalistes ont une plus grande confiance dans le gouvernement du Royaume-Uni que dans tous les autres gouvernements de l'Europe, et qu'ils s'empresseraient, le cas échéant, de lui apporter leur argent. D'ailleurs, TÂDgleterre pourrait emprunter aujourd'hui sans augmenter les charges de son budget ordinaire. L'extinction des longues annuités va réduire la dette en 1860 d'un capital d'environ 500 millions de francs, et d'une dépense annueUe de 32 millions. Ainsi, au taux actuel du 3 pour 100 consolidé, l'échiquier, pour 32 millions de rente, emprunt terait aisément plus de 900 millions de francs, soit, de 1855 à 1860, près de 200 millions par année, sans ajouter un centime à l'intérêt de la dette publique. N'estce pas là une situation qui doit fortifier la confiance des alliés de l'Angleterre et conseiller la prudence à ses ennemis?

Pour achever la description de ces forces financières, il convient de rappeler que la dette flottante, qui servait de vestibule à l'emprunt pendant la dernière guerre et qui s'éleva pour l'exercice 1815 à 58 millions sterling (1,450,000,000 francs), proportion digne des finances russes, oscille aujourd'hui entre 4o0 et oOO millions de francs. Réduite à ces termes, elle n'est plus qu'une affaire de trésorerie, un moyen de service. La banque d'Angleterre prend une grande partie des bons de Té-'

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chiquier : le reste se place le plus souvent avec bénéfice entre les mains des capilalisics de la Cité. Voilà donc encore une ressource qui peut s^étendre. Le gouTemement anglais, quand il ne lui conviendra pas d'emprunter en rentes, aura la faculté d'augmenter l'émission des bons de Féchiquiér. Une dette flottante de 7 à 800 millions de francs n'éveillerait assurément aucune inquiétude dans un pays où les capitaux courent après les placenients, et qui est comme un iuiiiieuse atelier où se forge incessamment la richesse.

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